Luxembourg
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Azong affole les compteurs : «C’est maintenant que le Luxembourg va vraiment me découvrir!»

Ça sourit pour l’attaquant strassenois.

BGL LIGUE – On n’attendait pas le nouvel avant-centre de l’UNA Strassen à pareille fête en ce début de saison. Il est pourtant déjà impliqué dans sept buts.

Quand Vitor Pereira a expliqué son projet de jeu, consistant notamment à faire redescendre Nicolas Perez d’un cran, les suiveurs de la BGL Ligue ne se sont accrochés qu’à un seul élément de langage, début août : faire du Français un numéro 10. Peu importe qui il installerait en pointe. Les suiveurs se trompaient : Conrad Azong n’est pas n’importe qui et le choix de son profil relevait d’une logique implacable.

«En fait, si on voulait mettre une pression collective assez haut, il ne nous fallait pas un « 9 » qui attende le ballon, explique Pereira. Sans un joueur comme lui qui met une énorme pression au niveau défensif, ce que ne sait pas faire Nico par exemple, on serait obligé de faire redescendre le bloc, sinon il serait trop difficile pour l’adversaire de casser les lignes. C’était important de l’avoir lui!»

La logique première était donc la bonne : avoir un gaillard devant pour faire ce qui est généralement qualifié de sale boulot et couvrir des besoins que Nicolas Perez himself ne décrit pas autrement qu’un gigantesque service rendu au collectif et à lui en particulier : «Conrad, il est généreux, pas avare de ses efforts. Moi, ça me libère parce que je ne suis plus dans la prise d’espaces qui me coûte du jus et donc de la lucidité. Et puis ça me libère des espaces».

On en est là. Pour le dire crûment, Azong était aussi planifié pour tenir le rôle du gars utile. Si en plus il pouvait être efficace, tant mieux. Or aujourd’hui, on le découvre aussi comme ça : cinq buts (dont quatre penalties «mais qu’il a pratiquement tous provoqués lui-même», pointe Perez) et deux passes décisives. Personne n’a fait mieux en BGL Ligue.

Depuis que je suis arrivé en DN, je marque un but toutes les 90 minutes

Est-ce si étonnant, finalement? L’analyse autour du Germano-Camerounais se base presque exclusivement sur son rendement au Progrès, où il a passé deux saisons à jouer les jokers et à ne planter «que» dix buts en 33 apparitions. Sauf que ses dix buts ont été inscrits en seulement 921 minutes passées sur le terrain. «Oui, mes stats, en fait, sont très bonnes : depuis que je suis arrivé en DN, je marque un but toutes les 90 minutes», rappelle l’ancien habitué de la Regionalliga (sept saisons au Sportfreunde Lotte, à Oldenburg, au Victoria Hambourg ou avec la réserve d’Hanovre pour un total de 136 matches et 19 buts).

Des «stats très bonnes», mais c’est seulement maintenant qu’elles prennent de l’épaisseur qu’on les remarque. Lui qui a autant de titularisations avec l’UNA depuis début août que lors de toute la saison 2021/2022 avec Niederkorn peut largement envisager de faire mieux que son meilleur total sur un exercice : 9 réalisations avec Oldenburg, en 2019.

L’argument ne convainc qu’à moitié le perfectionniste Pereira, qui ne s’est lui pas fié à ce que les chiffres racontaient, mais plutôt à ce qu’il voyait. «Ses buts avec le Progrès, il les marquait en fin de match, quand les équipes piquaient du nez alors que lui, c’est un monstre physique», constate froidement le coach. «Avec Conrad, on a encore du travail. Devant le but notamment. Sur le placement du corps et la qualité de frappe.» Nicolas Perez, de son côté, a beau voir «une bête, avec pas du tout de masse grasse», même Azong est d’accord sur le fait qu’il n’a pas atteint son rythme de croisière : «Je ne suis physiquement qu’à 70 %. C’est maintenant que le Luxembourg va vraiment me découvrir. En tout cas, dans quelques semaines, là, on verra le véritable Conrad Azong».