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Lélouma : à la découverte de Thianguel Bori, une localité stratégique aux atouts énormes 

De par sa position géographique, à cheval entre Labé, Lélouma centre d’un côté, (65 kilomètres environ de part et d’autres), et de l’autre entre la préfecture de Mali et celle Gaoual, aujourd’hui Thiaguel Bori est devenue une attraction. La ville s’agrandit. Des populations se sédentarisent. Le commerce se développe. Elle devient peu à peu un grand centre de négoces.

Hadja Mariama Sagalé Diallo, une doyenne de la localité se rappelle de l’endroit lorsqu’elle était fraîchement arrivée. « (…). Lorsque je suis arrivée ici il y a quelques dizaines d’années, il n y’avait que quelques petits hangars. On était ici au niveau du carrefour là au nombre de trois ou quatre si j’ai bonne mémoire. Tout était presque vide. On pouvait rester ici et apercevoir le centre de la sous-préfecture.

C’était juste un petit hameau. Et seulement quelques véhicules s y arrêtaient pour prendre juste que quelques provisions avant de continuer le chemin. Et la circulation n’était pas aussi dense, » se souvient la vieille dame.

Poursuivant, elle ajoute :  » aujourd’hui, Thianguel Bori est devenue un grand centre. Il y a beaucoup du monde qui est venu d’un peu partout pour y élire domicile. Le commerce s’est d’abord développé petit à petit et ensuite d’autres activités se sont créés au fil des années. Parce que, avant, on y vendait que presque du riz, de l’essence ou du gaz oil et seulement quelques autres provisions. Aujourd’hui, le centre s’est aggloméré et la localité est devenue un grand centre de commerce et de transit. Et ce, depuis le bitumage de la route Labé – Sénégal. C’est ce qui d’ailleurs a beaucoup joué en faveur de la localité, » se réjouit-elle.

« Actuellement, une vingtaine de groupements de femmes rythment la vie sociale et économique de la localité. Elles se focalisent sur le maraîchage, la saponification, les tontines et la vente des denrées alimentaires de première nécessité. Le plus souvent ces femmes reçoivent des appuis des ONG évoluant dans la zone. Les lignes sont en train de bouger  » rapporte Alpha Amadou Diallo le coordinateur de ces associations de femmes.

Du parc à bétail

L’autre atout et non le moindre que possède la localité, c’est le parc à bétail. L’un des plus importants de la région administrative de Labé. Ce parc est approvisionné généralement par des populations des préfectures riveraines comme celle de Mali et de Gaoual entre autres. Des grossistes en provenance de Conakry, de Labé … y viennent chaque semaine pour faire des achats bien que l’affluence a baissé ces derniers temps.

Le secrétaire général de la commune rurale interpellé sur la gestion des lieux, évoque  un projet de déménagement du parc. « Ce parc est notre source de revenus la plus importante. C’est vrai que l’état actuel du parc à bétail n’est pas tout à fait ça. Mais laissez moi vous dire qu’il y a une volonté de déplacer ce parc vers un autre endroit beaucoup plus adapté. Mettre en place une boucherie et un abattoir. Des projections dans ce sens sont déjà faites. (…). Nous cherchons actuellement à voir comment cela va se concrétiser pour le bonheur de tout le monde« , a t-il confié.

Malgré que l’affluence a baissé ces derniers temps, les autorités locales croient en l’avenir de ce bijoux.

De l’éducation…

Sur le plan éducatif, la localité est confrontée à un manque criant d’infrastructures scolaires en plus du personnel enseignant. Sur les 27 écoles élémentaires que compte la sous-préfecture, il n y a seulement que 25 enseignants titulaires pour 60 agents contractuels. Avec un besoin de 12 autres contractuels. Au niveau du collège, sur 9 professeurs, seulement 4 sont titulaires. Et un besoin de 5 autres se manifeste.

« Thianguel Bori compte actuellement 27 écoles primaires, un collège et un centre d’encadrement communautaire ( CEC). Parlant du personnel enseignant, nous avons actuellement 85 enseignants y compris ceux du CEC. Sur ces 85 enseignants, seulement 25 relèvent de la fonction publique. Les 60 autres sont des contractuels. Et avec tout ça, nous avons besoin de 12 autres contractuels pour combler le déficit. Mais nous n’avons pas encore eu ces 12 là. C’est pour vous dire que la situation est vraiment délicate. Par conséquent, les communautés dépensent environ 50 millions de nos francs pour entretenir les contractuels. Et ça, on a pris que la moyenne. C’est à dire 800 000 GNF par contractuel », a confié Hothia Sow le délégué scolaire de l’enseignement élémentaire.

De la santé…

Sur le plan sanitaire, la localité compte de nos jours 10 postes de santé en plus du centre de santé communal et de la maternité. Cependant, le déficit du personnel soignant reste un énorme défi à relever.

Souleymane Sidibé est le chef du centre de santé. Il revient ici par rapport à la réalité.  » Nous avons au centre ici un centre de santé et une maternité. Dans les districts, on dénombre 10 postes de santé. C’est seulement le district de Seintou qui n’a pas un poste de santé actuellement » , se réjouit le chef du centre avant de notifier le manque notoire du personnel soignant : » dans ces postes de santé, nous nous sommes débrouillés pour avoir au moins un agent par poste. Mais ces agents sont des contractuels. Et pour que ces postes de santé fonctionnent normalement comme il se doit, ils doivent avoir deux agents. Mais à défaut de ce qu’on veut, on se contente de ce qu’on a » , ironise Souleymane Sidibé.

Poursuivant, il s’est réjoui de l’ouverture très récente d’une maternité flambant neuve dans l’enceinte du centre de santé communal.

Aujourd’hui à Thianguel Bori, d’aucuns nourrissent l’ambition de voir cette localité érigée en préfecture malgré le long chemin qui reste encore à effectuer.