Canada

Trump gagne des points, mais l’élection est encore loin

Alors que la dure réalité de la COVID-19 commence à frapper les États-Unis, la cote d’approbation de Donald Trump est en hausse. Ça ne veut pas dire que la pandémie favorisera sa réélection, probablement bien au contraire.  

Donald Trump, c’est connu, est obsédé par les sondages. Après trois ans de taux d’approbation historiquement faibles, il doit jubiler, car sa cote vient d’atteindre son apogée.  

Les gains sont modestes – les moyennes des sondages oscillent entre 45% et 48% d’approbation –, mais la tendance est à la hausse et ce niveau lui permet d’envisager la victoire en novembre.   

Comment expliquer cette hausse et l’appui majoritaire à son action contre la pandémie, alors que plusieurs de ses gestes dans cette crise ont été lamentables ? Cette embellie assurera-t-elle sa réélection ?  

Un ralliement normal  

À chaque crise majeure, l’opinion américaine se rallie au président.   

L’approbation de George W. Bush avait bondi de 51% à 90% après le 11 septembre 2001. Son père avait frôlé les 90% pendant la première guerre du Golfe. En novembre 1979, Jimmy Carter croupissait autour de 30% dans les sondages, mais la crise des otages en Iran l’a propulsé au-delà de 55%. Pour Carter et Bush père, toutefois, ces poussées de popularité­­­ ont été passagères et c’est l’économie qui les a entraînés vers la défaite.   

Les quelques points gagnés par Donald Trump ne sont donc pas la mer à boire, mais on peut s’attendre à ce qu’il s’en pète les bretelles et qu’il se croie invulnérable aux erreurs passées ou à venir dans sa gestion de la crise.  

Une gestion de crise inégale  

Les gains du président sont modestes comparés à ses prédécesseurs, mais ils sont significatifs dans le présent contexte de polarisation.   

On pourrait s’étonner de voir la cote de Trump augmenter, alors qu’il a commis, dans la gestion de cette crise, plusieurs erreurs qui risquent fort d’avoir des conséquences désastreuses­­­.   

L’opinion publique ne s’est toutefois réellement éveillée à l’ampleur de cette crise que lorsque le président a commencé à apparaître quotidiennement avec son équipe d’experts et à donner l’impression qu’il fait ce qu’il faut faire.   

La réalité approche au galop  

On oublie facilement le passé à l’ère de Trump. Pour le moment, l’image lui est favorable, mais quand les pleines conséquences de la pandémie se manifesteront, il lui sera plus difficile d’esquiver les critiques. Les adversaires du président pourront alors rappeler ses déclarations saugrenues, comme lorsqu’il a dit que cette crise ne toucherait que quelques cas isolés et qu’elle disparaîtrait par miracle.   

On ne manquera pas non plus de souligner les nombreuses fois où Trump a contredit ses propres experts.  

Donald Trump bénéficiera vraisemblablement à court terme du train de mesures d’une ampleur sans précédent que le Congrès vient d’adopter pour amortir l’impact économique de la crise, mais ces mesures n’empêcheront pas la récession de sévir pendant plusieurs mois et ses effets seront le facteur déterminant qui fera pencher l’élection de novembre d’un côté ou de l’autre.  

Malgré l’embellie en faveur de Donald Trump dans les sondages, ces gains modestes sont loin d’être annonciateurs d’une victoire facile en novembre.   

Ce n’est pas Donald Trump qui a causé cette crise, mais il en subira quand même les conséquences.