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Canada

Le Canada, à la case départ

Selon Guillaume St-Pierre, chef du bureau parlementaire à Ottawa, il ne faut pas se surprendre si nous ignorons personnellement la tournée électorale du chef du NPD, Jagmeet Singh, car nous ne sommes pas seuls dans cet état. Il a évidemment raison. Toutefois, les motifs dépassent la crise d’identité du NPD. Au moment où l’on ne ressent aucune frénésie dans la population pour le prochain scrutin fédéral, c’est peut-être même le Canada qui est en pleine crise d’identité.

Bien que les analystes pourront trouver de multiples explications à ce manque d’engouement pour la prochaine élection fédérale, cette indifférence reflète particulièrement l’absence de volonté de changement. En 2015, tout avait été mis en œuvre pour se débarrasser de Stephen Harper et ses conservateurs et le passage des libéraux devant le NPD correspondait à l’assurance que cette volonté de changement se réalise. Nous avons pu observer un phénomène semblable à la dernière élection provinciale québécoise alors que la population voulait tellement le changement qu’elle a fait table rase des vieux partis. 

Le dernier Conseil de la fédération a fait montre des dissensions qui peuvent exister au sein du pays en relation avec le développement économique et l’exploitation des énergies fossiles. Le Québec faisait cavalier seul contre l’Ouest et l’Ontario qui jouissaient de l’appui des Maritimes pour un corridor énergétique traversant son territoire. Cependant, cette unité à l’Ouest est fragilisée par le litige entre la Colombie-Britannique et l’Alberta sur le pipeline Trans Mountain. Si le NPD est en quête de sens, le Canada paraît avoir encore plus de difficultés à trouver le sien à l’ère des changements climatiques et d’une mutation économique rendue nécessaire par la dégradation de la planète.

À défaut d’un leader charismatique ou de partis capables de faire la synthèse des aspirations canadiennes, on peut être porté à croire que l’élection canadienne se fera dans une volonté contraire à celle des derniers scrutins fédéral et provincial. La tendance sera à ne pas vouloir de changement par crainte de se ramasser avec pire ou de fragiliser encore plus l’unité canadienne. 

L’économie se porte plutôt bien, la tempête SNC Lavalin s’estompe et le premier ministre Trudeau devient moins gaffeur. En face de lui, Andrew Scheer et Jagmeet Singh n’apparaissent guère plus brillants pour soulever envie et liesse dans l’électorat pour les rejoindre. Quant aux partis Vert et Bloc québécois, ils continuent de demeurer des formations marginales qui peuvent nuire ou faire contrepoids au parti au pouvoir.

La pole position est occupée par les libéraux et leur chance de finir en tête ne s’amenuise pas en cette période estivale. En fait, c’est sur la queue du peloton que les incertitudes seront les plus manifestes alors que le Bloc tentera de consolider sa remontée en ne se laissant pas déborder par le parti Vert et en espérant voir le retour de ses électeurs qui l’avaient déserté vers le PC et surtout vers le NPD. 

Il semble que la lutte pour ne pas finir dernier s’avèrera la plus trépidante!

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