Canada

Phantom Intelligence en difficulté financière

Après le report de plusieurs contrats, l’entreprise de Québec Phantom Intelligence se retrouve sous respirateur artificiel. La compagnie s’est récemment placée sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité.

Comptant 22 employés en début d’année 2019, il n’y a plus aucun travailleur aujourd’hui chez Phantom Intelligence, dont les bureaux sont installés dans le Parc technologique du Québec métropolitain.

« Effectivement, nous sommes en restructuration. C’est une mise sur pause », confirme au Journal le fondateur, Jean-Yves Deschênes. 

Ce dernier espère faire au cours des prochains mois une proposition à ses créanciers.

1,55 million $

Selon les documents du syndic responsable du dossier, KPMG, les dettes de l’entreprise, fondée en 2011, s’élèvent à environ 1,55 million $. 

Phantom Intelligence a comme actionnaire minoritaire le joueur coréen Sungwoo Hitech, qui est un fabricant de pièces d’automobile. La compagnie compte parmi ses clients des enseignes comme Hyundai. 

« Nous sommes encore une entreprise qui fait du développement sur mesure. Dans notre plan d’affaires, on prévoyait réaliser éventuellement une transition vers un modèle où nous allions vendre des produits et faire de la production de technologie », explique le patron.

Annulation et reports

C’est une annulation et deux reports de contrats qui ont miné la santé financière de l’organisation. 

« Ce sont plus de 50 % de nos revenus prévus que nous n’avons pas été en mesure d’avoir en 2019 », dit M. Deschênes.

« On veut laisser passer la tempête, et après, les projets devraient reprendre », poursuit-il.

Depuis sa création, l’entreprise a développé des dispositifs permettant d’améliorer la performance du lidar. Ce dernier est un appareil qui émet un faisceau laser permettant de détecter des obstacles et d’estimer leur distance. Il sert notamment d’aide à la conduite automobile.

Poursuite

L’été dernier, Phantom Intelligence a vu sa bataille en justice qui durait depuis 2015 contre la compagnie LeddarTech prendre fin.

Celle qui brasse aussi des affaires dans la conception de plateforme Lidar pour l’automobile contestait devant les tribunaux l’utilisation par Phantom Intelligence de sa technologie de détection. Le règlement, le montant et les modalités de l’entente n’ont pas été dévoilés.

La direction de Phantom Intelligence assure que ce litige n’est pas responsable des difficultés financières de l’organisation. 

– Avec la collaboration de Philippe Langlois