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Canada

Le ridicule des clichés

Lorsqu’il était à l’école secondaire, dans sa Beauce natale, Dayne Simard jouait au hockey et au football. Sa décision d’aller faire du théâtre a provoqué certaines réactions. Il avoue avoir eu peur, sur le coup, de se faire mettre à l’écart.

Le comédien, finissant de la cohorte 2016 du Conservatoire d’art dramatique du Québec, s’est inspiré de cet événement pour signer son premier texte intitulé BEEF.

À l’affiche à partir de mardi à Premier Acte, BEEF est une œuvre qui s’interroge sur la conception de la masculinité et des préconceptions « genrées ».

« Deux gars de mon équipe de football m’avaient demandé si je n’avais pas peur d’avoir l’air “fif” en faisant du théâtre. J’ai eu peur, sur le coup, de me faire mettre à l’écart. Si je les avais écoutés, je serais passé, aujourd’hui, à côté de ma vie », a-t-il laissé tomber lors d’un entretien.

Faire rire

BEEF raconte l’histoire de Michel, un homme de la ville qui débarque en région pour aller faire de l’agriculture bio.

« Il a une idée un peu romantique de la région. Il va découvrir une population qui est assez homogène, et comme il est différent il va rapidement subir les préjugés et se faire mettre à l’écart en raison de son manque de virilité », a raconté Dayne Simard, qui signe, avec BEEF, son premier texte.

La pièce a commencé à prendre forme lors de ses années au conservatoire.

Son but, au départ, indique-t-il, était de faire rire ses camarades de classe.

« Je n’avais pas un sujet en tête. C’était plus une situation. Le texte a évolué et j’ai réalisé, à un moment donné, de quoi ça parlait », a-t-il mentionné.

Être différent

Dayne Simard a constaté que ce qui le faisait rire pouvait aussi le fâcher.

« C’est quoi être un gars en 2019 ? Pourquoi c’est plus masculin un gars qui fait du barbecue qu’un gars qui lave la vaisselle ? Ça, c’est mâle, ça, c’est viril. Je m’interroge aussi sur l’effet que ça peut faire sur les jeunes hommes de vouloir ressembler à ces modèles-là. Il y a tellement de trucs qui sont ridicules que ça m’a donné le goût d’en rire et d’en faire une comédie », a-t-il mentionné.

Le comédien n’aime pas cette idée de mettre tout le monde dans des cases et de tous se ressembler.

« Je ne dis pas que tout est à jeter aux poubelles. J’ai l’impression que si tu as peur d’être différent et de te faire écœurer parce que tu ne réponds pas aux critères et aux standards, ça amène une perte d’authenticité. On va perdre du talent, et c’est juste dommage », a-t-il ajouté.

Pour sa première création, Dayne Simard a tendu une perche à l’auteure et comédienne Anne-Marie Olivier pour la mise en scène de BEEF.

« J’ai tenté ma chance. Je lui ai écrit, elle m’a répondu, on s’est parlé et j’ai vu que ça lui tentait. J’étais vraiment content. Le pire qui aurait pu arriver aurait été qu’elle refuse », a-t-il fait savoir.

BEEF est présentée du 22 janvier au 9 février au théâtre Premier Acte.

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