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Le gouverneur de New York, accusé de harcèlement sexuel, refuse de démissionner

NEW YORK | «Je ne démissionnerai pas»: le puissant gouverneur de l'État de New York, accusé de harcèlement sexuel, a exclu mercredi de jeter l'éponge, au moins tant que l'enquête ouverte sur ces allégations ne sera pas terminée.

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«Je n'ai pas été élu par des politiques, j'ai été élu par les habitants de l'État de New York, je ne démissionnerai pas», a déclaré Andrew Cuomo, l'un des plus influents gouverneurs américains, lors de sa première conférence de presse depuis que le scandale a éclaté mercredi dernier.

La voix parfois étranglée, le démocrate de 63 ans, qui dirige l'État de New York depuis 2011, a dit «s'excuser profondément» d'avoir blessé certaines femmes.

«Je ne savais pas du tout à l'époque que je mettais quiconque mal à l'aise. Jamais je n'ai voulu offenser quiconque, blesser quiconque, ou faire souffrir quiconque. Je me sens horriblement mal que ces personnes aient été blessées, aient souffert de ces interactions».

Mais face aux appels à démissionner qui sont allés crescendo ces derniers jours, y compris dans son camp démocrate, il a aussi estimé «n'avoir jamais rien fait dans (sa) carrière dont (il) ait à avoir honte». 

Il a appelé les New-Yorkais à «attendre pour se forger une opinion» les résultats de l'enquête sur ces allégations qui vient d'être lancée par la procureure de l'Etat de New York, à l'indépendance incontestée.

«J'ai été dans de telles situations trop souvent, où tout le monde a une opinion parce qu'il a lu telle ou telle chose, et soudain les faits font ressortir une situation différente», a ajouté M. Cuomo, lui-même ancien procureur.

Aucune date limite n'a été annoncée pour la fin de l'enquête. Certains estiment qu'elle pourrait durer des mois.

«Ma façon habituelle»

Le gouverneur a été mis en cause par trois femmes depuis mercredi dernier. 

Une ex-conseillère économique, Lindsey Boylan, 36 ans, a d'abord affirmé qu'il l'avait embrassée sur la bouche de façon non sollicitée et qu'il aurait suggéré qu'elle joue avec lui au «strip poker», quand elle travaillait avec lui entre 2015 et 2018.

Samedi, une autre ex-collaboratrice, Charlotte Bennett, 25 ans, a indiqué que le gouverneur lui avait fait des avances qui l'avaient mise «mal à l'aise» au printemps 2020. 

Et lundi, Anna Ruch, 33 ans, qui n'a jamais travaillé avec lui, a affirmé qu'il l'avait «choquée» en voulant l'embrasser contre son gré lors d'un mariage en 2019.

Une photo a été publiée montrant le gouverneur encadrant le visage de Mme Ruch avec ses mains.

«Vous trouverez des centaines de photos de moi en train d'embrasser les gens - des femmes, des hommes, des enfants. C'est ma façon habituelle de saluer les gens. Et d'ailleurs, c'était la façon qu'avait mon père de saluer les gens», a ajouté le fils du défunt gouverneur Mario Cuomo, qui enchaîna lui aussi trois mandats, avant d'échouer à se faire élire pour un quatrième en 1994.

Le scandale soulevé par ces accusations, survenu alors que M. Cuomo était déjà soupçonné d'avoir dissimulé le véritable nombre de morts du coronavirus dans les maisons de retraite new-yorkaises, a fait chuter le gouverneur du piédestal où il avait été placé au début de la pandémie.

Avec ses points de presse quotidiens, rationnels et rassurants, il avait, alors que New York était frappée de plein fouet par la pandémie au printemps 2020, acquis un statut de vedette nationale. Au point que certains le poussaient à rejoindre la course à la Maison-Blanche. 

Même s'il parvient à se maintenir au pouvoir, beaucoup d'analystes estiment désormais qu'il aura bien du mal à briguer un quatrième mandat. 

Preuve que son étoile a pâli, il devrait aussi être prochainement privé des pouvoirs spéciaux que le Parlement de l'État de New York lui avait accordés au début de la pandémie. Les parlementaires des deux chambres ont annoncé un accord en ce sens mardi.  

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