Canada

Le vernis «nationaliste» de la CAQ craque!

Message à ceux qui espèrent encore que le parti de François Legault puisse représenter et défendre les aspirations nationalistes des Québécois... La CAQ est un parti fédéraliste, point à la ligne. 

Une conversion fédéraliste franche et assumée

Soyons bien clairs, François Legault n’a pas «d’agenda caché» pro-indépendance. Pas plus qu’il n’est mû par quelque fibre outrageusement nationaliste. L’ex-ministre du Parti québécois s’est converti au fédéralisme. Pas juste un peu. 

Son but ultime depuis qu’il a fondé la CAQ? Devenir premier ministre. Voilà, c’est fait. Et après? Rester premier ministre un petit bout de temps. 

C’est drabe? En effet. Pas de grandes aspirations ou de vision transcendante. Gérer une province, parler d'économie, participer, sourire aux lèvres, à la Fédération canadienne et aux rencontres avec les Doug Ford de ce monde.

Plus gris que gris.

François Legault, résolument fédéraliste

Depuis 2012, François Legault a bien annoncé ses couleurs pourtant. 

Petit rappel non exhaustif: 

«Je pense que la souveraineté du Québec, ce n’est plus un projet moderne.»

- François Legault sur les ondes du 94,1 (radio de Sept-Îles), 16 août 2019.

«Je pense qu'il y a des avantages à rester dans le Canada, d'abord, 13 milliards de péréquation, ça commence bien. Ensuite, bien, il y a des programmes sociaux qui existent au Canada. J’accepte que le Québec soit dans le Canada.» 

- François Legault, TVA Nouvelles, 17 avril 2019.

«Le Québec, je pense, actuellement et puis pour de bon, c'est mieux de rester à l'intérieur du Canada.»

- François Legault, TVA Nouvelles, 17 avril 2019.

«Ce qu'ils [les Québécois] veulent, c'est faire progresser le Québec dans le Canada. C'est ça, l'ambition de la CAQ!»

- François Legault, La Presse, 8 novembre 2015.

«Je veux dire à nos concitoyens et à nos partenaires à travers le Canada que notre projet n'est pas la séparation, mais la promotion d'une version nouvelle et moderne du nationalisme québécois à l'intérieur du Canada.»

- François Legault, La Presse, 8 novembre 2015.

«Un Québec fort à l'intérieur du Canada.»

- François Legault, Le Droit, 2 septembre 2015.

«Ce n'est pas une question de 10 ans, 15 ans, 25 ans; jamais la CAQ, qui est une coalition, ne tiendra de référendum.» 

- François Legault, Ici Radio-Canada, 4 septembre 2014.

«Ce serait non.»

- François Legault quant à son vote à un possible référendum, 8 août 2012.

«On ne fera jamais la promotion de la souveraineté, parce que ce qu'on a besoin, c'est de rassembler les Québécois pour faire le ménage et relancer le Québec.»

- François Legault, Débat des chefs, 21 août 2018.

«Je vous promets que jamais le Québec ne se séparera du Canada. Il est temps de cesser de parler de ça, une fois pour toutes.»

- François Legault, West Island Blog, 28 juillet 2018.

«Nous demanderons des pouvoirs supplémentaires au gouvernement fédéral, mais il n’y a pas d’échéancier de prévu. Cela peut être dans le premier ou le deuxième mandat. Et soyez assuré que jamais, jamais un gouvernement de la CAQ ne tiendra un référendum sur la souveraineté du Québec. Donc c'est clair.»

- François Legault, Montreal Gazette, 1er août 2018.

Et on pourrait continuer ainsi. Pour s’assurer du vote fédéraliste traditionnellement acquis aux libéraux, François Legault a bel et bien rassemblé une «coalition», mais celle-ci a une inclinaison très claire; elle est fédéraliste. 

Les anciens péquistes qui ont joint cette coalition, dans presque tous les cas, se sont assurés d’être discrets par rapport à leurs convictions indépendantistes. Quand ils ne les reniaient pas, tout simplement. Tout pour ne pas nuire aux aspirations du boss

Comment ne pas rappeler l’attitude alléguée de la vice-première ministre (et ex-libérale) Geneviève Guilbault, tel que le relatait Denis Lessard dans La Presse le 19 septembre 2019: 

«Ajoutez l’image d’une jeune femme parfaite, capable de concilier son rôle de mère de famille et de vice-première ministre du Québec. Geneviève Guilbault est la collaboratrice idéale pour un premier ministre.

Mais une fois les portes du cabinet ministériel de la Sécurité publique refermées, c’est une autre histoire. Sautes d’humeur, hargne et rivalité à l’endroit des collègues, aversion viscérale vis-à-vis des "péquistes", des syndicats et même des Montréalais en général: Mme Guilbault a rendu la vie difficile à des collaborateurs que lui avait imposés François Legault.

Chef de cabinet à l’époque de Lucien Bouchard et de Bernard Landry, Alain Lavigne a plus d’une fois eu à affronter la tempête comme responsable du cabinet de la Sécurité publique. "Christ de péquiste!" lui aurait lancé sa patronne, une invective que cette ex-employée politique libérale utilisait fréquemment – de nombreux péquistes sont aux commandes dans les cabinets ministériels à Québec.»

J’ai discuté des relations de travail avec quelques anciens péquistes qui sont (ou étaient) à la CAQ. Une personne m’a résumé le tout en affirmant que «choisir de travailler à la CAQ, c’est assurément le choix de mettre toute conviction indépendantiste de côté.»

Le vernis «nationaliste» de la CAQ craque!

Depuis quelques jours, François Legault essuie beaucoup de critiques en lien avec sa posture prétendument «nationaliste». Il y a des limites à surfer sur l’adoption de la loi 21 comme étendard principal de cette posture.

La CAQ s’est fait traiter de tous les noms – de parti raciste et xénophobe souvent – pour avoir légiféré modestement dans le sens de la laïcité. Aujourd’hui engagé, tout aussi modestement pour le moment, dans une initiative de renforcement de la loi 101, voilà que la CAQ subit encore les foudres des antinationalistes; souvent les mêmes qui l’insultaient dans le dossier de la laïcité.

On ne s’en sort pas.

Le ministre Jolin-Barrette annonce un tout frêle 5 M$ pour l’Office québécois de la langue française, certains déchirent leurs chemisettes. 

Le gouvernement prévoit 750 millions pour les institutions postsecondaires Dawson et McGill, les pleureuses susmentionnées ne disent pas mot. On connaît la chanson.

Cette fois-ci, ça ne passe tout simplement pas. Non seulement le financement de ces institutions fait rêver la minorité francophone du Rest of Canada, voilà que c’est la «majorité» francophone du Québec qui commence à saliver.

C’est quand même incroyable que le gouvernement du Québec continue de financer outrageusement sa propre assimilation linguistique. Quand c’était le Liberal party of Quebec, on comprenait. C’était dans leur ADN.

Mais d’un parti prétendument «nationaliste»?

Pour prendre le pouvoir, François Legault a fait profession de foi fédéraliste. Et ce fédéralisme n’est pas que posture politique sans conséquence. Elle s’exprime dans le réel. Notamment par l’accointance avec des fédéralistes qui exigent des gestes en ce sens. 

Pour prendre le pouvoir, François Legault a fait beaucoup de promesses, dont celle de ne pas déstabiliser la Fédération canadienne. Il quémandera un peu, mais sans rapport de force autre que des «alliances» avec d’autres provinces.

Comme le rappelait mon collègue Facal ce matin, on sait où ça mène. Y’a pas d’avenir là pour le Québec. 

En renonçant à la possibilité d’assumer seul pleinement son destin, comme l’affirmait un jour Robert Bourassa, le PM actuel du Québec s’est coupé de tout rapport de force avec le fédéral.

François Legault gouverne une province. Une province comme les autres. Sans plus. 

Et son aile fédéraliste et dominante dans le parti est très à l’aise avec ça. 

«Nationaliste», la CAQ? Ça craque.

Football news:

Mbappe is wary of extending his contract with PSG without being able to leave the club
Lucescu says that it was he who first put Pirlo on the field in 1998. This is not quite true
Bruno on the penalty miss: I'm human, it happens. Next goal for sure
Neymar wants to extend his contract with PSG, but the club has not yet started negotiations. The player's entourage is upset about this
Referee Oliver is appointed for the Bayern - Atletico match in the Champions League. He worked on the game Everton - Liverpool
Ex-judge Halsey: I'm surprised Pickford didn't get a red card. He put van Dijk's health at risk
Ander Herrera: I didn't feel love from Manchester United. The management and I had different views