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Prise d’otages à Coucal : Glenn Moundendé est bel et bien mort !

Alors que GabonReview a publié un article, samedi, attestant que Glenn Moundendé, un homme de 34 ans ayant pris en otage des personnes entre mardi et jeudi dernier dans la zone pétrolière de Coucal (département de Mandji-Ndoulou), avait été neutralisé et que, grièvement blessé, il avait été évacué vers une structure hospitalière de la ville de Mouila, les dernières informations sur  l’affaire sont formelles : le jeune homme est décédé, certainement au cours de l’assaut ayant été donné par la gendarmerie pour le neutraliser.

Glenn Moundendé et, en arrière-plan, des élèves de l’École des officiers de la Gendarmerie nationale (EOGN) gabonaise en stage d’entraînement au combat en jungle. © defense.gouv.fr (Montage GabonReview)

De nouveaux éléments ont émergé concernant Glenn Moundendé, l’homme de 34 ans qui avait pris des otages dans la zone pétrolière de Coucal la semaine dernière. Alors qu’il avait initialement affirmé que M. Moundendé avait été grièvement blessé lors de l’assaut des forces de l’ordre et évacué vers l’hôpital de Mouila, il s’avère en fait qu’il aurait trouvé la mort au cours de l’opération.

Selon le témoignage de sa sœur Inès Flora V.M., jointe au téléphone, la famille est restée sans nouvelles pendant plusieurs heures, les autorités refusant de fournir des informations claires. Inès Flora V.M. assure que pendant que toutes les opérations de recherche de son frère étaient menées, la famille du preneur d’otage est restée en veille devant le poste de gendarmerie de Mandji, «jusqu’à 3h du matin» et que, tard dans la nuit, un convoi de la gendarmerie est passée à toute vitesse. «Seul le dernier camion Berlier s’est arrêté pour déposer les gendarmes affectés au de Mandji. Ceux-ci n’ont rien voulu nous dire de ce qu’était devenu Glenn. Était-il mort ? avait-il été arrêter ? Les gendarmes n’ont pas répondu.»  Comme le Commandant de gendarmerie, le préfet de la localité était également absent durant tout le week-end, privant la famille de toute information de la situation.

Morgue de Lambaréné… «même pas encore placé dans les tiroirs»

Ce n’est qu’après de longues recherches que la dépouille de M. Moundendé a été identifiée à la morgue de Lambaréné. Après les recherches de la famille, effectuées du côté de Mouila, il a été entendu qu’il n’avait pas pu y être pris en charge et qu’il aurait finalement été conduit à Lambaréné. Les recherches à la gendarmerie de Lambaréné n’ont d’abord abouti à rien, les orientant plutôt vers l’hôpital Schweitzer… en vain. Puis, par intuition, à vérifier à la morgue du chef-lieu du moyen-Ogooué. Fait du hasard, une partie de la famille concernée, y était déjà pour un autre décès la concernant. Admise à vérifier, les parents du révolutionnaire furtif ont formellement identifié la dépouille mortuaire de Glenn Moundendé. «Il n’était même pas encore placé dans les tiroirs où on conserve les morts», soutient Inès Flora V.M.

La famille du maquisard éphémère de Mandji indique ne pas pouvoir «récupérer le corps. On nous a demandé d’adresser d’abord une correspondance au gouvernement», explique un autre membre de la famille présent à Lambaréné.  Ce sans doute du fait une procédure judiciaire pouvant avoir été entamé.

Sérieuses interrogations

De sérieuses questions se posent sur le déroulement de l’assaut durant lequel le preneur d’otages aurait été tué. Bien que seul et armé d’un fusil de chasse, l’intervention d’une unité d’élite de la gendarmerie aurait dû permettre sa capture. La famille du maquisard éphémère s’interroge sur la nécessité d’un usage fatal de la force dans cette situation.

Chasseur traditionnel assurément et seulement armé d’un fusil de type calibre 12 et d’une cartouchière, était-il si difficile, pour le corps d’élite de la Gendarmerie dépêché, de mettre aux arrêts pour un maquisard solitaire ? Même si un gendarme aurait été blessé au cours de l’opération, ce rural méritait-il le feu de supposés spécialistes aimant à faire des exhibitions de sauvetage de prise d’otages lors des défilés militaires, notamment à Libreville ?

Par ailleurs, les revendications du preneur d’otages sont-elles de lubies de forcené ? Ne traduisent-elles pas la réalité dénoncée, depuis des années, aussi bien par les habitants de ces zones pétrolières que par des membres de la société civile ?

Une enquête approfondie paraît nécessaire pour faire toute la lumière sur ce drame. Il reste que le jeune homme, qui assurait agir de son propre chef pour le bien-être de sa communauté, est finalement mort et qu’un corps d’élite, entrainé, aurait pu faire autrement.