France

Yannick Jadot brouille les ondes chez EELV

Le secrétaire national d’EELV, Julien Bayou, rêvait sûrement d’une rentrée politique plus apaisée, centrée sur les régionales, où il sera par ailleurs candidat en Île-de-France. Les ambitions présidentielles de Yannick Jadot en ont décidé autrement. Jeudi, à deux jours du conseil fédéral des écologistes, l’eurodéputé – désireux d’apparaître crédible sur les questions régaliennes actuellement au cœur de l’actualité – donnait une interview à l’Obs. Une réponse a ravivé, en interne, quelques tensions : « Nos sociétés sont tellement crispées et déstabilisées que des groupes tentent de remettre en question la sécularisation, de sortir des lois de la République au nom d’une idéologie ou de principes religieux. C’est inacceptable. Le burkini, ça n’a rien à faire dans une piscine ! »

Icon Quote Jadot s’isole par ses prises de position. Se placer ainsi sur le terrain de la droite, stigmatiser une communauté en alimentant le fantasme des “séparatismes”, c’est très loin de notre ADN. » Une figure montante d'EELV

Combat cher à Manuel Valls, le mot « burkini » a mis le feu aux poudres. Une polémique qui fait apparaître de claires lignes de fracture chez EELV, où des cadres demandent des clarifications idéologiques. La commission « quartiers populaires » s’est désolidarisée. « La France que nous souhaitons est une France apaisée, multiculturelle et fraternelle. Nous nous opposons à tout propos qui divise, stigmatise au lieu de rassembler », a-t-elle justifié. « Jadot s’isole par ses prises de position. Se placer ainsi sur le terrain de la droite, stigmatiser une communauté en alimentant le fantasme des “séparatismes”, c’est très loin de notre ADN », tacle une figure montante du parti. Si bien que Julien Bayou a dû intervenir : « Il ne s’agit pas de singer les discours de nos adversaires. (…) On ne peut pas interdire à une usagère de porter un voile ou un burkini, en tout cas pas au nom de la laïcité. »

Surtout ne pas apparaître comme un « Khmer vert » aux yeux de l’opinion : voilà la stratégie Jadot, qui préfère fustiger certains maires écologistes et leur « problème de com qui peut renvoyer l’image d’une écologie triste et punitive ». Fin août, devant le Medef, celui qui s’est rangé en 2017 derrière Benoît Hamon promouvait un « capitalisme européen » face aux modèles chinois et américain. Soit une position éloignée de la version officielle d’EELV. Sur la web-télévision Quartier libre, Sandra Regol, secrétaire nationale adjointe, disait son intention de « renverser » le capitalisme, mesure inscrite depuis « quinze ans dans notre programme ». « Il y a un vrai risque à voir émerger une écologie inoffensive, il ne faut pas qu’EELV tombe dans ce piège-là », avertit Claire Lejeune, ancienne cosecrétaire nationale des Jeunes écologistes.

2022 en ligne de mire

Dans la course à l’Élysée, inquiet d’une possible concurrence d’Anne Hidalgo, Yannick Jadot veut partir tôt, non sans vouloir aussi tuer dans l’œuf une candidature venue d’un courant plus à gauche, incarné par le maire de Grenoble, Éric Piolle. Lors du conseil fédéral de ce week-end, l’eurodéputé a soumis au vote une proposition qui le lui permettrait : il souhaite que les écologistes se dotent d’un candidat dès décembre. Si le résultat du scrutin est tombé tard dans la nuit – bien après l’écriture de ces lignes, un partisan de la solution Jadot savait la bataille perdue d’avance : « On sait que ça ne passera pas, la direction est contre depuis le début. »

Julien Bayou veut, en effet, se focaliser sur « le programme » avant de discuter du champion qui le portera. « L’échappée solitaire, même la plus longue, ne permet de gagner qu’une étape. C’est en équipe qu’on arrive à arracher le maillot jaune », a-t-il recadré, souhaitant une désignation à l’été 2021. Soit après les régionales qui restent sa priorité pour démontrer la crédibilité des siens à exercer le pouvoir. Il a donc profité de ce conseil fédéral pour affirmer que des « alliances » avec d’autres formations de gauche sont possibles, comme dans les Hauts-de-France, où « des discussions sont en cours » afin de barrer la route au RN sans avoir à se désister pour la droite. Néanmoins, contrairement aux souhaits exprimés par la France insoumise, il n’y aura pas d’accord national. « C’est au niveau régional que ça s’organisera, tranche-t-il. La seule directive au niveau national concerne la parité : six têtes de liste hommes, six femmes » 

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