Guinea
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Nzérékoré : Le pire évité de justesse à Koulé…

CONAKRY-Le pire a été évité de justesse dans la sous-préfecture de Koulé, située à une dizaine de kilomètres du centre-ville de N’Zérékoré. Des citoyens de cette commune rurale ont tendu un guet-apens à de paisibles voyageurs qu’ils ont soupçonnés de vol d’enfants.

Ces voyageurs en provenance de Conakry pour N’Zérékoré qui étaient à bord d’une Land-Cruiser ont connu la plus grosse peur de leur vie. Selon nos informations, les citoyens de Koulé auraient été alerté de l'arrivée d'un véhicule blanc dans lequel se trouverait un enfant volé.

Suite à cette fausse rumeur, des jeunes surchauffés ont érigé des barricades pour dit-on interpeller les suspects. Rencontré ce mercredi 30 novembre à Nzérékoré, Amara Camara, l'une des victimes est revenu sur leur mésaventure. Selon lui, ils ont échappé à la mort de justesse.

"Nous avons bougé de Conakry pour le mariage d'un de nos neveux à Nzérékoré. Arrivé à Koulé, en face de la gendarmerie, la route était barricadée. Il y avait un bon nombre de jeunes qui étaient armés de gourdins, de pierres, de bars de fers. Lors que notre voiture s’est approchée de 30 à 50 mètres, ils ont commencé à nous envahir violemment en disant : arrêtez-vous.

J'ai dit à mon frère arrête-toi on va voir qu’est-ce qui ne va pas ? Mais une fois que celui-ci a freiné, ils ont commencé à nous lancer des pierres, des bars de fers il y a même un monsieur qui est venu avec une machette, taper sur la vitre il voulait me blesser. C’est la vitre qui m’a sauvé.

 Il y avait aussi un autre un peu derrière qui avait un fusil (un pistolet). Je l’ai vu venir en criant : arrêtez-vous sinon je vais vous tuer, je vais tirer sur vous. J’ai dit à mon frère allons y ils sont armés, ils vont nous tuer. Nous sommes descendus dans le quartier. Quand j’ai regardé derrière moi, on a vu des motards venir. J’ai dit à mon frère arrêtons-nous maintenant pour savoir ce qui ne va pas. Quand on s’est arrêté, il y a un taxi motard qui est venu devant, il a barré la route. Je lui ai demandé ce qui ne va pas. Aussitôt, il a dit attendez l’arrivée des autres. Il a pris des troncs d’arbres pour nous barrer le passage.

Les gens sont sortis du quartier. Comme ils étaient calmes, je leur ai demandé de quoi est-ce qu’on nous reproche. En réponse, ils m’ont dit : on a appris que vous avez volé un enfant et que vous le détenez dans votre voiture. Je leur ai dit de fouiller notre voiture. On a ouvert les portes, ils ont regardé dedans, partout il n’y avait rien (…).

Quand ils n’ont trouvé, deux factions ont commencé à se disputer sur notre sort. C’est dans ces conditions que la gendarmerie de Koulé est venue intervenir. Ils nous ont cortégé jusqu’à la gendarmerie. Il y avait tellement de monde…même les villages environnants étaient informés qu’on a arrêté les voleurs d’enfants.

Donc, pour notre sécurité, on nous a enfermé dans le bureau du chef de brigade. On a appelé nos parents qui, à leur tour ont saisi le Gouverneur de N’Zérékoré qui a pris toutes dispositions pour nous sécuriser en appelant la gendarmerie de Koulé. Deux pickups de sécurité sont venus de N’Zérékoré pour nous escorter jusqu’en ville où on s’est rendu à la gendarmerie régionale pour des fin de déposition", nous a confié Amara Camara.

Interrogé sur cet incident, Kouita Ce Koulemou, maire de Koulé, affirme que c‘est une fausse rumeur qui a suscité ces violences dans sa commune. Il annonce que des enquêtes sont en cours pour retrouver celui qui a fait propager cette fausse rumeur.

A suivre...

SAKOUVOGUI Paul Foromo

Correspondant régional d'Africaguinee.com

A Nzérékoré

Tél : (00224) 628 80 17 43