Mali
This article was added by the user . TheWorldNews is not responsible for the content of the platform.

Sans Tabou: Sahel, sortir des sentiers battus

Le Mali, le Niger et le Burkina Faso, trois Etats en proie à l’insécurité, ont décidé de créer l’Alliance des États du Sahel avec la signature de la Charte du Liptako Gourma. Ces États qui figurent par parmi les plus pauvres doivent, au-delà de la volonté politique, rechercher les moyens financier et humain de leur ambition afin d’éviter notamment le scénario du G5 Sahel qui n’a pas pu être pleinement opérationnel faute d’argent. En clair, la volonté politique seule ne suffit pas.

Les trois pays voisins en transition politique ont franchi un pas important dans leur collaboration et dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, à travers la création de l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette Alliance est la consécration de plusieurs jours d’échanges et de discussions entre les chefs de transition du Mali, du Niger et du Burkina Faso. Si l’un des objectifs est de fédérer les forces contre les terroristes, il faudrait aller au-delà des déclarations pour réussir ce combat.
L’un des défis pour cette nouvelle Alliance ouverte à tout pays qui respecte ses textes est la mobilisation des ressources financières cruciale dans la mise en œuvre d’une telle ambition. De mémoire, sans moyen financier, les structures de lutte contre le terrorisme et l’insécurité ont été un effet domino.
À ce stade, les contours du financement de l’Alliance restent à déterminer en vue de son opérationnalisation. Mais plusieurs observateurs craignent notamment le scénario de la force conjointe du G5 Sahel créée en 2017 et regroupant les soldats du Mali, de la Mauritanie, du Tchad, du Niger et du Burkina Faso pour contrer l’avancée des groupes terroristes dans leur pays respectif et au niveau de la zone des trois frontières (Mali-Niger-Burkina Faso).
Cette initiative visait également à améliorer la sécurité et la sûreté des populations locales et créer un environnement favorable pour le développement socio-économique de la région en mutualisant et en intensifiant leurs efforts au niveau national pour combattre les menaces sécuritaires communes. Plusieurs années après sa création, le G5 Sahel était loin de ses objectifs, les terroristes continuant terroriser les populations civiles.
Bien que l’idée soit salutaire et bénéficiant du soutien et de l’accompagnement de la France, la force conjointe du G5 Sahel n’a pas pu être pleinement effectif à cause du problème de financement. En dépit du lobby de la France et des différents plaidoyers des chefs du G5 Sahel, la force n’a pas pu mobiliser les ressources financières suffisantes. Et les rares promesses de financement n’ont pas été honorées convenablement.
Également, à défaut d’avoir les moyens financiers de sa politique, le G5 Sahel apparaissait comme un instrument au service des puissances étrangères telles que la France dont les ordres étaient suivis à la lettre. Preuve, le Mali, en quittant ce groupe, a dénoncé une manipulation de la France. Sans cette indépendance financière, la main qui donne fera toujours des ingérences pour la sauvegarde de ses intérêts.
En tout cas, cette nouvelle Alliance qui vient de naitre n’aura un avenir prometteur que si les chefs d’État décident de mettre en place un système de financement autonome et pérenne. Sinon comme pour la force du G5 Sahel, elle restera une force qui existera que sur le papier. En clair, pour aller loin et déjouer les pronostics de ceux qui ne veulent pas voir prospérer cette Alliance, il faudrait sortir des sentiers battus, tout en évitant les pièges des initiatives précédentes.
Pour ce faire, les dirigeants des trois pays et leurs partenaires doivent se donner tous les moyens nécessaires pour constituer une sorte de digue contre tout éventuel échec. Parce qu’aune aucune guerre ne se gagne sans les moyens financiers et des ressources humaines qualifiées et engagées. A cet effet, les présidents de cette nouvelle Alliance doivent tirer les leçons des initiatives similaires qui n’ont pas été effective à cause de ces problèmes.

Par SIKOU BAH

Info Matin