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Manifestations à Sainte-Soline : un enregistrement inédit prouve que le Samu a été retardé par les autorités par sécurité

Un enregistrement dévoilé par le Monde prouve que le Samu a bel est bien été freiné par les autorités dans ses interventions pour venir en aide aux manifestants blessés à Sainte-Soline le 25 mars 2023. Que dit cet audio et pourquoi les secours ont-ils été ralentis par les forces de l'ordre ?

Un enregistrement crucial. Le Monde a publié la transcription de l'appel téléphonique entre les pompiers et un médecin contacté par la Ligue des droits de l'homme, dans laquelle on peut lire que les forces de l'ordre ont demandé au Samu et aux pompiers de ne pas intervenir sur place. En cause ? La sécurité du lieu. La Ligue des droits de l'homme assure par ailleurs que la zone en question était calme depuis une trentaine de minutes. 

La justice fera son travail et nous nous mettrons à leur disposition pour leur donner l'ensemble des informations nécessaires comme nous le faisons dans chaque enquête. Sachez quand même qu' envoyer une ambulance en zone d'affrontements ( appelée zone d'exclusion)...

— SAMU 79 (@SAMU7912) March 28, 2023

"On a ordre de ne pas en envoyer par les forces de l’ordre"

Retranscrit par nos confrères il s'agit l'appel entre un médecin contacté par la Ligue des droits de l'homme. Il demande l'envoi de secours à un pompier puis au Samu. L'audio permet d'en découvrir davantage sur les retards de l'envoi de médecins en renfort sur place. On y entend le Samu indiquer au médecin que l'ordre donné par les autorités est de ne pas envoyer de secours pour le moment, car la zone n'est pas sûre.

On a eu un médecin sur place et on lui a expliqué la situation, c’est qu’on n’enverra pas d’hélico ou de SMUR sur place, parce qu’on a ordre de ne pas en envoyer par les forces de l’ordre. [...] Le problème, c’est que c’est à l’appréciation des forces de l’ordre dès qu’on est sous un commandement, qui n’est pas nous.

Le Samu indique alors à son interlocuteur que l'ordre a été donné de rassembler les victimes au niveau de l'église de Sainte-Soline. Des moyens pompiers sont en route pour les y prendre en charge et les ramener. Ni véhicule de Smur, ni hélicoptère ne peuvent être envoyés à proximité des manifestations contre les méga-bassines. 

https://twitter.com/LDH_Fr/status/1639985472695926784?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1639985474486845440%7Ctwgr%5Ec3e13314430fe66960fc8e6c373c7fae5454458f%7Ctwcon%5Es2_&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.midilibre.fr%2F2023%2F03%2F27%2Fmanifestations-contre-les-mega-bassines-les-secours-ont-ils-ete-retardes-par-les-forces-de-lordre-11092059.php

Quant aux médecins militaires, l'urgentiste rappelle que leur mission est de prendre en charge les forces de l'ordre blessées, non pas les manifestants. 

Une avocate de la Ligue des droits de l'homme, parmi les trois présents dans la salle au moment de la conversation téléphonique, demande la confirmation au Samu : "Vous avez interdiction d’intervenir ? Vous confirmez que vous avez interdiction d’intervenir ?", ce à quoi il lui sera rétorqué "Nous devons avoir nos secours en sécurité également, malheureusement on n’a pas l’autorisation de les envoyer comme ça". Le Samu précisera n'avoir pas "l’autorisation de toutes les institutions sur place, pour l’instant", qui commandent actuellement leur opération de secours. 

L'interlocuteur de l'avocate ne peut pas partager l'identité de la personne à l'origine du commandement, mais précise néanmoins qu'il ne s'agit pas de la préfecture. 

Une enquête ouverte

Une source proche de la gendarmerie indique à nos confrères de BFMTV qu'un médecin de la brigade est intervenu dès les premiers blessés "sous le feu du black bloc". 

Les services de secours sont intervenus dans des conditions extrêmement difficiles et ce, alors que les heurts n'avaient pas cessé et que les forces de l'ordre continuaient à être prises à partie

Le parquet de Niort a annoncé dimanche qu'une enquête avait été ouverte pour "déterminer la nature exacte" des blessures graves dont sont victimes trois manifestants. Les autorités "récusent totalement la thèse selon laquelle ils auraient retardé à dessein l’arrivée des secours". 

Le Monde précise que le chef du pôle des urgences de Niort, Farnam Faranpour, affirme que les secours n'ont pas été empêchés d'accéder au site lors de la manifestation. Il a par ailleurs confirmé qu'il avait été difficile d'accéder aux blessés les plus graves, notamment les deux jeunes manifestants entre la vie et la mort.