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Des réfugiés au coronavirus, les défis d’un ministre Vert en Autriche

Plébiscité pour la gestion de la pandémie en Autriche, le ministre écologiste de la Santé Rudolf Anschober se prépare à la seconde manche: anticiper « le défi majeur » d’un retour en force du coronavirus à l’automne et conforter la place des Verts au gouvernement.

À 59 ans, cet ancien maître d’école au long passé d’élu local jouit du taux de confiance le plus élevé parmi les personnalités politiques autrichiennes, étroitement lié au faible nombre de victimes du Covid-19 dans le pays: 706 décès pour moins de 20 000 cas à ce jour.

Mais le ministre assure, dans un entretien à l’AFP, garder la tête froide. « C’est maintenant que vient la phase difficile de stabilisation (...) qui est une période de préparation pour l’automne, l’autre défi majeur », car la fin des beaux jours va ramener la population dans des espaces fermés, plus propices à la diffusion du virus, selon les virologues.

Désigné ministre le plus populaire par le récent sondage d’un tabloïd, détrônant au passage le chancelier conservateur Sebastian Kurz avec lequel les écologistes sont en coalition, « Rudi » assure avoir été “surpris” par la bonne entente gouvernementale au plus fort de l’épidémie.

« Apparemment, face à la crise les gens font corps », dit l’ancien député qui s’était déjà frotté à la cogestion avec les conservateurs dans sa province de Haute-Autriche.

Succéder à l’extrême droite

L’attelage droite-Verts a été aspiré par la crise alors qu’il venait de s’installer au pouvoir, en janvier.

« C’est tout un défi », reconnaît M. Anschober, que d’imposer des restrictions à la liberté de mouvement lorsque l’on est membre de la formation politique la plus à cheval sur les droits fondamentaux. 

Cette bonne entente n’a rien d’une évidence dans un pays souvent tenté par l’extrême droite, dont des représentants ont gouverné avec Sebastian Kurz entre décembre 2017 et mai 2019 avant d’être emportés par un scandale de corruption qui a débouché sur des législatives anticipées.

Six mois plus tard, les Verts occupent quatre ministères, dont la justice. Ils disent ne rien avoir renié de leurs principes alors que Rudolf Anschober, également en charge des Affaires sociales, s’était surtout fait connaître ces dernières années pour son engagement auprès des demandeurs d’asile. 

« Je ne suis du genre à laisser mes convictions au vestiaire pour intégrer le gouvernement », assure-t-il. « Mais je dois dire ouvertement qu’il est difficile en ce moment » de lutter pour les réfugiés, alors que les électeurs sont largement préoccupés par l’épidémie.

Éviter le burn-out

Pour prévenir une deuxième vague aussi redoutée au niveau de la santé que de l’économie, l’Autriche mise sur un plan de détection à grande échelle des contaminations, avec une capacité de 30 000 tests par semaine dans ce pays de 8,9 millions d’habitants.

Priorité à la détection des groupes les plus exposés: personnel médical, auxiliaires de vie, travailleurs des abattoirs. « Notre objectif est de regarder dans tous les coins pour ne rien oublier et être le plus possible dans l’anticipation », énonce le ministre.

« Le gros souci de ces dernières semaines, c’est que la population baisse la garde », note-t-il les yeux rivés sur Singapour ou encore Israël, jusqu’alors cité en exemple pour sa maîtrise de la pandémie, qui connaît une forte accélération des nouveaux cas.

Comme dans ce pays, Vienne n’exclut donc pas le rétablissement des mesures de restriction et développe un système de « feux tricolores »: si les signaux passent à l’orange ou au rouge, les autorités adopteront des politiques ciblées localement et basées sur les recommandations des experts. 

Se sachant engagé dans une course de fond, le ministre qui est l’un des rares élus à évoquer ouvertement le burn-out l’ayant frappé en 2012 et tenu trois mois éloigné des affaires, s’efforce de se ménager des balades au bord du canal du Danube avec son chien et sans son téléphone portable. 

« Gérer une pandémie sans erreur est impossible à mes yeux », confie Rudolf Anschober, ajoutant qu’il est heureux qu’une commission se penche sur la question du foyer épidémique d’Ischgl, du nom d’une station de ski du Tyrol où des milliers de vacanciers ont été infectés cet hiver.

Le faux-pas a écorné la réputation de bonne gestion de l’Autriche. Une commission d’enquête a été mise en place pour déceler des fautes éventuelles, niées par les autorités locales qui croulent sous les plaintes des touristes.

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