Canada

Et pourtant, j’y crois encore

Pour moi, l’indépendance du Québec n’est pas un rêve de jeunesse. C’est plutôt l’horizon où je voyais ma vie adulte se dérouler qui ne fait que s’éloigner. 

J’avais 13 ans, lors du dernier référendum. Je n’ai donc pu voter, mais je me passionnais déjà de politique, ce qui ne faisait pas de moi l’élève le plus populaire de l’école secondaire.

Pendant tout le cycle de l’après-Meech, mon défunt père m’avait traîné dans tout ce qu’il y avait d’assemblées et de brunchs militants du comté du Lac-Saint-Jean, où on pouvait entendre les grands ténors du temps chanter l’imminence du pays. Dans le fief du fondateur du Bloc québécois, Lucien Bouchard, on sentait toute l’effervescence.

Je n’oublierai jamais cette grande réunion enfiévrée au cours de l’été préréférendaire, dans la rotonde du Complexe Jacques Gagnon d’Alma remplie à ras bord de souverainistes transis venus entendre Lucien Bouchard, Jacques Parizeau et Mario Dumont. Sur le pas de la porte du bureau d’avocat de mon père, qui se trouvait dans l’édifice, j’ai vu le premier ministre du Québec laisser le député fédéral local prendre la parole en dernier, signe annonciateur d’une passation des pouvoirs qui viendrait un peu plus tard.

Ça reste un des plus beaux souvenirs de ma vie. Un moment avec mon père. Un regard sur mon futur pays.

L’échéance s’est fanée 

Le soir du référendum, mon père est rentré à la maison les deux bras dans les airs. « 49,4 % ! C’est presque faite ! »

De fait, quand j’ai commencé à m’impliquer au Parti québécois, dès que j’ai atteint mes 18 ans, comme c’était la chose la plus naturelle à faire, j’ai rencontré des militants pour qui le prochain référendum était imminent. 

Puis, l’échéance s’est éloignée. J’étais président du Comité national des jeunes du PQ lorsque Bernard Landry, qui avait pourtant promis la souveraineté dans 1000 jours, est parti. Nous avons souligné les 10 ans du dernier rendez-vous en 2005, dans un CEPSUM où l’ambiance était tendue par une course au leadership qui n’amènerait rien de bon. Les divisions grandissantes du téléroman péquiste n’aideraient pas la crédibilité des porteurs de l’idée d’indépendance.

À partir de ce moment, j’ai développé une première conviction sur l’état du projet indépendantiste en cette ère post-référendaire : les souverainistes n’ont pas compris que 1995 était une défaite, et la conviction que le référendum avait été volé n’a pas aidé. En cherchant à trouver quelques décimales pour atteindre 50 % l’an prochain, ils n’ont pas compris qu’ils reculaient en fait et qu’ils auraient plutôt dû viser 60 % dans 10 ans.

L’amour 

J’étais le rédacteur de discours de Pauline Marois en 2010, à partir du moment où chaque jour qui passait en était un de plus que ceux qui avaient séparé les deux premiers référendums. L’échéance ne s’éloignait plus : elle était devenue diaphane.

Étant moi-même militant, je les entendais bien, ces compagnons qui battaient du pied, réclamant plus de clarté dans la feuille de route de la cheffe du Parti québécois. Inversement, je voyais les Québécois qui détournaient le regard dès que la première ministre leur parlait d’indépendance. 

Le problème n’était pas que nous n’en parlions pas assez. Le problème, c’est que les gens changeaient de poste dès qu’on le faisait.

De là, j’ai acquis une seconde conviction par rapport à l’état actuel du mouvement. Tout projet d’indépendance nationale doit s’appuyer en premier lieu sur un amour inconditionnel pour le peuple qu’il vise à libérer. Et si l’on n’entend pas ce que nous dit l’objet de notre amour, on l’aime mal.

Déjà un pays 

Quand plusieurs de mes anciens collègues du PQ se sont mis à rejoindre la CAQ ou à voter Québec Solidaire, je ne les ai pas traités de traîtres ou de transfuges. Je pense qu’on a le droit de s’investir dans la vie publique pour autre chose que des affaires qui ne sont pas parties pour arriver.

Je me définis néanmoins encore comme un indépendantiste. Je pense que le Québec serait mieux s’il était un pays. Je pense en fait qu’il en est déjà un, d’un point de vue social et culturel, mais qu’il refuse de s’assumer comme tel. Il suffirait de si peu. 

Reste que pour se voir comme un pays, il faut croire en soi-même. Je ne permettrai jamais à quelqu’un d’affirmer devant moi que c’est arrivé de manière intentionnelle, mais que le Québec soit en train de se casser la gueule dans sa gestion de la pandémie contribue très fort à nous convaincre que nous sommes des pas bons.

Pourtant, c’est justement pour ça que je voudrais que nous soyons indépendants, moi. Pour que les Québécois portent seuls la responsabilité de leurs succès et de leurs échecs. J’y crois encore profondément.

Aussi, on me demande souvent pourquoi je ne suis plus en politique. À chaque changement de chef au PQ, on me demande pourquoi je ne vais pas aider les souverainistes à se relancer et à réaliser leur rêve.

Ma réponse est toujours la même. Si je savais comment y arriver, je ne serais jamais parti.

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