Canada

Éloge de la bêtise

On dira ce qu’on voudra, rien n’est aussi impressionnant dans ce bas monde que la bêtise.

En effet, alors que l’intelligence connaît des limites (il faut s’en remettre aux ordinateurs et à l’intelligence artificielle pour résoudre des problèmes extrêmement complexes, le cerveau humain ne pouvant seul suffire à la tâche), la bêtise, elle, est sans borne, infinie. 

LE GRAND CANYON

Avez-vous déjà conversé avec une personne vraiment sotte ?

Ça coupe le souffle. 

C’est comme si vous vous trouviez soudainement devant le Grand Canyon. Vous avez beau vous pencher, vous ne voyez pas le fond. 

La bêtise s’étale, là, devant vous, occupant toute la place. 

Vous avez beau mettre votre main en visière au-dessus de vos yeux et bouger la tête de droite à gauche puis de gauche à droite, à la recherche d’une idée, que dis-je !, d’une parcelle d’idée, qui pointerait par miracle telle une roche au milieu d’un lac, vous ne voyez rien d’autre.

Elle remplit littéralement l’horizon. 

Comme un désert.

C’est spectaculaire. Presque une expérience mystique.

Devant une telle étendue de bêtise et d’ignorance, devant un tel océan de connerie, devant un tel étalage de vide, un tel bloc d’abîme, pour reprendre la belle expression d’Annie Le Brun, même la personne la plus intelligente devient humble. 

On se dit : « Mais comment fait-elle ? Comment la personne située en face de moi peut être aussi stupide ? Pourquoi mon intelligence n’a pas cette force, cette intensité, cette assurance ?

« Je connais des gens hyper intelligents qui doutent toujours de la valeur de leur raisonnement, et qui parlent comme s’ils marchaient – sur le bout des pieds, avec prudence. 

« Or, cette personne est d’une connerie abyssale, et elle pérore comme si elle était en possession de toute la sagesse, de toute la mémoire du monde. Pourquoi cette injustice ? » 

L’ANNÉE DES GRANDS CRUS

Ce qui est extraordinaire, avec notre époque, est qu’avant, lorsqu’on voulait – par esprit d’aventure ou simple envie d’absolu – se retrouver face à face avec la bêtise, fallait chercher.

Les sots avaient honte de leur sottise et se la fermaient. 

Et puisqu’une personne qui se tait paraît toujours plus intelligente qu’une personne qui parle, on ne savait pas qui était qui.

Or, aujourd’hui, maintenant que la honte est un sentiment en voie de disparition (comme l’honneur, le sens du devoir et le patriotisme), les cons sont aussi faciles à trouver que des boutons d’acné sur la face d’un ado. 

Car le con ne se cache plus, non ! Il s’expose ! Il s’exprime ! Il est fier de sa connerie ! Il la porte à sa boutonnière comme s’il s’agissait d’une décoration officielle !

Et pas seulement ça, mais les cons se regroupent ! Ils se reconnaissent entre eux ! Ils tiennent salon !

Tenez, cette semaine, j’ai lu dans deux textes différents que les Québécois avaient un passé génocidaire et qu’ils étaient passés d’opprimés à oppresseurs !

Lorsque j’ai lu ces lignes, je me sentais comme Thierry Lhermitte quand il tombe sur Jacques Villeret dans le film-culte de Francis Veber. 

J’avais envie d’appeler tous mes amis et de leur dire : « J’ai trouvé une tale ! Il y en a plein ! Venez, vite ! »

Non, vraiment, pour ce qui est de la bêtise, nous vivons une époque magnifique.

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