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Culture africaine: les rendez-vous en juillet 2023

À Arles, Palerme, Marseille, Avignon, Tours, Paris, Nantes, Autun, Cajarc, Le Cap, Aubervilliers, en salle ou en plein air, voici 16 rendez-vous de la culture afro ou africaine à ne pas manquer en ce mois de juillet. N’hésitez pas à nous envoyer vos prochains évènements culturels « incontournables » à l’adresse rfipageculture@yahoo.fr.

Le 3 juillet ouvrent les Rencontres internationales de la photographie d’Arles. Sous le thème Un état de conscience, les photographes, artistes et commissaires partagent avec nous leurs réflexions sur les transformations de notre monde actuel. Parmi les innombrables pépites photographiques présentées, Jean-Marie Donat nous fait découvrir les archives du Studio Rex du quartier de Belsunce. Elles explorent « Marseille, terre d’arrivée et de départ, halte avant une prochaine étape, ville de passage de femmes et d’hommes venus du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne ».

À la galerie Cécile Fakhoury à Paris vient de démarrer Refuges. Une exposition de groupe explorant la relation entre l'humain et la nature. Des artistes comme Mariam Abouzid Souali, Jess Atieno, François-Xavier Gbré, Jems Koko Bi ou Ouattara Watts nous offrent jusqu’au 26 août leurs différentes perspectives sur les enjeux de l’écologie. « Chaque artiste se projetant dans une observation et une recherche autour de l’idée de refuge, qu’il soit un lieu de retraite, d’intimité, d’abri, d’échappatoire, ou de spiritualité. » L’exposition souhaite notamment prendre en compte « les savoirs et les pratiques des pays du Sud, à l’opposé de techniques inadaptées héritées des logiques coloniales ».

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Du 3 au 9 juillet, à Palerme, en Italie, leSole Luna Doc Film Festival ambitionne de construire « un pont entre les cultures ». Parmi les films en compétitions : Fragments du ciel (Maroc). Jean-Pierre Lagrange raconte l'histoire de Mohamed, un nomade d'une cinquantaine d'années qui vit avec sa famille sous une tente dans une zone reculée du désert oriental du Maroc. Afin de changer les conditions de vie difficiles de sa famille, il décide de partir à la recherche de fragments de météorites.

Thembinkosi Hlatshwayo : “Ngingaphakathi” (2022), exposition « iHubo : Nkosi Sikelela » à la Goodman Gallery, Le Cap, Afrique du Sud.
Thembinkosi Hlatshwayo : “Ngingaphakathi” (2022), exposition « iHubo : Nkosi Sikelela » à la Goodman Gallery, Le Cap, Afrique du Sud. © Goodman Gallery

Du 4 au 9 juillet, le Festival international de cinéma de Marseille (FID) propose 106 films de 35 pays, dont Égypte, Maroc, Tunisie. La compétition Flash présente entre autres la première mondiale de Capital (Égypte, Italie, Allemagne). L’artiste palestinienne Basma Al-Sharifys crée dans son film satirique un lien entre le cinéma italien dit des « Téléphones blancs » de la fin des années 1930 et la construction de villes nouvelles en Égypte. Le titre est une allusion au projet géant de « nouvelle capitale égyptienne » près du Caire, mais aussi à la terreur du capitalisme global. Dans la compétition Ciné+, Indivision (Birdland), de la Marocaine Laïla Kilani, nous raconte le combat de Lina, 13 ans, muette, qui passe son temps à étudier les oiseaux et alimenter son journal filmé sur internet, contre un monde dominé par l’avidité et les jeux de pouvoir.

Le 5 juillet, le Festival d’Avignon, le plus grand festival de théâtre en Europe, ouvre ses portes. Mohamed Toukabri, danseur et chorégraphe né à Tunis, basé à Bruxelles, y présente dans le cadre de Vive le sujet ! sa création For the Good Times, « une invitation à célébrer le temps qu’il nous reste ensemble ». Et RFI est fier de présenter du 15 au 20 juillet ses lectures théâtrales en public, Ça va, ça va le monde!, qui, au fil du temps, sont devenues une sorte de « Cour d’honneur » des auteurs africains, mais aussi d’autres  écrivains du théâtre francophone au Festival d’Avignon. Cette année, entre autres, à l’affiche : Port-au-Prince et sa douce nuit de Gaëlle Bien-Aimé, lauréate haïtienne du prix RFI-Théâtre 2022, et Le carrefour de Kossi Efoui (Togo).

Le 5 juillet sort en salles en France Les filles d’Olfa[FS1]. La réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania était une des deux réalisatrices africaines en lice pour la Palme d’or au Festival de Cannes. Le film explore, de l’intérieur, comment deux des quatre filles d’une mère tunisienne sans histoire ont pu devenir jihadistes et se rallier à Daech en Libye après le printemps arabe de 2011.

Jabulani Dhlamini : « Sjay, Zenzeleni Location, Warden » (2022), « iHubo : Nkosi Sikelela » à la Goodman Gallery, Le Cap, Afrique du Sud.
Jabulani Dhlamini : « Sjay, Zenzeleni Location, Warden » (2022), « iHubo : Nkosi Sikelela » à la Goodman Gallery, Le Cap, Afrique du Sud. © Goodman Gallery

Le 7 juillet ouvre l’exposition astèr atèrla (« ici et maintenant ») au Centre de création contemporaine Olivier-Debré à Tours. « 34 artistes réunionnais·e·s fouillent des temporalités qui s’étirent du passé le plus lointain jusqu’au futur pour raconter une histoire commune. » Une réflexion collection autour d’un ensemble de problématiques et idées, les corps visibles et invisibles, humains et non humains.

Du 7 au 9 juillet, le Théâtre de la Ville de Paris propose à l’Espace Cardin une deuxième édition du Focus Cameroun avec plus de vingt événements. Avec François Alima, conteur, professeur et chef d’orchestre ; Fanny Abega, danseuse issue du milieu hip hop ; Kouam Tawa, poète, auteur dramatique et metteur en scène ; la collection Mighty Macadam de Jésus Brice, jeune designer passionné et créatif d’origine camerounaise…

Du 12 au 14 juillet, la Fondation Cartier à Paris organise Felfel (« piment » en arabe), un nouveau Festival de l’effervescence des cultures maghrébines en France, en collaboration avec l'Institut du monde arabe. Cette première édition est surtout dédiée aux apports culturels et artistiques des diasporas tunisienne, algérienne et marocaine en France. Trois jours de concerts, de rencontres et de projections, avec point d’orgue un grand bal sur le parvis de l’Institut du monde arabe le 14 juillet.

Thembinkosi Hlatshwayo : « Sobaleka » (2022) : « iHubo : Nkosi Sikelela » à la Goodman Gallery, Le Cap, Afrique du Sud.
Thembinkosi Hlatshwayo : « Sobaleka » (2022) : « iHubo : Nkosi Sikelela » à la Goodman Gallery, Le Cap, Afrique du Sud. © Goodman Gallery

L’espace Cosmopolis à Nantes présente jusqu’au 15 juillet Le Bénin en majesté. Un hommage à Yves Pèdé qui rassemble les tentures de l’artiste béninois et les œuvres d’autres artistes contemporains majeurs comme Edwige Aplogan, Bruce Clarke, Catherine De Clippel, Amidou Dossou, Kifouli Dossou, Prince Toffa, Dominique Zinkpè… Cette exposition, montée en collaboration avec la galerie Vallois, témoigne autour de cinq grands thèmes (la royauté, l’esclavage, le Vodun, le Gèlèdè, Les Egungun) « de la richesse artistique et historique du Bénin, en lien avec les traditions et la symbolique, de la période précoloniale jusqu’à nos jours ».

Du 15 juillet au 3 août, la Biennale d’Autun en Bourgogne présente la 4e édition du Festival international d’art sacré contemporain sous un thème dont toute l’histoire humaine est traversée : Migration(s). 35 artistes de 15 pays (dont l’Égypte, le Cameroun, le Togo) présentent 150 œuvres : arts plastiques, land art, sculpture, photographie, graffiti, danse, BD, performances, vidéo…

Le 19 juillet sort en salles en France le très réussi polar noir Les Meutes, du Marocain Kamal Lazraq. C’est l’histoire d’un père et d’un fils, tous les deux fauchés, qui se retrouvent, malgré eux, avec un cadavre à faire disparaître. Une nuit inoubliable dans les faubourgs populaires de Casablanca, entre combats de chiens et d’hommes.

Jabulani Dhlamini « ihashi lase Sandlwana, Nquthu, KZN », exposition « iHubo : Nkosi Sikelela » à la Goodman Gallery, Le Cap, Afrique du Sud.
Jabulani Dhlamini « ihashi lase Sandlwana, Nquthu, KZN », exposition « iHubo : Nkosi Sikelela » à la Goodman Gallery, Le Cap, Afrique du Sud. © Goodman Gallery

Du 20 au 23 juillet aura lieu le festival Africajarc. Depuis 1999, ce rendez-vous dédié aux cultures d’Afrique met en valeur la musique, la littérature, les contes, la danse, les arts plastiques, l’artisanat et le cinéma du continent africain et se déroule dans le village Cajarc, situé dans la vallée du Lot, en Midi-Pyrénées.

De Dakar à Paris, l’exposition présentée au début de l’année sur le site du musée Théodore-Monod d’Art africain à Dakar, est montrée jusqu’au 30 juillet à la Galerie du 19M à Paris-Aubervilliers. L’évènement met en avant la broderie et le tissage, deux artisanats d’art dans lesquels le Sénégal excelle, et les croise à la création contemporaine. Au programme, une soixantaine d’œuvres et d’installations, réalisées par près de trente artistes et artisans contemporains émergents ou reconnus, originaires du Sénégal, mais aussi du Mali, d’Afrique du Sud, et de France. Le tout est accompagné d’ateliers de découverte et de pratique des métiers d’art, de conférences et de performances.

Au Cap, en Afrique du Sud, la Goodman Gallery présente encore jusqu’au 5 août iHubo : Nkosi Sikelela, une exposition des artistes photographes Jabulani Dhlamini, l’un des photographes documentaires les plus reconnus de son pays, et de son jeune collègue Thembinkosi Hlatshwayo. L’approche de Dhlamini de la photographie de paysages et de portraits consiste à capturer la vie quotidienne des personnes en marge de la société. Quant à Hlatshwayo, il utilise la taverne familiale de Lawley, à Johannesburg, comme studio de fortune dans lequel il installe ses modèles pour explorer les expériences de chacun de première main. Leurs œuvres sont souvent liées au traumatisme collectif et à la mémoire générationnelle en Afrique du Sud.

Présentée à la Kunsthalle Mulhouse, Destins communs réunit jusqu’au 29 octobre des œuvres du peintre Omar Ba, formé d’abord au Sénégal puis en Suisse Romande. « Enfant d’Afrique, il adopte une construction de l’image fidèle à la tradition des récits aux forces émotionnelles et aux messages philosophiques. Ce qu’il peint a la puissance de l’irréel et la gravité du constat. » Sa force consiste à « « porter la réalité africaine aux yeux de tous et d’interroger nos Destins Communs par le biais de l’allégorie et de la métaphore ».

Thembinkosi Hlatshwayo « Untitled 3 » (2022), exposition « iHubo : Nkosi Sikelela » à la Goodman Gallery, Le Cap, Afrique du Sud.
Thembinkosi Hlatshwayo « Untitled 3 » (2022), exposition « iHubo : Nkosi Sikelela » à la Goodman Gallery, Le Cap, Afrique du Sud. © Goodman Gallery

► Merci à tous les artistes et professionnels pour leurs propositions. Vous aussi, vous pouvez nous envoyer vos « incontournables » de la culture afro et africaine en 2023 à l’adresse rfipageculture@yahoo.fr.