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Le «pipigate» éclabousse le ministre belge de la Justice

En Belgique

L’opposition demande la démission du libéral Vincent Van Quickenborne, accusé d’avoir menti.

Une fête privée met le ministre belge de la justice Vincent Van Quickenborne dans le pétrin.

Une fête privée met le ministre belge de la justice Vincent Van Quickenborne dans le pétrin. Foto: AFP

Le 14 août dernier, le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne a fêté son cinquantième anniversaire chez lui, à Courtrai. Rien d’anormal jusque-là si ce n’est que plusieurs invités sont allés soulager leur vessie sur un véhicule de police qui était stationné devant la maison du libéral flamand et faisait partie du dispositif chargé d’assurer sa protection. Un cliché a d’abord circulé montrant les potaches à l’oeuvre. Depuis, le « pipigate » agite la Belgique politique.

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Le ministre nie avoir assisté à ces mictions à répétition. Mais une vidéosurveillance le montrant à l'extérieur de sa résidence, quelques heures après que des convives eurent uriné sur le véhicule de police, laisse planer le doute. On y voit le libéral flanqué d’un invité, riant et simulant l'acte d'uriner à côté du combi. Le ministre ouvre ensuite la porte du véhicule, répétant ainsi l'action de certains fêtards.

Les syndicats de police sont furieux

L’affaire a engendré le tollé. Les syndicats de police sont furieux et demandent que les images soient rendues publiques. Dans l’opposition, le Vlaams Belang (extrême droite) réclame la démission du ministre, affirmant qu'il a menti sur l'incident. La N-VA de Bart De Wever estime que s’il est démontré que les déclarations de «Van Quick» sont mensongères, ce dernier ne peut rester en fonction. A l’opposé, l'Open Vld, le parti libéral flamand auquel appartiennent Vincent Van Quickenborne mais aussi le premier ministre Alexander De Croo, maintient sa confiance. Il ne distingue aucune implication directe du ministre de la Justice dans l'incident.

Pour cocasse qu’elle soit, l'affaire suscite son lot de tensions et de débats. Elle pose la question de la responsabilité des hommes et des femmes politiques dans la vie publique.

Les députés de différents partis ont demandé une audition en urgence du ministre Van Quickenborne pour clarifier la situation. Ils ont également appelé à la diffusion des images de vidéosurveillance.

Pour cocasse qu’elle soit, l'affaire suscite son lot de tensions et de débats. Elle pose la question de la responsabilité des hommes et des femmes politiques dans la vie publique. Mais aussi celle du respect dû à la police en un temps où son autorité est remise en question. Si Vincent Van Quickenborne bénéficie d’une protection policière, c’est parce que des menaces ont été proférées contre lui par des narcotrafiquants. «A qui donne-t-on raison lorsque l’on pisse sur une voiture de flics ?», fait remarquer une source policière.

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Tous les ingrédients sont donc réunis pour que la Flandre se passionne pour le «pipigate», histoire rocambolesque qui lui rappelle la personnalité fantasque de Vincent Van Quickenborne. Le libéral peut de fait se montrer ambivalent. Ses coups de sang et sa désinvolture contrastent souvent avec sa ligne politique résolument droitière.

Il manque encore des preuves solides

Mais question : où restent les preuves dans le «pipigate»? Comme d’autres, le politologue Carl Devos souligne que rien ne démontre pour l’heure que le ministre était au courant des actes de ses invités. Il n'y a de surcroît aucune preuve qu'il ait lui-même uriné, ni qu'il ait menti en affirmant avoir appris les faits par la presse.

A ce stade, l'affaire reste donc incertaine. Ses conséquences politiques seront fonction de l'évolution de l'enquête et des réponses ultérieures apportées par le ministre. La démission de Vincent Van Quickenborne paraît peu probable.

Les démissions ministérielles sont devenues choses rares en Belgique. Si la secrétaire d’Etat à l’Egalité des chances Sarah Schlitz a dû lâcher son poste au cours de cette législature pour avoir confondu l’intérêt public avec sa carrière personnelle, la ministre des Affaires étrangères Hadja Lahbib n’a dû sa survie qu’à un marchandage politique alors qu’elle avait clairement fauté dans le dossier iranien.