Canada

Le parti des Anglade

La cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, a résolument placé son parti du côté du renforcement de la protection de la langue française cette semaine. En appuyant sans chichis la motion de Simon Jolin-Barrette, en réclamant de l’action sur le front linguistique, elle amène le PLQ sur un terrain qu’il avait délaissé.

Le geste n’est pas banal. Madame Anglade sait qu’elle s’est fermé des portes. Elle sait qu’elle s’achète des débats houleux dans un avenir rapproché, elle sait qu’aller sur ce terrain nouveau comporte des risques. Elle donne un réel exemple de leadership : trancher sur les principes essentiels, poser les gestes courageux, oser.

Elle a conduit l’opération sans heurts dans son caucus. Pas de déclarations maladroites, pas de contradictions, un épisode réussi dans les circonstances. 

Le parti des Anglais

La politique est cruelle. Par son éloignement des préoccupations des francophones et la concentration de ses sièges en territoire allophone et anglophone, le PLQ s’est attiré le quolibet de « parti des Anglais ». Le leadership et les positions de la nouvelle cheffe forcent peut-être à changer cela pour « parti des Anglade » ?

Il faut dire que la pression était forte sur la cheffe libérale. D’abord l’avenir de son parti repose sur sa capacité de se rebrancher sur l’électorat francophone. Pour accomplir ceci, il faut bien un jour se camper fermement sur un enjeu fondamental pour les francophones. 

La pression vient même d’Ottawa. Le chef conservateur Erin O’Toole martèle son message sur la défense du français. Le Parti libéral du Canada reconnaît la fragilité de la langue française et la nécessité de la loi 101. Il aurait été périlleux pour le Parti libéral du Québec de se placer seul dans l’autre camp.

Loin d’être facile

Il faudrait se garder de voir dans la position prise par Dominique Anglade quelque chose de facile. Rappelons l’histoire. La dernière fois que le PLQ a fait le choix ferme de la défense du français, c’est en 1988 lorsque Robert Bourassa a recouru à la clause nonobstant pour imposer l’affichage en français, malgré un jugement de la Cour suprême.  

Les conséquences furent énormes : trois ministres ont démissionné et des milliers de militants ont quitté le PLQ. Un nouveau parti a été fondé par des anglophones outrés : le parti Égalité (je devrais dire le Equality party). Cet épisode douloureux laissa des cicatrices pendant des années.

Pour l’instant, madame Anglade fait des déclarations et approuve des motions d’ordre général. Soyons lucides : lorsqu’un véritable débat sur l’imposition du français aura lieu à propos d’un texte de loi déposé, des anglophones vont se faire entendre. Ils vont interpeller leurs députés, ils vont s’attendre à ce que le parti pour lequel ils ont voté prenne leur défense.

Dominique Anglade va alors se retrouver au cœur d’une tempête. Sa décision de se camper aujourd’hui témoigne de sa détermination à faire face à la musique.

Jusqu’à aujourd’hui, elle démontre qu’elle a l’étoffe d’une cheffe.

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