Guinea
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Qui pour arrêter les coups d’Etat en Guinée et en Afrique ?

Le renversement du président Mohamed Bazoum du Niger, est le dixième putsch perpétré en Afrique de l’Ouest depuis 2008. Et le modus operandi est quasi identique: les membres d’une troupe d’élites ou les gardes rapprochés du président civil le prennent en otage, empêchant ainsi toute intervention de l’armée loyaliste ou étrangère, le temps que toute la soldatesque fasse allégeance. Les opposants au président déchu, tantôt salue le coup d’Etat, tantôt garde un silence  qui vaut acquiescement. Les populations laminées par leurs misères quotidiennes, adhèrent crédulement aux changements annoncés. Et la fameuse communauté internationale, toujours prise au dépourvu, se contente de « condamnations » en désespoir de cause, et fixe une durée pour la Transition aux putschistes qui n’est jamais respectée.

Avant Bazoum, Sidi Ould Cheick Abdallahi (Mauritanie), Rock Marc Christian Kaboré, Paul Henri Damiba (Burkina Faso),   Amadou Toumani Touré, Ibrahima Boubacar Keîta, Ba Ndaou (Mali),  Alpha Condé, entre autres,   ont tous subi le même sort. C’est devenu trop facile,  presqu’un jeu d’enfants.

Ces coups d’Etat réussissent parce que la classe politique d’opposition et leurs militants au président déchu donnent leurs bénédictions aux putschistes. C’est ainsi qu’en Guinée en décembre 2008, Alpha Condé, Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré avaient salué le coup d’état de Moussa Dadis Camara, le préférant  « au Contéisme sans Conté » qui était incarné par l’intérim de 90 jours que devait assurer l’ancien président de l’Assemblée Nationale Aboubacar Somparé. De même, le putsch du Colonel Mamadi Doumbouya du 5 septembre 2021 avait été applaudi par Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré. Aujourd’hui, le silence assourdissant des opposants de Bazoum, Amadou Hama et Mahamane Ousmane en dit long.

Qu’on ne s’y trompe pas : aussi longtemps que les crises économiques, sociales, politiques et sécuritaires seront des prétextes pour faire des coups d’Etat militaires, il n’y a aucune raison de croire que les transitions militaires sont terminées en Guinée et en Afrique. Ceux qui sont dans l’opposition aujourd’hui et qui cherchent le pouvoir, auront demain, une fois aux affaires, inéluctablement des difficultés inhérentes à la gestion de la vie publique. Si cela doit être un argument pour l’acceptation par la classe politique d’une intrusion de l’armée dans la sphère politique, les coups d’Etat ont encore de beaux jours.

Et les forces militaires étrangères envoyées par la Cedeao seront impuissantes lorsque le président déchu est utilisé comme bouclier humain.

L’exemple du putsch avorté contre Erdogan en 2016 en Turquie, grâce à un soutien populaire, doit servir de modèle en Afrique de l’Ouest. La classe politique toute obédience confondue et les populations, quelles soient leurs divergences, doivent être les derniers remparts contre les coups de force de l’armée. Sinon, les transitions en cours au Mali, au Burkina Faso, en Guinée et maintenant au Niger, ne seront, hélas, pas les dernières.