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Blocus ferroviaires: vers une pénurie de bois d’œuvre?

La poursuite de l’actuel blocus ferroviaire risque de donner un dur coup à l’ensemble des commerces et professionnels de l’industrie de la construction de toutes les régions du Québec. 

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« Ce qui se passe a des conséquences absolument majeures pour notre industrie », a confirmé mardi au Journal le président de l’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction (AQMAT), Richard Darveau. 

Si le conflit devait perdurer et continuer de paralyser le réseau ferroviaire comme il le fait depuis maintenant trois semaines, ce dernier soutient que c’est « toute l’industrie de la construction, et par ricochet celle de la quincaillerie, qui écoperait ». 

Forêts de l’Ouest 

Au-delà des produits attendus d’Asie et paralysés au port de Vancouver sans possibilité de voir les tablettes des détaillants, c’est l’incapacité des grands distributeurs d’acheminer le bois d’œuvre provenant des forêts de l’Ouest qui risque de faire le plus mal.  

Pourquoi ? Parce que les planches de contreplaqué et les madriers de cèdre, entre autres, dont se servent majoritairement les entrepreneurs pour construire nos maisons, toitures et terrasses, proviennent des scieries de Colombie-Britannique. 

Bien que la situation ne soit pas encore catastrophique, de grands détaillants comme les RONA, Lowe’s et Home Depot commenceraient déjà à ressentir les effets du blocus. On ne parle pas encore de rupture de stock, mais on s’en inquiète.  

Des négociants comptent des dizaines de conteneurs bloqués sur les rails, explique M. Darveau. « J’en connais un qui compte à lui seul 20 wagons emplis de bois. Pensez-y ; c’est l’équivalent de 60 camions de marchandises. »  

Or, sans ce bois d’œuvre, essentiel aux travaux de construction, c’est toute l’industrie qui s’en trouverait paralysée à son tour. Le règlement rapide de ce conflit est d’autant important, insiste M. Darveau, que 50 % du volume d’affaires de l’industrie se fait entre le 15 avril et le 15 juin. « C’est notre Noël à nous. Après, il est trop tard pour se rattraper. » 

Un blocus ferroviaire qui pourrait faire très mal