Nouvelle étape dans l’affaire Darmanin. La procédure initiée à Lille par une association féministe, qui dénonce des faits de « trafic d’influence » du ministre de l’Intérieur a été transmise au parquet de Paris, a-t-on appris jeudi de source judiciaire, confirmant une information de la Voix du Nord. Cette saisine est en cours d’analyse, a précisé la source judiciaire.

Relations sexuelles en échange de services

Créée en juin et constituée d’une dizaine de personnes, l’association à l’origine de la plainte, « Pourvoir féministe », avait saisi le parquet de Lille en juillet dernier pour relancer une enquête classée sans suite en 2018, ouverte à l’époque pour « abus de faiblesse ».

Une habitante de Tourcoing accusait Gérald Darmanin de l’avoir incitée à des relations sexuelles en échange d’une aide pour obtenir un logement et un emploi, alors qu’elle se trouvait en situation de précarité. Selon elle, ces faits se seraient produits en 2015, quand Gérald Darmanin était maire de la ville. Le parquet de Paris avait classé l’affaire, considérant qu’aucune infraction pénale n’était constituée.

Une autre enquête pour viol

Poids lourd du gouvernement, Gérald Darmanin fait en outre l'objet d'une enquête pour viol actuellement, démarrée par une plainte déposée en 2017. Classée sans suite dans un premier temps, la procédure a été récemment relancée par la cour d’appel de Paris qui a demandé début juin de nouvelles investigations.

L’accusation est portée par une femme, Sophie Patterson-Spatz, qui l’avait sollicité en 2009 lorsqu’il était chargé de mission à l’UMP (parti devenu LR) pour faire annuler une condamnation pour chantage et appels malveillants à l’égard d’un ex-compagnon. Selon ses déclarations, Gérald Darmanin lui aurait fait miroiter son appui et elle se serait sentie contrainte de « passer à la casserole », ainsi qu’elle l’a expliqué aux enquêteurs.

L’actuel ministre de l’Intérieur a reconnu avoir eu une relation sexuelle avec cette femme mais, selon lui, librement consentie.