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Canada

Un patron de SNC-Lavalin se doutait des pots-de-vin

Un vice-président de SNC-Lavalin se doutait que l’entreprise versait des pots-de-vin en Libye, mais n’a jamais rien fait pour empêcher cette pratique.

Gilles Laramée, l’ex-vice-président Finances de SNC, a commencé à suspecter que quelque chose de louche se passait quand il a dû approuver au début des années 2000 un paiement de 18 millions $ dans une société écran en Suisse, en lien avec un projet en Libye.

« Ça m’a amené à suspecter que peut-être quelqu’un s’en mettait dans les poches », a-t-il affirmé hier, au deuxième jour de son témoignage au procès de Sami Bebawi, ex-cadre de l’entreprise accusé de fraude et de corruption.

Malgré ses inquiétudes, Gilles Laramée a admis ne jamais avoir posé de questions à ce sujet au PDG Jacques Lamarre. « C’était mon boss, puis il avait de l’air à dire que c’est ça qui se passe », s’est-il justifié.

Le témoin dit avoir fait part seulement beaucoup plus tard de ses inquiétudes à Claude Mongeau, ex-patron du Canadien National, qui siégeait au comité d’audit de SNC-Lavalin.

Le responsable des finances du groupe a répété hier que ce n’était pas sa responsabilité de vérifier à qui SNC versait de l’argent en Libye.

Selon lui, c’était la filiale SNC-Lavalin International, à l’époque dirigée par Michael Novak (mari de l’ex-ministre de la Justice du Québec Kathleen Weil), qui devait le faire.

Gilles Laramée y est allé d’autres révélations surprenantes hier. Il a confié que Riadh Ben Aïssa, un ex-cadre de l’entreprise reconnu coupable de corruption et de blanchiment d’argent, conservait une somme correspondant à 10 millions $ en devises locales dans un coffre-fort, dans un bureau en Libye.

C’était, selon Ben Aïssa, pour payer « des chauffeurs de camion ». Laramée a aussi indiqué que SNC s’était approvisionnée en dinars libyens sur le marché noir pendant des années. Quand il a voulu faire cesser cette pratique, Jacques Lamarre s’y serait opposé, a-t-il dit.

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