Canada

Les Québécois seraient atteints d’un «burn-out collectif»

Après bientôt un an de pandémie, les Québécois vivent une sorte de burn-out collectif, et le stress des derniers mois fait grimper le niveau d’anxiété.

C’est l’avis d’un psychologue, Gaëtan Roussy, vice-président de l’Association des psychologues du Québec. 

«La pandémie affecte beaucoup les gens, à divers degrés», remarque d’entrée de jeu M. Roussy, qui note en général plus d’états dépressifs et une montée des symptômes anxieux dans la population. D’ordinaire, un psychologue qui rencontre un patient qui souffre de ces symptômes va lui recommander de sortir, de se divertir et de voir des gens. 

«Allez donc leur recommander ça en ce moment! Tout est fermé. Même une marche dehors le soir, c’est difficile!» lance le professionnel avec dépit. 

Son collègue Kevin Gaudreault abonde dans le même sens. Alors qu’en moyenne, selon l’Institut de la statistique du Québec, 12 % des Québécois subissent un épisode de dépression dans leur vie, il s’attend à ce que ce nombre augmente jusqu’à 20 % en ces temps de pandémie. 

«Il y a une augmentation marquée de la dépression et de l’anxiété», dit-il.

«Le confinement réduit les contacts sociaux. L’isolement est un facteur de risque, souligne-t-il. Les gens sont plus limités dans leurs activités, qui sont des sources de ressourcement.»

Prévention du suicide

Au Centre de prévention du suicide (CPS) de Québec, on a noté une hausse de 6,5 % des appels au cours des derniers mois, indique la directrice Lynda Poirier. Ce qui est en soi une «bonne nouvelle», selon elle, puisque les gens cherchent davantage d’aide. Elle note aussi une hausse des appels chez les jeunes de moins de 20 ans, qui ont des inquiétudes pour eux-mêmes ou leurs proches. 

«C’est un moment stressant, nos repères sont changés, on vit plus de stress et d’anxiété.» Elle insiste sur le fait qu’il est important de ne pas rester seul avec son inquiétude et rappelle que les intervenants du CPS sont disponibles 24 heures par jour, 7 jours sur 7, pour aider à apporter des solutions.

Situations de crise

D’autre part, les 21 membres du Regroupement des Services d’Intervention de Crise du Québec constatent une hausse manifeste du nombre de demandes d’aide depuis le renforcement des mesures sanitaires. 

Avec la «fatigue pandémique», les mesures exceptionnelles qui en découlent causent des dommages collatéraux importants sur le plan de la santé mentale, soutient le vice-président Guillaume Le Moigne. Cela conduit les individus à des «situations de grande détresse». Les intervenants sont aussi disponibles pour apporter de l’aide en tout temps.

Heureusement, ajoutent les experts, il existe des gestes simples qu’on peut poser au quotidien pour préserver notre santé mentale. Que ce soit réserver des moments pour aller prendre l’air, soigner son alimentation ou faire de l’exercice. 

Conseils des experts pour préserver notre santé mentale   

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