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Mali

Mali: CONSEQUENCE DE LA GREVE DES ENSEIGNANTS A LASSA: L’école publique se vide au profit des établissements privés

C’est pourquoi, il a pris ses responsabilités en dispensant lui-même des cours

(français, anglais, histoire et géographie) aux élèves de cette classe.

Le public se vide au profit du privé qui refuse du monde

Une aubaine que presque seule la moitié de la classe (une trentaine sur un

effectif de 70 élèves) a décidé de saisir. Quant aux parents, ceux qui ont les

moyens ont tiré les enseignements en inscrivant leurs enfants dans les cinq

écoles privées du quartier. «Elles sont bondées car le coût de scolarisation est

fixé en fonction du niveau de vie des habitants», a indiqué Issa Traoré.

«Cette année, notre effectif a considérablement augmenté. Et je suis sûr que

c’est à cause de la grève qui a paralysé l’école publique l’année dernière», a

reconnu Ibrahim Dramane Kéita, promoteur du «Collège privé Awa Coulibaly»

(CAC).

Cet établissement compte six classes (de la première à la 6e année du

fondamental) fréquentées par 286 élèves. Malgré des tarifs bas par rapport à

la moyenne (2500 à 4000 F CFA par mois), de nombreux parents ont du mal

à s’acquitter de leur engagement financier. «Je rentre à la maison parce que

mon père doit plusieurs mois à l’école. J’ai donc été renvoyée en attendant

que ma situation soit régularisée», nous confie une adolescente que nous

avons croisée sur la route de Lassa avec l’une de ses camarades qui est aussi

dans la même situation.

«Il est vrai que nous accueillons beaucoup plus d’élève cette année. Mais,

notre souhait n’est pas que cela soit aux dépens de l’école publique parce que

nous constituons les deux maillons de notre système éducatif», a souligné M.

Kéita. «Nous sommes complémentaires. Et personne ne doit souhaiter

aujourd’hui la paralysie destructrice de l’école publique dont nous sommes

tous les produits», a défendu Goumar Ag Achewal, enseignant au collège

privé riche de sa vingtaine d’années d’enseignement.

Des patriotes qui ne demandent qu’â être convaincus de la sincérité du

gouvernement

«Nous demandons à nos camarades enseignants de penser à l’avenir des

enfants. Nous avons été encadrés par des enseignants qui travaillaient et

vivaient dans presque la totale précarité. Ils étaient mal payés et cumulaient

des arriérés de salaires, mais ils n’ont jamais abandonné leurs élèves. On ne

peut jamais payer assez un enseignant. Sans compter que le gouvernement a

beaucoup fait pour améliorer les conditions des enseignants», plaide Kéita.

Quant au directeur du second cycle de l’Ecole Sibiry Coulibaly, c’est le

président Ibrahim Boubacar Kéita qui doit s’assumer. «Après sa réélection en

2018, le président de la République a dédié ce second mandat à la jeunesse.

Il ne peut donc pas continuer à fermer les yeux alors qu’on est en train de

qualifier l’avenir des millions d’enfants», indique pour sa part Traoré.

«Je suis convaincu que si le Chef de l’Etat invite aujourd’hui les leaders

syndicaux pour discuter avec eux en toute franchise en leur montrant les

limites actuelles du Trésor public, nos camarades vont comprendre et vont

reprendre la craie car ce sont des patriotes», conseille-t-il. Et de renchérir, «si

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