France
This article was added by the user . TheWorldNews is not responsible for the content of the platform.

Congrès PS : réunis à Marseille, les socialistes cherchent la sortie de crise

REPORTAGE - Les représentants d'Olivier Faure et de Nicolas Mayer-Rossignol espèrent trouver un accord ce week-end. L'idée d'une «direction collective» derrière le premier secrétaire réélu est en discussion.

Envoyé spécial à Marseille

Dans les allées souterraines du Palais du Pharo (7ème arrondissement de Marseille), Olivier Faure tire sur sa cigarette électronique. Entre deux nuages de fumée, il explique : «Nous continuons de discuter. On ne s'arrête pas». Alors que le 80ème congrès du PS, prévu pour durer jusqu'à dimanche, vient de s'ouvrir dans la cité phocéenne, le premier secrétaire a la mine plus sereine que celle qu'il affichait ces derniers jours. Officiellement réélu à la tête du parti dimanche dernier, avec moins de 400 voix d'avance, il constate que son adversaire finaliste Nicolas Mayer-Rossignol, et les membres de son collectif «Refondations», ont cessé de revendiquer la victoire, même s'ils dénoncent toujours des fraudes lors du scrutin. «Ils descendent d'un cran. Ils ne disent plus qu'il faut recompter les voix, ni qu'il faut revoter», note une socialiste pro-Faure.

«Chez les socialistes, il y a toujours un type qui ramène sa fraise à la dernière minute»

En réalité, «NMR» cherche désormais lui aussi «une sortie par le haut», après que le ton soit monté très fort ces derniers jours, offrant un spectacle de consternation, frôlant le ridicule. «Marseille peut être la pire des choses, le coup de force, le dernier clou sur le cercueil, ou la meilleure si nous parvenons à nous rassembler», assurait Nicolas Mayer-Rossignol à son arrivée au Pharo, vendredi en début d'après-midi.

Les représentants des deux camps devaient donc poursuivre les discussions informelles durant toute la soirée, et sans doute une partie de la nuit. Beaucoup refusent néanmoins de s'avancer trop vite sur la sortie de crise. «Chez les socialistes, il y a toujours un type qui ramène sa fraise à la dernière minute pour dire que ça ne convient pas», raille un cadre. Actuellement sur la table : l'idée d'une «direction collective» avec Olivier Faure en premier secrétaire et des postes clés pour ses adversaires. Le reste demeure confidentiel et anime les débats. «Il faut ressortir de ce congrès avec une situation où chacun peut trouver sa place», estime l'élue parisienne Lamia El Aaraje, soutien de Nicolas Mayer-Rossignol depuis la première heure. «Il y a des petits pas», assure-t-elle, souhaitant un accord «d'ici vendredi soir».

«Les discussions sont plus apaisées», confirme Johanna Rolland, la maire de Nantes, à qui Olivier Faure a promis le poste de numéro deux du PS. «Comme nous, Refondations ne souhaite pas sortir de la Nupes. Un espace de cohérence peut donc être construit entre nous si tout le monde y met un peu de bonne volonté», estime-t-elle, sereine. «Je ne perçois pas de différences insurmontables», note également Mathieu Klein, le maire de Nancy et soutien d'Olivier Faure.

Chez les socialistes, on tempère donc l'idée d'une guerre interne qui exploserait ce week-end dans la deuxième ville de France. Certains optimistes affirment même que le parti de la rose pourrait tirer profit de ce conflit. Un élu PS souligne : «Il y a beaucoup d'électeurs de gauche qui se demandent comment le PS va s'en sortir. Ce qui prouve que les Français comptent encore sur le Parti socialiste pour l'avenir !». Une façon de voir les choses.