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Canada

Services municipaux: malgré des améliorations, Montréal reste moins performant

Depuis quatre ans, la Ville de Montréal compare sa performance en matière de services municipaux à celles de Toronto, Calgary et Winnipeg. Dans un récent bilan, la métropole québécoise constate avoir amélioré ses résultats dans près de 30 % de la centaine d'indicateurs mesurés depuis 2014, tandis que sa performance s'est détériorée dans 22 % des cas.

Montréal a notamment fait d'importants progrès dans le recyclage, faisant passer de 31 % à 37 % la part des matières résiduelles détournées de l'enfouissement. La métropole québécoise a aussi réduit depuis quatre ans le nombre de ruptures de canalisations, de 24 à 19 par 100 km de conduites. Pendant cette période, Toronto et Winnipeg ont toutefois amélioré davantage leur performance à ce chapitre.

La performance de Montréal s'est détériorée dans certains secteurs. Le taux de roulement des employés a ainsi augmenté. Alors qu'on recensait 3,8 départs par 100 postes occupés en 2014, ce taux a grimpé à 5,7 l'an dernier. Le coût de plusieurs indicateurs dans la gestion de l'eau a augmenté depuis quatre ans. Reste que, globalement, Montréal est plus performant que les autres villes sur ce point.

MOINS BIEN QUE SES HOMOLOGUES

Malgré cette progression, Montréal continue à afficher une performance inférieure à celles des trois autres grandes villes. Ainsi, la métropole québécoise est meilleure dans 20 % des services évalués, mais moins performante dans 32 %.

Parmi ses points forts, la Ville de Montréal constate qu'elle tire plus de revenus de ses stationnements, chaque espace générant 6300 $ par année, contre 3250 $ à Toronto. En transports en commun, la Société de transport de Montréal effectue chaque année 212 déplacements par habitant, contre 69 pour le transporteur de Winnipeg. La métropole québécoise compte aussi plus de livres dans ses bibliothèques, soit 4,6 par habitant, contre 1,4 à Calgary.

Pour les points faibles, Montréal constate que l'entretien de ses rues lui coûte nettement plus cher, chaque kilomètre de voie lui coûtant 27 600 $ par an, contre 11 500 $ à Toronto. À peine 30 % des chaussées montréalaises sont en bon état, contre 73 % à Calgary. Les programmes et installations sportives de Montréal coûtent aussi beaucoup plus cher à gérer qu'ailleurs au pays, soit 128 $ par habitant, contre 68 $ à Winnipeg.

DES CHIFFRES À NUANCER ?

L'élue Laurence Lavigne Lalonde s'est dite satisfaite de l'évolution de la performance des services depuis quatre ans. Elle apporte toutefois certaines nuances aux résultats, soulignant que certains indicateurs défavorisent Montréal. La métropole québécoise recevant plus de neige que Toronto, Calgary et Winnipeg, la facture du déneigement sera nécessairement plus importante. Prioriser certains services peut aussi influencer les résultats.

La performance de Montréal n'inquiète pas la professeure Danielle Pilette, spécialiste en gestion municipale à l'UQAM. Elle constate que la métropole québécoise fait bonne figure dans plusieurs services accaparant une importante partie de son budget, comme la sécurité publique et les transports en commun.

La spécialiste ajoute que les comparaisons peuvent être ingrates.

« Toronto, c'est la ville qui performe le mieux dans le nord-est de l'Amérique du Nord, une ville gérée de façon exceptionnelle. Alors qu'on me dise qu'on reste en arrière par rapport à Toronto, ça ne m'impressionne pas. »

- Danielle Pilette, professeure spécialiste en gestion municipale à l'UQAM

Quant à Calgary, Danielle Pilette souligne que la métropole albertaine est nettement plus jeune que Montréal. Les conduites de son réseau de distribution d'eau ont 32 ans en moyenne, contre 60 ans pour celles de Montréal. Pas étonnant, dans ces conditions, de constater que les ruptures et les fuites soient moins nombreuses à Calgary.

Bien qu'imparfaits, ces exercices de comparaison restent importants, estime néanmoins Mme Pilette. « Ça permet de montrer aux Montréalais et aux villes liées, qui versent d'importantes quotes-parts, qu'ils en ont pour leur argent », dit la professeure.

L'administration Plante assure d'ailleurs vouloir poursuivre cet exercice. « Ça nous permet de voir si nos décisions portent fruit », dit Laurence Lavigne Lalonde.

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