Manifestation à Bamako contre les violence dans le centre du pays, le 21 juin 2019. © REUTERS/Malick Konate
Manifestation à Bamako contre les violence dans le centre du pays, le 21 juin 2019.
© REUTERS/Malick Konate

Changement, changement et encore changement par la refondation de l’État que prônent des Maliens depuis belle lurette, serait voué à l’échec et un solide regret du coup de force s’installe dans les esprits.  

Le ‘’Si je savais que…’’ des maliens trainent dans les coulisses pour exprimer encore et encore le regret d’avoir mené des actions ou d’autres actes illégaux pour un changement censé annoncé la refondation. Hélas, le même slogan, le même regret, et depuis longtemps. Du premier coup d’État le 19 novembre 1968, où l’armée prenait les affaires en main après avoir arrêté le président Modibo Kéïta à celui du 18 août 2020, rien n’a changé et c’est le même refrain, « le changement ». Le ‘’Si je savais que…’’ ne s’étaient pas intervenus d’alors, aujourd’hui, après plusieurs mois de ce récent renversement de régime, plusieurs de nos concitoyens commencent à avoir d’innombrables remords qui ensemencent leurs esprits.

Le changement voulu est annoncé en début de 2020 où plusieurs mouvements politiques et religieux s’étaient rassemblés pour mener une lutte acharnée contre le régime en place, celui de l’ancien président de la République Ibrahim Boubacar Kéïta, qui n’aura pas en effet porté un résultat positif. Le chef spirituel l’imam Mahamoud Dicko était le bourreau incontesté, l’homme influent, qui faisait vaciller au sommet de l’État, jusqu’à ce qu’ils obtiennent gain de cause, c’est à dire, la chute du président IBK. Mais aujourd’hui, beaucoup de Maliens désapprouvent déjà ce qui se passe en ce moment dans la gestion des autorités de la transition. Trop tard pour des regrets, c’est ce que nous aimons écrire parfois entre nos lignes, et faire le parallèle pour que nous comprenions, car c’est l’avenir de notre nation si chère à nous qui est en jeu. ‘’Si je savais que…’’, ce regret ou remord annoncé dans notre for intérieur, nous maliens s’exprimant dans un temps de passé lointain et proche mêlé à un temps du subjonctif, en conjugaison française, appuyé par la même occasion par un ‘’SI’’ conditionnel s’illustre sans doute ce sentiment de mord-doigt. À l’image de cet interlocuteur préférant rester dans l’anonymat total, qui dit que : « Si je savais ce que ces militaires allaient faire après avoir renversé ou chassé le président Ibrahim Boubacar Kéïta, je n’allais pas encourager ce coup d’État. Car, je viens de réaliser que ce n’était pas la solution, et qu’il fallait trouver une solution politique et sociale pour le bonheur du pays, et des citoyens. » Lui, comme tant d’autres pensent la même chose, de la même façon ! Le ‘’Si je savais que…’’ des maliens ne résoudra pas, qui traine encore dans nos esprits, et qu’il faudra dorénavant faire murir sa réflexion pour éviter que de telles situations arrivent encore à notre nation meurtrie.  

Moriba DIAWARA

Source : LE COMBAT

Oumou Traoré