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Canada

Les règles devront être plus sévères

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Depuis le 17 octobre dernier, soit un an après la légalisation du cannabis, les produits comestibles dérivés du cannabis sont autorisés au Canada. Pourtant, aucun produit alimentaire n’est encore disponible sur les tablettes de la SQDC. Le point sur ce dossier controversé.

Cannabis vs chanvre

Chanvre

Photo Adobe Stock

Chanvre

Bien qu’ils soient issus de la même famille, le cannabis Sativa L, le cannabis (marijuana) se distingue du chanvre agricole par sa teneur en THC (tétrahydrocannabinol), la composante psychotrope aux propriétés euphorisantes. Le plant qui produira de la marijuana contient 5 à 20 % de THC, contre moins de 0,2 % pour le plant de chanvre. Ce dernier sera utilisé pour les graines (vendues comme telles) ainsi que l’huile et la farine qui en sont issues. Le chanvre agricole a plusieurs propriétés nutritives, il est notamment riche en protéines, en fibres et en acides gras essentiels. Les fibres (dans la tige) du chanvre ont longtemps été utilisées pour faire des vêtements, du papier, des voiles, des parachutes. La première bible imprimée l’aurait été sur du papier de chanvre. Son utilisation textile a décliné à la suite de l’exploitation du coton et l’arrivée des fibres synthétiques. Quant au plant de cannabis (marijuana), on utilisera les fleurs femelles (cocottes) et la résine, où sont concentrées les composantes psychoactives.

Législation

Bien qu’officiellement légale, la commercialisation des produits alimentaires au cannabis doit respecter un délai de 60 jours pour vendre les produits officiellement. Toute entreprise détentrice d’une licence de transformation fédérale pourra donc lancer, dès le 16 décembre, des produits contenant du cannabis comestible. Selon un sondage conduit par l’Université Dalhousie en 2017, 39 % des Canadiens seraient prêts à commander une boisson au cannabis ou un plat cuisiné avec cannabis au restaurant, et 35,9 % seraient ouverts à acheter des produits comestibles contenant du cannabis.

QUELQUES PARTICULARITÉS DE LA LÉGISLATION FÉDÉRALE :

Le cas du Québec

Photos Adobe Stock

Au Québec, on n’ira pas de l’avant si tôt. Plusieurs inquiétudes sont soulevées et le ministre de la Santé et des Services sociaux, Lionel Carmant, demande une réglementation plus sévère. Les mesures prévues par le gouvernement fédéral étant jugées insuffisantes pour permettre au Québec d’atteindre ses objectifs en matière de santé et de sécurité publique.

Pour ma part, en tant que nutritionniste, je suis également en faveur d’une réglementation plus sévère. En pratique, aucun produit comestible ne sera donc disponible qu’à la SQDC (et non dans les supermarchés et dépanneurs) seulement quand la législation québécoise sera officiellement adoptée.

À l’heure actuelle, la législation québécoise devrait prévoir les restrictions suivantes :

Ce dernier point déplaira aux consommateurs, puisque lors d’un sondage conduit par Deloitte auprès de 2000 Canadiens, ceux-ci démontraient une grande préférence pour les produits sucrés de type brownies, jujubes, chocolat et caramel. La SQDC vendra sans doute plutôt des eaux gazeuses et du thé contenant jusqu’à 5 mg de THC.

Les effets du cannabis comestible

L’effet de la consommation de cannabis comestible se manifestera de 30 minutes à 4 heures après la consommation, et les effets pourront se prolonger de 12 à 24 heures.

Comme les effets tardent à se manifester, certaines personnes peuvent avoir tendance à augmenter les doses, pensant que la dose ingurgitée n’est pas suffisante. Mieux vaut tester sa tolérance avec de petites concentrations (2,5 mg) afin de bien évaluer les effets qui varient significativement selon les personnes, et même d’une consommation à l’autre.

Un sondage Léger conduit pour la Fondation Jean Lapointe et publié le 15 octobre dernier relate que trois parents sur quatre sont inquiets de la légalisation du cannabis comestible. D’ailleurs, les cas d’hospitalisation pour intoxication à la suite de l’ingestion accidentelle ont significativement augmenté depuis la légalisation de la drogue au pays. 93 % des parents ne se sentent pas outillés pour engager un dialogue constructif avec leur enfant sur le cannabis.

Parmi les effets à court terme de la consommation de cannabis, on note l’euphorie, l’anxiété, la difficulté de mémorisation et les réactions lentes. À long terme, en consommation quotidienne, il y a risque de dépendance, des problèmes de mémoire, de concentration et de la difficulté à penser et prendre des décisions. Les produits qui contiennent à la fois du THC et du CBD (Cannabidiol) seraient mieux tolérés du fait de la nature relaxante de cette dernière composante.

Chose certaine, les produits comestibles de cannabis ne démontrent aucun intérêt nutritionnel, en espérant que leur arrivée sur le marché n’induira pas de hausse marquée de nouveaux consommateurs réguliers.

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