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France

Affaire Epstein : pourquoi le Français Jean-Luc B. est-il au cœur du dossier ?

Le dirigeant d'une agence de mannequinat est accusé d'avoir eu plusieurs rapports sexuels avec l'une des victimes présumées de Jeffrey Epstein. Jean-Luc B. est également soupçonné d'avoir été l'un des principaux complices du financier.

Il fait, comme beaucoup d'autres, partie du petit "livre noir" de Jeffrey Epstein, révélé par le site américain Gawker* en 2015. Présent dans les contacts du financier américain, accusé de trafic sexuel et d'agressions sexuelles sur mineures et mort après un "apparent suicide" en détention, samedi 10 août, le Français Jean-Luc B. fait partie des principales personnalités citées et accusées dans les témoignages de victimes présumées rendus publics. 

Qui est ce dirigeant d'une agence de mannequinat, cité avec une quinzaine de numéros de téléphone dans le "livre noir" du financier multimillionaire ? Quel rôle est-il accusé d'avoir joué dans cette affaire d'exploitation et d'agressions sexuelles sur plusieurs dizaines de mineures ? Le Français a toujours nié les faits qui lui sont reprochés. Son avocat rappelle d'ailleurs à RTL qu'il n'est visé, pour l'heure, par aucune poursuite. 

Des liens amicaux et financiers avec Epstein

Jean-Luc B. est le dirigeant d'une agence de mannequins créée en 2004, et qui compte des bureaux à New York, Miami (Etats-Unis) et Tel Aviv (Israël). Selon l'enquête du Miami Heraldsur l'affaire Jeffrey Epstein, le financier américain de 66 ans avait des parts dans cette agence de mannequinat. Il aurait également financé la société à hauteur d'un million de dollars lors de ses débuts, relate le site américain The Daily Beast*. 

Jean-Luc B. et Jeffrey Epstein semblaient assez proches, selon plusieurs témoignages et les documents judiciaires rendus publics le 9 août sur l'affaire. Dès 2010, The Daily Beast affirmait que le Français avait été "observé comme invité" au domicile de Jeffrey Epstein à Palm Beach, en Floride (Etats-Unis). "Il pourrait bien avoir eu des contacts avec lui également à New York (...) et à Paris, où Epstein est propriétaire d'un appartement sur l'élégante avenue Foch", écrit le site. 

Un récent article d'un autre site américain, Business Insider*, confirme ces liens entre le financier américain et son ami français. D'après cette source, Jeffrey Epstein a permis à Jean-Luc B. – et à d'autres amis – de vivre dans un immeuble de Manhattan appartenant à son frère, Mark Epstein. Quand le financier passe 13 mois en prison, entre 2008 et 2009, pour des faits de sollicitation de prostitution notamment sur une mineure, Jean-Luc B. lui rend visite pas moins de 67 fois, selon des registres consultés par le Guardian*. Son nom est également cité à plusieurs reprises dans les registres des vols de l'avion privé d'Epstein. 

Soupçonné d'avoir eu des rapports sexuels avec des victimes d'Epstein

Les documents judiciaires* liés à l'affaire Epstein, dévoilés vendredi, décrivent des faits accusant directement Jean-Luc B. Dans une déposition faite il y a quatre ans, l'une des victimes présumées du financier assure qu'elle a été obligée d'avoir des rapports sexuels avec "de nombreux hommes de pouvoir" , alors qu'elle était encore mineure. Parmi les noms cités : "de nombreux hommes politiques américains", "des présidents étrangers", le prince Andrew d'Angleterre, un professeur de droit de l'université d'Harvard, et le Français. La jeune femme raconte avoir eu "des relations sexuelles avec Jean-Luc B. de nombreuses fois", alors qu'elle était âgée de 16 à 19 ans, selon sa plainte*.

J'ai dû avoir des rapports sexuels avec Jean-Luc B. sur l'île Little St. James (des orgies), à Palm Beach, à New York, dans le Nouveau-Mexique, à Paris, dans le sud de la France et en Californie.Une victime présumée de Jeffrey Epsteindans sa plainte

Aujourd'hui trentenaire, elle ajoute dans son témoignage que l'entourage d'Epstein l'a forcée à regarder Jean-Luc B. "avoir des rapports sexuels avec plusieurs dizaines de filles mineures", rapporte le Guardian*. Ces documents judiciaires font également état de plusieurs vols privés auxquels cette victime présumée a pris part, en compagnie de Jeffrey Epstein, de Ghislaine Maxwell – l'ex-compagne du financier accusée d'avoir été sa maquerelle – et de Jean-Luc B. 

Accusé d'avoir "recruté" des mineures

Selon le témoignage de cette victime, Jean-Luc B. aurait tenu un autre rôle après de Jeffrey Epstein : il aurait, selon sa déposition, "amené des très jeunes filles (certaines âgées de 12 ans) aux Etats-Unis, à des fins sexuelles. Ils les a confiées à ses amis, en particulier Epstein", rapporte le Guardian*

Il offrait aux filles du travail en tant que mannequin. De nombreuses filles venaient de pays pauvres ou de milieux défavorisés. Jean-Luc B. les a appâtées en leur faisant croire qu'elles gagneraient beaucoup d'argent.Une victime présumée de Jeffrey Epstein dans sa déposition, citée par "The Guardian"

Les documents judiciaires citent ainsi des messages flous entre un certain "Jean-Luc" et Jeffrey Epstein. L'un d'entre eux dit la chose suivante : "A trouvé une professeure pour toi, qui va t'enseigner le russe. Elle est âgée de 2x8 ans. Elle n'est pas blonde. Les cours sont gratuits et tu peux avoir ton premier cours aujourd'hui si tu appelles." Un message codé, qui semblerait en réalité dire que Jean-Luc B. proposait au financier américain de le mettre en contact avec une jeune fille russe – âgée de 16 ans – pour un rapport sexuel, selon plusieurs médias. 

L'enquête de Business Insider sur l'immeuble new-yorkais du frère de Jeffrey Epstein détaille un peu plus ces accusations. D'après une déposition faite par une ancienne employée de son agence de mannequinat, de nombreuses mineures étrangères, invitées par l'ami français d'Epstein, y ont séjourné. Ces jeunes filles ont ensuite été, d'après cette ex-employée, victimes du réseau d'exploitation sexuelle d'Epstein. D'après les informations du Miami Herald*l'agence de mannequinat de Jean-Luc B. aurait servi à "recruter" ces jeunes filles, pour des soirées dans les domiciles de New York ou de Palm Beach du financier américain. Jean-Luc B. a nié ces accusations auprès du média américain. 

Jean-Luc B. dirigeait une sorte d'agence de mannequins et semblait avoir eu un arrangement avec le gouvernement américain pour obtenir des passeports et d'autres documents de voyage pour des jeunes filles.Une victime présumée de Jeffrey Epsteindans sa plainte

"Jeffrey Epstein m'a dit qu'il avait eu des relations sexuelles avec plus de 1.000 filles de Jean-Luc B.", poursuit cette femme dans sa plainte. "Tout ce que j'ai vu confirme cette affirmation. (...) Jean-Luc B. était l'un des principaux 'fournisseurs' de jeunes filles." Beaucoup, d'après elle, venaient d'Europe de l'Est. 

En 2015, Jean-Luc B. a porté plainte* contre son ancien ami Jeffrey Epstein, pour les dommages que les accusations visant le financier ont pu attenter à sa réputation et à son travail. Le dossier a finalement été classé. L'enquête concernant les agissements d'Epstein et de ses complices présumés, elle, se poursuit. 

*Tous ces articles cités sont en anglais

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