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Meurtre de sa conjointe: Pierre Gagné-Boily derrière les barreaux, sans possibilité de faire une demande de libération avant douze ans.

C’est à contrecoeur que le juge Raymond W. Pronovost a accepté la suggestion commune présentée par les avocats et envoyé le meurtrier Pierre Gagné-Boily derrière les barreaux, sans possibilité de faire une demande de libération avant douze ans. 

Rares sont les fois où, se retrouvant devant deux avocats d’expériences, les juges refusent d’entériner les suggestions communes qui leur sont faites. C’est toutefois ce qui a failli arriver, vendredi, à l’homme de Lévis qui a reconnu avoir tué sa conjointe.  

À la fin du mois de janvier, Gagné-Boily a plaidé coupable à une accusation de meurtre au deuxième degré pour avoir sauvagement assassiné sa conjointe, Marie-Lisa Desbiens, qui ne souhaitait plus faire vie commune avec lui.  

En août 2017, à dix-sept reprises, l’homme s’est acharné sur sa victime, lui transperçant le torse avec un couteau acéré jusqu’à ce qu’elle cesse de respirer. 

Arrêté sur-le-champ, Gagné-Boily a été incarcéré, a tout avoué aux policiers douze heures plus tard puis, il s’est mis à valser avec de nombreux avocats de défense jusqu’à ce que Me Julien Grégoire accepte de le représenter. 

Plaidoyer de culpabilité 

Il y a un mois, l’homme âgé de 36 ans a reconnu sa culpabilité et la procureure de la Couronne, Me Valérie Lahaie et son confrère de la défense ont proposé au juge l’emprisonnement à perpétuité avec la possibilité d’une libération conditionnelle après douze ans. 

Une proposition qui n’a pas plu au magistrat qui avait demandé un temps de réflexion.  

« Votre avocat a souligné, comme facteur atténuant, le fait que vous avez plaidé coupable. Il est vrai que c’est un facteur atténuant. Mais, ce plaidoyer arrive 29 mois après votre comparution. Vous êtes venu à la cour 25 fois. Vous avez éternisé le supplice des membres de la famille», a tonné le magistrat en ajoutant que cela « diminuait grandement» l’intention de l’accusé.  

Lors de son dernier passage en Cour, Gagné-Boily avait aussi tenu à lire une lettre de quatre pages où il s’adressait à chacun des membres de son ancienne belle-famille ou au réseau d’amis qu’il partageait avec sa victime. 

Audience dégoutée 

En tout, 52 prénoms avaient alors défilé pendant que les gens quittaient la salle, dégoûter de se voir traiter ainsi par celui qui a volé la vie de la femme de 30 ans. 

« J’ai relu votre document. Une lettre où vous parlez de remords. Cependant, j’y ai vu beaucoup de «je, me, moi». Ça ressemblait beaucoup plus à une thérapie pour vous qu’à des remords sincères», a ajouté le président du Tribunal, durement. 

Au final, le juge a trouvé que la suggestion commune était «clémente». Toutefois, pour éviter un long procès à la famille et parce qu’elle ne «déconsidère pas la justice», le juge s’est plié à la suggestion des avocats. 

« Petite précision : la sentence s’applique de façon rétroactive depuis son incarcération?», a alors demandé l’avocat de la défense. 

« Malheureusement oui», a alors répliqué le magistrat, ce qui veut donc dire que l’accusé pourra demander une libération conditionnelle dans un peu plus de neuf ans.