Canada

Des locataires sans appartement paniquent

Des locataires déjà angoissés de devoir trouver un appartement en pleine crise du logement sont d’autant plus stressés maintenant que les visites sont gelées. 

« C’est l’enfer. On ne sait pas ce qui va se passer. Il y a des gens comme moi qui sont forcés de déménager », dit Marisol Simard, 38 ans.  

Le Journal a reçu une quarantaine de témoignages de gens dont le déménagement est bouleversé par la paralysie actuelle.  

La crise sanitaire risque d’« exacerber la crise du logement » qui existait déjà à Montréal, craint Philippe Girouard, porte-parole du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec. 

Les déménageurs peuvent continuer d’offrir des services, mais le premier ministre François Legault a affirmé mardi que les visites de logements devaient être mises sur pause.  

Prix en hausse, moins de revenus 

« Mais si la crise dure deux mois, je vais faire quoi ? » se demande Mme Simard.  

Son bail se termine en juillet. Le duplex où elle habite dans l’arrondissement de Verdun a récemment été vendu et les nouveaux propriétaires l’évincent pour y loger un membre de leur famille.  

Depuis novembre, elle cherche, mais ne trouve pas. « Le prix des logements, ça n’a juste pas de bon sens. Et je n’irai pas habiter dans un trou. »  

Pour ajouter une couche de stress, ses heures au boulot ont été réduites depuis le début de la pandémie puisqu’elle travaille dans le domaine du voyage. Elle se retrouve donc à chercher un logement dans un contexte où les prix ont augmenté, mais ses revenus, eux, ont diminué.  

« Il y a des personnes âgées qui ont reçu un avis d’augmentation de loyer. Ils veulent le contester, mais ne peuvent pas sortir de chez eux pour l’envoyer par courrier recommandé », illustre Patricia Vianney, du Projet d’organisation populaire, d’information et de regroupement, un comité logement du sud-ouest de la métropole.  

« Effet domino » 

Pendant ce temps, les familles qui vivent dans des logements insalubres ou trop petits hésitent à signifier leur intention de partir, craignant de ne rien trouver d’autre.  

C’est pourquoi le Front d’action populaire en réaménagement urbain demande à ce que les locataires aient un délai supplémentaire pour répondre à leur avis de renouvellement, et même pour prolonger les baux.  

« Il faut éviter l’effet domino », où un nouveau locataire en tasse un autre qui, lui, ne peut se trouver d’appartement en raison de tous les gels, explique la porte-parole Véronique Laflamme.  

De nombreux locataires ne savent même pas s’ils pourront payer leur loyer le mercredi 1er avril. François Legault s’est donc adressé aux propriétaires mercredi pour leur demander d’être « compréhensifs ».  

Ceux-ci ont déjà tendance à être flexibles avec les locataires qui vivent une séparation ou une perte d’emploi, par exemple, dit Hans Brouillette, de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec.  

Mais par la suite, les loyers devront être payés, ajoute-t-il. Certains proprios ont eux-mêmes perdu leur emploi.  

« Ce serait épouvantable de les faire payer pour cette crise-là. » 

« Les gens pleuraient au téléphone » 

Pierre-olivier Cyr, Déménageur

Photo courtoisie

Pierre-olivier Cyr, Déménageur

Des déménageurs qui ont cru pendant quelques heures devoir cesser leurs activités ont reçu de plein fouet la détresse de clients craignant de « se retrouver à la rue ».  

Avant de savoir que les déménageurs feraient partie de la liste des services essentiels diffusée lundi par le gouvernement du Québec, le Clan Panneton avait commencé à téléphoner à ses clients pour leur annoncer sa fermeture temporaire.  

« Il y en a qui nous envoyaient chier, carrément. Un client sur deux pleurait au téléphone », raconte le propriétaire Pierre-Olivier Cyr.  

Certains ont plutôt répondu : « Laissez faire, je vais me déménager moi-même », ou ont dit avoir trouvé des « gars pas chers en dessous de la table », relate-t-il.  

Or, le risque de blessures est « énorme » pour les gens qui s’improvisent déménageurs, insiste M. Cyr. C’est pourquoi considérer cette industrie comme essentielle est une bonne décision de santé publique, croit-il. 

« Sinon, on en aurait eu en tabarouette des pieds cassés et des foulures de jambes qui se retrouvent à l’hôpital », avance M. Cyr.  

Camions désinfectés 

De plus, les protocoles sanitaires des déménageurs amateurs peuvent laisser à désirer en ces temps de pandémie, rappelle-t-il.  

Par exemple, son entreprise désinfecte tous les camions entre chaque déménagement et les employés posent les mêmes questions que le CLSC aux clients sur leur risque d’être contaminés, quitte à refuser de procéder, explique M. Cyr.  

Au ralenti 

Pour l’instant, son industrie roule tellement au ralenti qu’il fonctionne à perte. Et ce, même si les citoyens ne sont plus censés se rassembler pour offrir leurs bras à un ami qui déménage, remarque-t-il.  

Or, comme il n’y a presque plus de trafic, les clients paient moins cher pour le temps de déplacement.  

« Sincèrement, c’est le temps parfait pour déménager. » 

Car « quand ça va débloquer, ça va débloquer », avertit-il pour illustrer le goulot d’étranglement qui risque de se produire cet été.  

Pas de frigo 

Cédric Moula

Photo courtoisie

Cédric Moula

«Tout ce qui d’habitude est normal, maintenant c’est difficile», dit Cédric Moula, 41 ans, de Montréal. 

Ce père de deux enfants était censé déménager cette fin de semaine, mais n’a plus de nouvelles de la compagnie de location de camion avait qui il avait déjà réservé. «D’autres me disent qu’ils ne savent pas s’ils pourront s’engager pour cette fin de semaine.» 

En plus de ça, les magasins d’électroménagers et de meubles sont fermés, ajoute-t-il. «Je vais faire comment pour cuisiner?» 

« C’est mort sur Kijiji » 

Mélanie Tremblay

Photo courtoisie

Mélanie Tremblay

« Je panique solide », témoigne Mélanie Tremblay, 39 ans et mère monoparentale d’un garçon de 12 ans, qui doit quitter son logis le 1er juillet. 

Si certains locateurs ont trouvé le moyen de faire visiter des appartements de façon virtuelle, la majeure partie du système des locations semble être sur pause. 

« Sur Kijiji [un site internet de petites annonces], il n’y a plus rien qui sort [en matière d’annonces de logements à louer]. C’est vraiment mort », s’inquiète Mme Tremblay, qui réside dans l’arrondissement de LaSalle, à Montréal. 

Elle est d’autant plus inquiète qu’elle a un petit chien et que beaucoup de propriétaires refusent les animaux.   

Chantiers arrêtés 

Un couple de Granby, comme plusieurs autres propriétaires, se trouve devant un « casse-tête » en raison de l’arrêt des travaux sur les chantiers de construction résidentiels. 

Anthony Ross, 24 ans, ne pourra pas prendre possession de sa nouvelle maison comme c’était prévu, le 29 mai. Or, il perd sa résidence actuelle le 1er juin. 

Où ira-t-il avec sa conjointe, son chien et son chat durant la période de battement ? se demande-t-il. 

« Et mes meubles, je les mets où ? Je loue un entrepôt ? C’est comme faire deux déménagements. » 

Des comités logement craignent d’ailleurs que le gel des chantiers n’accentue la crise du logement en réduisant le nombre d’appartements prêts cet été. 

Santé fragile 

Une femme de 22 ans craint de se retrouver à la rue parce qu’elle voulait se rapprocher de l’hôpital où elle reçoit des traitements pour la fibrose kystique. 

« Mon logement [actuel] est déjà loué pour le 1er juin et moi je n’ai pas trouvé d’appartement », dit celle qui a préféré taire son nom. 

Comme sa santé est fragile, elle est encore plus pénalisée, car elle a cessé de visiter des logements il y a trois semaines, bien avant que le premier ministre n’envoie le mot d’ordre à tous de rester à la maison. 

Déménager dans une autre région 

La situation est complexe pour Claude Radi, 55 ans, qui déménage de Sainte-Agathe-des-Monts, dans les Laurentides, à Huntingdon, en Montérégie, à quelque 160 km. 

Le plan initial était que son beau-père visite les logements à sa place. « Mais il a 83 ans. On ne va pas lui demander ça. » 

Or, des visites ont déjà eu lieu dans son appartement actuel.  

« On vit tous avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête », conclut-il.   

Yoyo autour des notaires 

D’abord omis de la liste des services essentiels fournie par le gouvernement lundi, les notaires ont finalement été inscrits comme professionnels qui doivent poursuivre leur travail pendant la mise en pause de trois semaines. 

De nombreux propriétaires ont donc eu peur de ne pas pouvoir finaliser la vente ou l’achat de leur maison. 

«On avait l’impression d’être dans une tempête de neige où l’on ne voit rien», a lâché le président de la Chambre des notaires du Québec, Me François Bibeau. 

-Nicolas Saillant du Journal de Québec

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