Mali
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Retrait de la Minusma: un défi logistique et politique

C’est ce vendredi 1er septembre 2023 que la Minusma entame la seconde phase de son retrait de notre pays qui doit s’achever le 31 décembre conformément à la résolution 2690 du 30 juin 2023 du Conseil de sécurité des Nations unies.
Pour la Minusma, cela implique le rapatriement de 12.947 personnels en uniforme, la séparation de 1.786 personnels civils, le rapatriement et/ou la relocalisation d’un chargement d’environ 5.500 conteneurs maritimes de matériel des contingents et appartenant à l’ONU et de près de 4.000 véhicules, ainsi que la fermeture et la remise de 12 camps et d’une base opérationnelle temporaire aux autorités légales et souveraines de la transition. Ce retrait de la Mission se déroule en deux phases jusqu’au 31 décembre, suivi de la période de liquidation, qui débutera le 1er janvier 2024. Problème logistique
La Première phase du retrait a débuté le 17 juillet dernier et s’est concentrée sur la fermeture des avant-postes les plus petits et les plus éloignés des super-camps de Tombouctou, Gao et Mopti et sur la réduction de l’empreinte géographique de 25%. Le vendredi 25 août dernier, cette phase a été achevée avec la fermeture et la rétrocession de la base de Ménaka aux autorités de la Transition qui a suivi celles de la base opérationnelle temporaire d’Ogossagou, les camps de Ber et Goundam.
La deuxième phase du processus de réduction des effectifs et de retrait, qui commence à compter d’aujourd’hui, se déroulera jusqu’au 15 décembre. Elle se concentrera sur la fermeture de 6 bases (Tessalit, Aguelhok et Kidal, au Nord ; Douentza et Mopti, au Centre ; et Ansongo à l’Est). Le personnel, les équipements et les matériels concernés seront redéployés dans les super camps de Tombouctou, Gao et Bamako, avant d’être rapatriés dans leurs pays respectifs. Pour y parvenir, selon le Chef de la Minusma, El Ghassim Wane, «les convois devant évacuer le personnel, les équipements et matériels de Tessalit, Aguelhok et Kidal vers Gao, par exemple, devront parcourir 563 km dans chaque sens pour Tessalit, 415 km pour Aguelhok et 352 km pour Kidal. Il faudra au moins 1.050 camions pour transporter tous les équipements et matériels appartenant aux contingents et ceux appartenant aux Nations Unies. Le terrain est difficile et l’insécurité omniprésente ».

Enjeu politique


Au-délà des contraintes logistiques et de sécurité, la fermeture de la MINUSMA comporte également une dimension politique. En effet, la présence de la MINUSMA dans les avant-postes du nord a contribué au respect par les parties signataires du cessez-le-feu et des arrangements sécuritaires, tout en soutenant également la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation de 2015. Le retrait intervient dans un contexte marqué par la paralysie des structures de suivi de l’Accord de paix, qui ne se sont pas réunies depuis novembre 2022, et par un grave déficit de confiance entre les Parties.
Selon El Ghassim Wane, « sans surprise, les Parties ont adopté des positions divergentes sur le sort des camps qui seront libérés par la Mission. À cet égard, les autorités de transition ont signifié à la Mission qu’elles entendent reprendre tous les camps de la MINUSMA après leur évacuation, soulignant que l’Accord de paix n’abroge pas la responsabilité de l’État d’assumer le contrôle de son territoire afin de protéger les populations et d’assurer la sécurité. Les Mouvements signataires, en revanche, notamment la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA), ont invoqué les arrangements sécuritaires de 2014 pour objecter au déploiement des forces armées maliennes dans les zones qu’ils contrôlent et insister sur la nécessité d’opérer dans le cadre de l’Accord de paix ».

Bonne volonté des parties
Toutefois, les autorités de la Transition, lors de plusieurs réunions avec le Secrétaire général adjoint, Lacroix, lors de sa visite au Mali à la mi-août, ont souligné qu’il n’y avait aucune intention d’entrer en confrontation avec les Mouvements signataires, soulignant leur engagement au dialogue pour résoudre tout problème qui pourrait survenir et les efforts déployés à cette fin.
De même, les Mouvements ont également exprimé leur volonté de résoudre les différends de manière pacifique et de contribuer à la création des conditions nécessaires à la reprise du processus de paix. Il est maintenant du devoir des Maliens, souligne le Chef de la Minusma, de transformer ces expressions de bonne volonté en mesures concrètes, afin d’éviter une crise tout aussi dangereuse que mal venue, et de faire avancer la cause de la paix et de la réconciliation au Mali, prenant en cela appui sur les avancées enregistrées ces huit dernières années, y compris la fin de la belligérance armée ».

La RÉDACTION