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France : au procès des attentats du 13 novembre 2015, la parole des rescapés britanniques

L'un a conclu par «L'amour vaincra», une autre a lancé «Fuck you» aux accusés : au procès des attentats jihadistes du 13 novembre 2015 à Paris, des rescapés irlandais et britanniques de la tuerie du Bataclan se sont succédés vendredi à la barre.

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Souffrant de douleurs chroniques à cause d'un «pied complètement détruit» par une rafale de kalachnikov dans la salle de concert du Bataclan, se déplaçant avec une canne, David, un Irlandais à la barbe rousse, explique que lui et sa compagne Katie étaient «heureux» d'aller au concert du groupe californien Eagles of Death Metal.

Mais le couple réalise soudain que les bruits secs dans la salle sont des tirs d'armes automatiques. «On s'est dit qu'on s'aimait, on s'est dit qu'on allait mourir», témoigne David.

Il tente de protéger Katie en faisant barrière avec son corps. Une balle lui fracasse le pied. «Les rafales se sont transformées en coup par coup. Il semblait que les terroristes exécutaient les personnes une à une. Je sentais l'odeur de la poudre et j'entendais les gémissements».

«Nous avons vu le pire et le meilleur de l'humanité ce jour-là, les personnes qui nous ont aidés, les secours, les médecins... Les terroristes n'ont pas gagné ce jour-là», affirme David, qui conclut que «l'amour vaincra», mais «n'arrive pas à enlever de (son) esprit les images de corps» jonchant le sol.

Un rescapé britannique, Marc, se souvient d'avoir croisé le regard d'un assaillant. «J'ai vu ses yeux, il n'y avait rien, pas d'humanité».

Marc se souvient d'un autre regard, celui de sa voisine. «Elle avait les yeux bleus, pleins de peur, de crainte, de douleur. Tout d'un coup, elle est devenue blanche. Je pense qu'elle est morte à ce moment-là. Tout ce que j'ai pu voir, c'est ses yeux», dit-il, incapable de retenir ses sanglots.

Autres survivants, Annie et Max racontent à leur tour leur nuit d'angoisse. À la fin de son récit, Annie se tourne vers le box : «J'aimerais dire un dernier mot aux accusés. J'aimerais leur dire : Fuck You !»

 Un peu plus tard, son mari Max confiera s'être fait tatouer trois mots en français sur la poitrine : «Liberté, égalité, fraternité», la devise de la République française.

Ces témoignages déchirants ont été perturbés par l'énervement de plusieurs accusés, obligeant le président à suspendre brièvement l'audience.

Les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et en banlieue, revendiqués par le groupe jihadiste État islamique, ont fait 130 morts.