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Canada

Loups et coyotes viennent se nourrir

ARUNDEL | Une récente série d’attaques de coyotes ou de loups envers des animaux de ferme dans les Laurentides sème l’inquiétude chez de nombreux citoyens qui rejettent la faute sur l’abattage massif de chevreuils l’automne dernier.

Des brebis, des poules et même un chien ont été tués dans les dernières semaines, attaqués fort probablement par des coyotes ou des loups dans la région des Laurentides à la limite de l’Outaouais.

« C’est inquiétant. En moins de deux semaines, j’ai perdu deux brebis », lance Sylvie Houle, habitante de longue date d’Harrington.

La propriétaire des Serres d’Arundel a aussi perdu son chien Kira le 31 août. Elle n’a retrouvé que le foulard du chien, qui se trouvait dans une marre de sang. Elle soupçonne fortement qu’un ou des coyotes sont responsables, pour en avoir aperçu plus que les années précédentes rôder dans le coin ces derniers temps.

« Ça fait quarante ans que j’habite ici et je n’ai jamais vu ça », lance-t-elle.

Elle affirme ne pas laisser son petit-fils traverser seul le terrain de quelques centaines de mètres qui la sépare de la maison de son fils. « Et quand je me promène avec mon [autre] chien, je traîne une batte de baseball », dit-elle.

Dévorées en plein jour

Marianne Bernard, qui habite à l’orée du village depuis une vingtaine d’années, a perdu une trentaine de cailles et de poules il y a une semaine.

« Ils les ont mangées en après-midi alors que nous étions à Lachute », lance-t-elle. Bien que la femme soit habituée à voir une fois de temps en temps ces animaux sauvages, c’était la première fois qu’elle voyait un tel carnage.

Sur cette photo, c'est ce qui reste de la trentaine de poules que Marion Bernard gardait chez elle à Arundel, dans les Laurentides.

Photo Stéphane Sinclair

Sur cette photo, c'est ce qui reste de la trentaine de poules que Marion Bernard gardait chez elle à Arundel, dans les Laurentides.

« On voit beaucoup de coyotes près des résidences cette année. On en voit même [se promener en ville]. Les gens sont nerveux, et je partage leur inquiétude », a expliqué Évelyne Charbonneau, mairesse d’Huberdeau.

De nombreuses personnes interrogées par Le Journal montrent du doigt l’abattage intensif de cerfs de Virginie permise par le gouvernement à l’automne dernier en raison de la crise de la maladie débilitante chronique des cervidés (MDC). Cela aurait pu contribuer à affamer les coyotes et les loups, dont le chevreuil est une partie de leur diète.

La mairesse d’Arundel abonde en ce sens.

« On a l’impression qu’ils sont affamés », soutient Pascale Blais.

L’hypothèse des résidents est plausible, selon un biologiste animalier de l’Université Laval spécialisé en faune sauvage.

« Les coyotes sont beaucoup plus gros au Québec, et le cerf de Virginie fait partie de leur alimentation. De plus, ils chassent en meute ici [contrairement au reste du Canada] », explique Steeve Côté.

Ce dernier s’attend à ce que ce soit pire en hiver et au printemps prochain, d’autant plus que la chasse au chevreuil à la carabine sera autorisée à partir du 21 septembre pour une période de deux mois cette année au lieu des deux semaines habituelles.

« Le gouvernement va devoir autoriser le trappage des coyotes et des loups afin de rééquilibrer le nombre de prédateurs en fonction du nombre de chevreuils », dit-il.

La crise du cerf fou

En octobre 2018, l’Agence canadienne d’inspection des aliments a obligé l’entreprise Harpur Farms à abattre les 3200 cerfs rouges de ses élevages après qu’un cas de la MDC a été détecté. Au total, 11 animaux ont été testés positifs à la MDC, qui est semblable à la maladie de la vache folle, mais qui n’a pas été transmise à l’être humain.

La chasse a été interdite ou encadrée sur un territoire de 400 km2 l’automne dernier, car le gouvernement du Québec craignait que la maladie se soit propagée à l’extérieur de l’enclos.

Plus de 1000 cerfs ont été abattus par les agents de protection de la faune et les chasseurs dans la région l’automne dernier.

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