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France

25e heure du livre. Nos coups de coeur à ne pas manquer

 Le salon du livre manceau se poursuit ce dimanche sous le grand Barnum installé aux Quinconces des Jacobins, de 10 heures à 19 heures. 

"Le Maine Libre" a sélectionné, parmi les invités, les coups de coeur à ne pas manquer. 

Lecture musicale avec Valentine Goby

 

Photo Renaud Monfourny

Fidèle entre les fidèles du salon du Mans, Valentine Goby vient présenter son nouveau roman, « Murène » (Actes Sud), récit d’un jeune homme lourdement handicapé qui se réinvente grâce au sport. Nous sommes au milieu des années cinquante et la renaissance de François Sandre s’accomplit grâce au handisport dont le roman raconte l’éclosion. (Lire en dernière page du Maine Libre d’hier).

Valentine Goby accompagnée de Xavier Llamas, donnera une lecture musicale de son roman, dimanche à 17 h 15 au Théâtre.

Larher et Attal, le retour


archives Denis Lambert

Un salon sans Erwan Larher ni Jérôme Attal, serait comme un Goncourt sans Virginie Despentes. Il manquerait une touche rock et sensible. Les deux écrivains sont donc de retour. L’un avec le plus ambitieux de ses romans, sur les traces du jeune Chateaubriand à Londres, « La petite sonneuse de cloches » (Robert Laffont), l’autre avec une histoire ancrée dans les interrogations du monde actuel, « Pourquoi les hommes fuient ? » (Quidam). Deux visions du masculin et de la quête de l’amour. Deux plaisirs de lecture.

Les tourments de Baudelaire

 

Photo C. Debayle

Connaissez-vous Apollonie Sabatier ? Le sculpteur Clesinger l’a offerte à la postérité nue et scandaleuse dans l’attitude pâmée de « La femme mordue par un serpent », œuvre exposée au musée d’Orsay.

Hors du marbre, elle fut diablement vivante, Apollonie! Sa beauté sensuelle chavirait Gautier, Flaubert ou Delacroix, familiers de son salon. La muse bouleversait plus encore Charles Baudelaire, idolâtre platonique qui lui dédia un bouquet de ses « Fleurs du mal ». En août 1857 pourtant, le poète céda une nuit, une seule, à son égérie. En pages fiévreuses, Céline Debayle raconte ces heures au parfum de tubéreuse, aux douceurs de cachemire et aux plaisirs enrubannés. Sous la plume soyeuse, l’érudition s’ajuste aux voluptés, passe des raffinements d’une femme cultivée à la consolation palpitante des chairs affolées.

Délectable, « Baudelaire et Apollonie » (Arléa) sonde les chairs et les âmes tourmentées de deux orgueilleux. Une histoire d’abandon (s) qui passe des langueurs sur ottomane aux amertumes solitaires.

Caryl Ferey au plus noir


Gallimard

Mercredi, il était l’un des invités de La Grande librairie pour parler de « Paz » (Gallimard), plongée violente dans les replis les plus sombres de la Colombie, terre de cartels et de guérilla. C’est du Caryl Ferey pressé au noir, avec massacres à la tronçonneuse, politiciens véreux, FARC en mal de causes à défendre, mais aussi des amours sur le fil.

Nathalie Prince mène Nietzsche dans la jungle

Photo Yvon Loué

N’ayez pas peur du titre, « Nietzsche au Paraguay » (Flammarion). Inutile d’avoir lu l’œuvre du philosophe du « Gai savoir » pour plonger dans cette formidable fresque comme seule l’Amérique du Sud peut en générer. Dans cette histoire d’aventuriers et d’utopistes déments, il y a du « Aguirre ou la colère de Dieu », du « Fitzcaraldo ». Et l’on se dit que Werner Herzog aurait pu tourner l’authentique histoire d’Élisabeth Nietzsche, sœur du philosophe, partie au Paraguay fonder la colonie « Nueva Germania », sidérante bulle aryenne au cœur de la jungle.

Le chatoiement du roman naît des fragments de correspondances, journal de bord, notices, fiches d’évaluation, qui mêlent leurs registres au récit picaresque. De cette folie, de cette démesure, naît une fresque captivante comme un roman d’aventures, avec le personnage de Miramontès, magnifique « bad boy », rufian couturé dont les valeurs humaines surpassent largement celles d’une colonie enfermée dans une mortifère idée de la pureté.

À quatre mains, Nathalie et Christophe Prince ont signé un roman flamboyant, unique et profond.

Franck Bouysse : Un phénomène


Photo Pierre Demarty

Le succès de « Né d’aucune femme » (La Manufacture des Livres) est aussi retentissant que son auteur est discret. Le dernier printemps a vu l’éclosion de ce roman salué par une rafale de prix et non des moindres : Grand Prix des lectrices de ELLE, prix des libraires, prix Babelio, parmi d’autres.

Traduit dans de nombreux pays, « Né d’aucune femme » a rejoint le club très fermé des best-sellers inattendus. D’une écriture abrasive, Franck Bouysse raconte le destin tragique et grandiose de Rose, fille de ferme vendue par son père à 14 ans à un puissant maître de forge. On n’oublie pas de sitôt les carnets de Rose, récit révolté d’une vie de labeur.

Brigitte Kernel et Françoise Sagan


Photo Claude GASSIAN

Du bref séjour de Françoise Sagan aux États-Unis dans le sillage du triomphe de « Bonjour tristesse », Brigitte Kernel fait un récit magnifique dans lequel s’enchâssent trois monstres sacrés de la littérature : la jeune Sagan, Tennessee Williams et Carson McCullers.

Autour de la grâce effrontée de la jeune prodige, « Jours brûlants à Key West » (Flammarion) capte les regards, les émois, les jalousies plus ou moins dissimulées tandis que Sagan, généreuse et fantasque, révèle des équilibres instables. Quelle finesse dans ces portraits à fleur de peau de trois écrivains saisis à des moments différents de leur gloire. Derrière les murs de la villa de Key West, Tennessee Williams et Carson McCullers combattent leurs doutes, arrimés à leur labeur, pendant que Sagan somnole dans un hamac, seule à ne pas être rongée par ses névroses. Brigitte Kernel donne chair à cette escapade où les désirs se disputent à la création. Une réussite.

Yannick Grannec herborise

Photo Céline Nieszawer 

Avec « Les simples » (Anne Carrière), Yannick Grannec se glisse dans une communauté religieuse du XVIe siècle structurée autour des talents d’herboriste de sœur Clémence.

Or ce talent éveille l’intérêt du nouvel évêque qui voit en ces plantes médicinales une manne tentante. Autour de ces carrés de simples, l’écrivaine anime une galerie de personnages savoureux, reliés par des passions humaines parfois fort peu catholiques. C’est tout le talent de Yannick Grannec, de provoquer des fièvres que nulle herbe médicinale ne peut apaiser.

 

Mylène Demongeot et son boa


Photo Yvon Loué

Ce week-end, elle vient en voisine depuis Châtelain en Mayenne, où elle mène une vie champêtre entourée de ses nombreux animaux. Mylène Demongeot, l’éternelle fiancée de Fantômas, la comédienne solaire révélée par « Les Sorcières de Salem » et plus récemment, l’épouse de Claude Brasseur dans « Camping », fut pendant plus de trente ans l’épouse du cinéaste Marc Simenon. Auprès du fils de l’immense Georges Simenon, la ravissante blonde du cinéma français a mis sa carrière entre parenthèses. En retour, ce qu’elle raconte dans « Un amour fou » (Michel Lafon), montre à quel point ces trois décennies furent fantasques à défaut d’être chaque jour fantastiques auprès d’un homme resté un grand enfant.

Dans ces mémoires rieurs, les animaux les plus insolites tiennent une place prépondérante. On croise ainsi la ménagerie hétéroclite qui a partagé la vie du couple. Des mangoustes au lionceau cadeau du zoo de Thoiry en passant par Maximilien le boa qui provoqua un début de panique lors d’une des fameuses fêtes d’Eddie Barclay à Saint-Tropez., le récit piquant de ces souvenirs montre une Mylène Demongeot prête à pardonner tous ses caprices à l’homme de sa vie et à rire de bon cœur des situations les plus impossibles dans lesquelles ils se retrouvèrent souvent.

Militante du Parti animaliste, Mylène Demongeot garde toujours une tendresse particulière pour les bêtes, même si celles qui partagent désormais sa vie sont bien moins exotiques qu’au temps de son couple avec Marc Simenon.

Frédérique BREHAUT

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