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Des salariés de Transat ont peur d’être «sacrifiés» par Air Canada

Des employés de Transat craignent de plus en plus de faire les frais de la vente du voyagiste à Air Canada.

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« Je ne suis pas tout à fait contre la vente à Air Canada, mais j’ai peur que dans le contexte pandémique Transat et ses employés soient sacrifiés », confie au Journal, sous le couvert de l’anonymat, un pilote de l’entreprise québécoise.

« Ça serait de valeur que ça ferme, ajoute-t-il. C’est un joyau. »

Licenciements

Le mois dernier, Transat a évoqué la nécessité de licencier 2000 des 5100 salariés qu’elle employait avant la pandémie. On a ensuite appris qu’Air Canada avait demandé par écrit à Transat d’effectuer ces coupes avant la clôture de la transaction, maintenant prévue en février.

Des employés de Transat redoutent maintenant que ces emplois ne reviennent jamais, même après la pandémie.

« Bien sûr qu’on a des craintes, mais on a confiance en notre employeur », souffle une agente de bord qui a elle aussi requis l’anonymat. Transat interdit à ses employés de parler aux médias.

« Ce dont j’ai peur, c’est de l’attitude d’Air Canada, un coup que Transat va avoir été achetée, poursuit le pilote cité plus haut. On est plusieurs à ne pas trouver ça drôle. [...] Il n’y a pas grand monde qui pense que c’est du monde de bonne foi. »

Selon lui, le refus d’Ottawa de venir en aide au secteur aérien, du moins jusqu’ici, a fragilisé Transat.

« On a le sang bleu et un cœur qui est tatoué Transat... J’ai toujours peur que le gouvernement fédéral, avec son inefficacité, nous sacrifie pour faire survivre Air Canada », lâche-t-il.

Le pilote n’est pas plus tendre avec certains dirigeants de Transat.

« Tout ce qu’ils veulent, c’est garder Transat debout assez longtemps pour qu’Air Canada puisse l’acheter. Ils s’en foutent si on se fait mettre dehors ou pas. C’est comme ça que ça marche aujourd’hui, les acquisitions d’entreprises. »

Les pilotes de Transat, dont la convention collective est moins généreuse que celle de leurs homologues d’Air Canada, voient avec une certaine « jalousie » leurs rivaux continuer à être payés – même s’ils sont cloués au sol – alors qu’eux doivent se contenter de la subvention salariale, qui ne couvre qu’une partie de leur rémunération.

Négociations houleuses en vue

Mais surtout, les pilotes, agents de bord et mécaniciens de Transat angoissent à propos des négociations syndicales à venir concernant leur intégration à Air Canada. 

« Ça avait pris des années pour faire ce travail chez les pilotes après l’achat de Canadian Airlines par Air Canada » en 2001, rappelle John Gradek, un expert de l’industrie aérienne.

Même si la transaction n’a pas encore été conclue, les employés de Transat sentent déjà fortement la présence d’Air Canada. Transat doit faire approuver par Air Canada tout achat important d’équipement et a dû obtenir son feu vert pour prolonger d’un an la convention collective de ses pilotes, au printemps.

Un autre pilote de Transat s’estime toutefois chanceux qu’Air Canada n’ait pas choisi de laisser tomber la transaction.

« On voit un peu ce deal-là comme une bouée de sauvetage, dit-il. C’est plate à dire, mais qu’est-ce qui serait arrivé de Transat en l’absence d’une aide gouvernementale, si Air Canada avait retiré son offre ? »

Vente de Transat à Air Canada  

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