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L’ancien président du Niger sur l’intervention de la CEDEAO: ‘‘ ni le droit ni la morale encore moins le bon sens ne justifient’’

L’ancien président du Niger, Mahamane Ousmane, a déclaré ce jeudi 24 août que ni le droit ni la morale encore moins le bon sens ne justifiait une intervention militaire de la CEDEAO dans son pays.

Dans un message relayé ce jeudi, l’ancien président du Niger prend position contre une éventuelle intervention militaire de la CEDEAO dans son pays pour réhabiliter par la force le président Mohamed Bazoum renversé le 26 juillet.

En attendant cette ultime option pour le retour à l’ordre constitutionnel, la CEDEAO a pris des sanctions contre le Niger dont le caractère inhumain est décrié par l’ancien chef d’État nigérien. Son pays, le Niger, cité parmi les plus pauvres, est durement affecté par les conséquences de la crise sécuritaire depuis des années créant une situation humanitaire catastrophique.
« Depuis plus de trois semaines, notre pays vit un blocus économique total sur ses frontières sud, blocus qui prive nos populations de produits de première nécessité comme les produits alimentaires, pharmaceutiques et l’électricité », a dénoncé M. Mahamane Ousmane.
Selon lui, cet embargo des plus iniques équivaut déjà à lui seul à une déclaration de guerre contre un peuple innocent meurtri ; à cela s’ajoute la menace d’une intervention militaire « que ni le droit ni la morale encore moins le bon sens ne justifient ».
À l’image de Mahamane Ousmane, de nombreuses personnalités, de par le monde, ont décrié l’illégalité des sanctions de la CEDEAO et l’option militaire dont les contours ont été déjà déterminés par les chefs des armées de l’espace communautaire.

Cette situation d’extrêmes tensions est créée du fait des décisions précipitées de quelques dirigeants de notre sous-région mus par l’on ne sait quels intérêts, a-t-il indiqué.
« Je rappelle qu’il est inacceptable, car illégal et immoral, de recourir à la force pour le règlement d’un différend interne à un pays souverain. Je rappelle en outre que ni les textes de la CEDEAO ni ceux de l’Union africaine encore moins la Charte des Nations Unies ne préconise le blocus ou l’usage de la force comme moyens de premier recours dans le règlement d’un différend qui relève essentiellement du ressort des affaires internes d’un État », a critiqué l’ancien président de la République du Niger, saluant la chaine de solidarité des peuples africains mobilisés contre cette option militaire de la CEDEAO.
« Tout dirigeant étranger qui validerait une intervention armée contre son peuple en portera sur sa conscience les conséquences funestes et sera personnellement responsable devant l’histoire », a-t-il averti.
Dans son message, l’ancien président nigérien a appelé ses concitoyens qui tentent ou seraient tentés de s’associer à cette entreprise d’étranglement du pays par l’embargo ou sa dislocation par une intervention armée de se ressaisir. Selon lui, de tels comportements sont sévèrement punis par les lois et règlements.
Par ailleurs, tout en exhortant à un dénouement pacifique de cette crise à travers une transition d’une durée négociée, il appelle toutes les forces vives de la Nation à s’atteler désormais, dans un dialogue inclusif, à la recherche d’un consensus sur le cahier de charges des institutions de transition ainsi que sur le chronogramme et la durée de celle-ci.
« Dans cette perspective, je demanderais aux autorités actuelles de transition de procéder à la libération des prisonniers politiques et des prisonniers d’opinion », a plaidé l’ancien chef d’État.

PAR SIKOU BAH