Canada

30 octobre 1995: la bombe

Il y a des mots qui, lorsqu’ils sont prononcés, causent une véritable explosion. 

C’est le cas de la « malheureuse » phrase que Jacques Parizeau a lancée à la fin de la soirée référendaire le 30 octobre 1995. 

Vingt-cinq ans plus tard, on en ressent encore les secousses.

LE MOT EN « E »

Ce soir-là, je couvrais le camp du Oui pour Télé-Québec. J’étais à quelques mètres de monsieur Parizeau lorsqu’il a dit que les souverainistes avaient mordu la poussière à cause de « l’argent » et du « vote ethnique ». 

C’est comme si quelqu’un avait tourné une vanne invisible et qu’il avait changé instantanément la pression atmosphérique au Palais des Congrès. 

Il y a eu comme un grand « oumph ». Je vous le jure, je n’exagère pas, j’ai tout de suite senti une vague glaciale déferler sur la foule. 

On se regardait, et on se disait : « Hein ? Ai-je vraiment entendu ce que j’ai entendu ? »

Je ne suis pas politologue et n’ai aucun don de voyance, mais je me suis dit : « Oh oh, monsieur Parizeau vient de porter un coup fatal au mouvement souverainiste... Il vient de donner un cadeau inestimable aux gens qui ne cessent d’associer le nationalisme québécois au racisme et à l’intolérance. Ces gens-là vont traire cette vache pendant des années... »

Je n’avais pas tort.

Un quart de siècle plus tard, les mots de monsieur Parizeau résonnent encore dans certains milieux. 

« Les nationalistes québécois ? Une bande de fachos qui utilisent les immigrants comme boucs émissaires... »

N’est-ce pas ce qu’on entend, ces temps-ci ? Le nationalisme québécois a tellement mauvaise presse auprès des Canadiens anglais que même les antiracistes qui luttent contre le « mot en N » n’hésitent pas à nous traiter de « fucking frogs » !

UN MOT RADIOACTIF

Certes, monsieur Parizeau n’avait pas tout à fait tort.

Quand des porte-parole de telle et telle communauté culturelle disent à leurs ouailles qu’elles doivent voter Non en masse, ça ressemble effectivement à un vote « ethnique ». 

Comme lorsque des journaux grecs ont dit à leurs lecteurs grecs de voter pour une candidate grecque (Emmanuella Lambropoulos) lors des élections fédérales de 2017. 

Mais lancer ça le soir même de la défaite du Oui ? Alors que les nerfs des gens étaient à vif, vu le résultat hyper serré (50,58 % contre 49,42 %) ? 

Ça a pris presque 20 ans pour qu’on recommence à parler d’identité, au Québec. Pendant 20 ans, ce mot était radioactif, même – et surtout – au PQ ! Comment expliquer l’élection d’André Boisclair à la chefferie du parti, sinon ?

« Regardez comme nous avons changé, nous avons élu un citoyen du monde ! Et nous parlons maintenant de nationalisme civique ! » On avait tellement vidé le projet souverainiste de sa substance qu’on était rendu à dire qu’il fallait se séparer pour payer moins d’impôts !

UN FORT PRIX

Heureusement, les souverainistes (enfin, pas ceux de QS) ne ressentent plus le besoin de porter des gants et un masque lorsqu’ils parlent d’identité. 

Mais les mots lancés par monsieur Parizeau ce soir-là nous ont coûté cher. 

Presque aussi cher que tout l’argent dépensé par les fédéralistes canadiens-anglais pour financer illégalement le camp du Non – comme l’a si bien dénoncé monsieur Parizeau.

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