France

Antisémitisme : plus de trois juifs sur dix se sentent menacés en France

Selon une étude de l’Ifop pour Fondapol et l’American Jewish Committee, 70% des Français de confession juive a déjà été victime d’un acte antisémite.

Les actes à caractère antisémite ne cessent d’augmenter en France. Selon un rapport du ministère de l’Intérieur, daté de février 2019, 541 faits ont été constatés en 2018 contre 311 en 2017, soit une hausse de 74%. En 2019, la fin d’année a été marquée par la profanation de centaines de tombes dans un cimetière juif alsacien.

Une situation que semble confirmer une étude réalisée par l’Ifop pour la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol) et l’American Jewish Committee. Les résultats sont publiés ce mardi par Le Parisien à la veille de l’arrivée d’Emmanuel Macron en Israël pour commémorer les 75 ans de la libération du camp nazi d’Auschwitz.

Les plus jeunes concernés

Cette étude révèle l’inquiétude des Français de confession ou de culture juive : 34 % d’entre eux affirment se sentir menacés à cause de leur appartenance religieuse. À titre de comparaison, le chiffre tombe à 8% pour la population française dans son ensemble. Sept personnes interrogées sur dix déclarent avoir déjà été victimes d’un acte antisémite, 64% d’une agression verbale et 23% d’une agression physique.

Plus inquiétant, ce sont les plus jeunes qui semblent davantage concernés. 84% des 18–24 ans assurent avoir subi un acte antisémite, 79% une agression verbale et près de quatre sur dix une agression physique.

Des stratégies d’évitement

Face à ces violences, les juifs de France adoptent des stratégies d’évitement. 43% des personnes interrogées préfèrent en effet éviter certains quartiers par crainte de moqueries, d’injures ou d’agressions. 37% d’entre eux évitent d’afficher des symboles d’appartenance religieux. Et un peu plus d’un tiers des sondés affirment ne pas vouloir porter de kippa ou tout signe vestimentaire ostensible.