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Sous la morosité des jours

Le narrateur de Punaises n’a pas un profil de gagnant, bien au contraire ! Mais le titre du roman est si intrigant qu’on est curieux d’aller y voir de plus près...

Les jeunes gens qui tournent en rond dans leur vie sans envergure sont légion dans la littérature québécoise contemporaine. Le roman Punaises vient ajouter au lot. Mais il le fait avec une touche qui, dès l’entrée dans l’ouvrage, nous accroche.

L’auteur Laurent Lemay, dont c’est le premier roman, a une manière très cinématographique de décrire les scènes dans lesquelles il plongera le protagoniste de son récit.

Dès la première phrase, on se représente fort bien ce chargé de cours arrivé en retard, son café à la main, qui « a posé son cul sur le bureau, [...] replacé ses lunettes du bout des doigts ». Le narrateur (jamais nommé) ne perd aucun de ses gestes. 

Ce narrateur est étudiant en... cinéma ! Ni très zélé, ni très talentueux, ni si intéressé, et qui mène une existence à l’avenant. Comme il le dit : « En général, je n’étais pas heureux. C’est tout. Et ça ne me rendait pas plus malheureux d’y penser. »

Ah ! elle est bien beige la vie !

En fait, ce n’est pas si simple. Car il y a un parfum de haine qui flotte dès le premier chapitre. Le narrateur est suprêmement agacé (le mot est faible !) par Cédric, autre étudiant de son cours à qui tout semble réussir.

On imagine une sombre affaire de jalousie. Et ça paraît sérieux puisque le narrateur se lancera dans une drôle de vengeance : infester le logement de Cédric de punaises de lit ! On oscille entre le sourire et l’horreur.

Parallèlement, le héros du récit retrouve par hasard une ancienne blonde et renoue avec elle. C’est cru, sans romantisme et sans espoir, et pourtant on ressent superbement l’attachement qui se développe. 

Qquotidien sans éclat

Et puis il y a le boulot de commis dans une petite épicerie de Rosemont, gérée par un patron intransigeant. Et les cours qui ennuient, les partys où on se défonce, le côté glauque des rues de Montréal... Un quotidien sans éclat.

S’y glissent pourtant des moments « soûlants et magnifiques », plaisirs si minuscules que seul le narrateur peut les reconnaître. « L’insignifiance de ma vie me satisfaisait pleinement », affirme-t-il. Et Laurent Lemay sait donner de la lumière au grotesque des jours.

À quoi s’ajoutent les visites que le narrateur fait à sa famille à Mont-Saint-Hilaire. Sauce à spaghetti de la mère, pratique des cours de conduite avec le père, vie ordinaire de la classe moyenne. Si ce n’est sa sœur adolescente qui ne va pas bien du tout. Retranchée dans sa chambre au sous-sol du bungalow familial, elle ne veut voir personne et refuse de dire pourquoi.

On finira par savoir de quoi il retourne. Les parents seront sonnés, pas le narrateur. Et le parfum de haine et d’impuissance, soudain, imbibera puissamment, brillamment, tout le roman. 

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