Canada

Les limites de l’appropriation culturelle?

L’humoriste et comédien noir Michael Che se retrouve cette semaine au centre d’une controverse. Che est associé depuis quelques années à l’émission Saturday Night Live au sein de laquelle il coanime le bulletin «Weekend update» et agit également comme rédacteur.

Che n’a pas la langue dans poche, n’hésite jamais à aborder la question raciale et il est actif au sein de sa communauté. Pas plus tard qu’en avril dernier, on soulignait qu’il allait payer tous les loyers mensuels des 160 occupants de la résidence pour personnes âgées où avait séjourné sa grand-mère.

S’il est bien conscient que certaines de ses blagues suscitent de vives réactions, il semble avoir été pris de court par la plus récente controverse. Que lui reproche-t-on? Le rédacteur noir engagé se serait rendu coupable d’appropriation culturelle lors de la rédaction d’un sketch de la plus récente émission de SNL samedi dernier.

Comment se retrouve-t-il en opposition avec des membres de sa communauté? En attribuant à l’ensemble de la génération Z des expressions développées et utilisées par des Noirs. Che aurait ainsi négligé de reconnaître que le vocabulaire utilisé était tiré de ce qu’on appelle en anglais l’African American vernacular english ou AAVE. Non seulement Michael est étonné de la charge, mais il reconnaît ignorer ce qu’est l’anglais vernaculaire afro-américain.

Si vous avez écouté le numéro, l’intention de l’auteur était de se moquer du jargon utilisé sur les réseaux sociaux comme Instagram, Twitter ou Tik Tok. Parmi les comédiens sur le plateau, on remarque, outre Elon Musk, une certaine diversité culturelle. Si l’auteur reconnaît que le résultat n’est pas concluant et que son sketch était de piètre qualité, jamais il n’avait envisagé qu’on lui reprocherait de l’appropriation culturelle.

Je reconnais l’existence de l’anglais vernaculaire afro-américain, ce n’est pas une intervention. En explorant un peu la toile, vous trouverez de nombreuses études sur ce dialecte tout comme un certain nombre de réflexions sur son utilisation par des personnes qui ne sont pas noires.

Si je peux comprendre une certaine sensibilité et l’importance de souligner l’ensemble des apports à l’évolution d’une langue, je ne peux m’empêcher de penser qu’on contribue ici à une forme de ghettoïsation. Il s’agit peut-être d’un passage obligé pour sensibiliser à la reconnaissance d’une culture noire, mais à moyen et long terme c’est contreproductif.

Encore ici, tout est affaire de sensibilité. Je ne suis pas noir et ne prétendrai jamais être en mesure de bien comprendre, encore moins de ressentir, l’indignation ou la colère d’une communauté. Mais je peux au moins constater que dans le cas de Michael Che, il semble difficile pour un humoriste noir engagé de plaire à des gens qu’il représente pourtant sur bien des scènes, affrontant parfois lui-même racisme et insultes.

Avant de rédiger ce billet, je me suis demandé si je devais aborder le sujet ou s’il n’était pas préférable de laisser des représentants de la communauté noire débattre entre eux du sujet. Si je me suis décidé à y aller de quelques lignes, c’est que nous n’évoluons pas en vase clos et que cette polarisation nous affecte tous et toutes ultimement.

L’indignation est à l’honneur depuis un bon moment déjà et tout un chacun veut s’assurer que son individualité est connue et respectée. Si parfois cette quête de reconnaissance constitue un passage obligé, je rêve du jour où le vivre ensemble reprendra le dessus, où le «nous» surpassera le «je».

Que ce soit l’anglais ou le français, ces langues sont vivantes et elles ne cessent d’évoluer depuis des centaines d’années. Nous utilisons fréquemment des mots dont nous ignorons souvent l’origine et l’évolution. Chaque génération et chaque communauté doivent-elles revendiquer leurs contributions? Quels mots puis-je légitimement utiliser sans blesser? 

Je suis friand d’histoire, c’est ma passion et mon gagne-pain, mais je ne devrais pas forcément avoir à donner un cours complet lorsque je désire utiliser des termes que je retrouve un peu partout dans le langage populaire.

Football news:

Smertin recalls Euro 2004: he almost fought in the joints, defended against the young Cristiano and understood the excitement of the Bridge
Gareth Southgate: We shouldn't be football snobs. In matches with top teams, diversity is important
Leonid Slutsky: I am still sure that the Finnish national team is the outsider of our group. They were very lucky against Denmark
I'm not a racist! Arnautovic apologized for insulting the players of the national team of North Macedonia
Gary Lineker: Mbappe is a world-class star, he will replace Ronaldo, but not Messi. Leo does things that others are not capable of
The Spanish fan has been going to the matches of the national team since 1979. He came to the Euro with the famous drum (he could have lost it during the lockdown)
Ronaldo removed the sponsored Coca-Cola at a press conference. Cristiano is strongly against sugar - does not even advertise it