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Senegal

Kédougou / Dédommagement des impactés de la mine de Kobokhoto-Goumbati : Les populations et la SGO ne parlent pas le même langage.

Au moment où rares sont ceux-là qui croient encore à l'agriculture dans cette partie du pays, les sieurs Mamadou KEÏTA, chef du village de Makhana, Sourakhata SOUMARÉ et Sambaly KEÏTA ont décidé eux, de se concentrer sur leur tradition, à savoir cultiver et planter. Il en existe donc encore, certains qui au lieu de s'adonner à l’orpaillage, cultivent encore et toujours la terre. Ainsi en plus des cultures d'arachide, de maïs.., ils sont aussi dans l'horticulture. Mais voilà que dans le cadre de ses recherches d'or, entre KOBOKHOTO et GOUMBATI, (commune de Sabodala), la SGO, (Sabodala Gold Cooporation), va récupérer les  terres et  champs de manguiers de certains fermiers. En lieu et place, la SGO propose des compensations financières, qui malheureusement "ne nous arrangent nullement", a dit le chef de village de Makhana. 

En effet, sur le protocole proposé par la SGO et que s'est procuré Dakaractu, il est clairement stipulé, que pour Mamoudou KEÏTA, qui possède dans son champ 421 arbres, il lui sera  octroyé 21 493 900%20493%20900  fcfa. Pour Sourakhata SOUMARÉ, qui a planté dans son champ 188 manguiers, on lui propose 24 495 780%20495%20780  f CFA. Et enfin la SGO donnera à Sambaly KEÏTA 4 122 500 fcfa pour ses 37 manguiers plantés. 

Ces sommes proposées sont loin des attentes des fermiers. En effet, le champ du chef de village de Makhana, M. Mamoudou KEÏTA, s'étend sur une superficie  de 6,5 ha, avec 1 puits, y a investi 7 000 000 fcfa et y a consacré 13 années de sa vie lui et sa famille. "Au regard de tout mon effort déployé, je ne peux accepter ce prix. Je l'ai dit devant le préfet de Saraya, le  sous-préfet de Sabodala devant le maire et devant les responsables de la SGO. Ils ont voulu me berner en m'invitant dans leur bureau pour me supplier de signer. J'ai refusé.", a dit Mamoudou KEÏTA. 

Toujours selon lui, "Ils disent que c'est le barème de l'État, or on en doute. On leur a demandé de nous montrer le barème. Si cela est  vrai on ne s'oppose pas à l'État mais il faut que l'Éat nous protège aussi" 

« Ce n’est pas la SGO qui a proposé des prix, mais bien les services compétents de l’État » (Sous-Préfet)

Câblé par Dakaractu, le sous-préfet de l’arrondissement de Sabodala, M. Babacar DIAGNE dit ne pas comprendre la réaction du chef de village de Makhana, car selon lui, le processus d’indemnisation s’est déroulé dans des conditions de transparence absolue et de manière inclusive. Et précisera-t-il, « Ce n’est pas la SGO qui a proposé des prix, mais bien les services compétents de l’Etat à savoir, le service des mines, des eaux et forêts, du développement communautaire etc, appuyés par un cabinet International. Et tout a été fait pour préserver au mieux les intérêts des populations »

« Tout ce que nous faisons, nous le faisons de manière légale et responsable. Et tout a été négocié avec les populations » (Issa DABO, SGO)

Interpellé sur la question, la SGO a rassuré « avoir tenu compte  de beaucoup de paramètres dans cette affaire. » En effet, selon Issa DABO,  « Tout ce que nous faisons, nous le faisons de manière légale et responsable. Et tout a été négocié avec les populations au cours d’un forum publique », rassure M. DABO. Toujours selon lui, «  ce qui a été fait, c’est ce qui se fait toujours  quand il s’agit d’un déplacement économique. On a fait les meilleures estimations négociées avec les populations. Nous les avons arrimé aux meilleurs  taux possibles, mieux que ce qui se fait pour les impactés de KMS 3, de l’AIBD, du TER. Nous les avons arrimé aux meilleurs taux de compensation des arbres fruitiers. On ne s’est même pas basé sur les taux de l’État, on a fait mieux» Par ailleurs, en plus de la compensation  financière, la SGO a mis en place un dispositif d’accompagnement des producteurs, en les déplaçant sur un autre espace de culture. Et mieux chacun d’eux devra recevoir le double de plantules trouvés dans leur champ. Par exemple M. Mamadou KEÏTA recevra 842 plantules, du matériel, de l’eau et lui comme les autres  « bénéficieront d’un appui accompagnement, de formation, de capacitation afin de les rendre plus productifs. C’est dire que nous avons tenu compte de l’intérêt des communautés »

La médiation du maire de la commune

Informé de la situation, le maire de la commune de Sabodala, M. Mamadou CISSOKHO, tente depuis de trouver une solution de sortie de crise. « Quand nous avons été saisis de cette affaire, nous avons tenté de concilier les deux parties. Il faut savoir que c’est deux privés et en tant que maire nous nous devons de veiller à l’intérêt des populations. Mais il nous faut aussi veiller à ce qu’il y ait de l’équité dans le traitement de ces cas de figure. Nous allons continuer nos démarches pour trouver une issue heureuse »   

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