France

Au procès de Riadh B., accusé d’agression sexuelle par Edouard Louis, l’œuvre littéraire omniprésente

Appelant à chercher une « vérité judiciaire » et non « littéraire », la procureure de la République a requis quatre ans de prison contre Riadh B., personnage malgré lui d’un roman intitulé « Une histoire de la violence ».

Par Cécile Bouanchaud

Temps de Lecture 6 min.

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A quelle vérité se rattacher ? Alors que l’écrivain Edouard Louis était absent au procès de l’homme qu’il accuse d’agressions sexuelles, la 14e chambre du tribunal correctionnel de Paris a dû se cramponner aux vérités de chacun. Celle d’un proche de l’accusation, parlant avec le filtre de la « complicité amicale ». Celle de l’œuvre littéraire venue se substituer à la parole de l’écrivain. Enfin, celle de l’enquête où des zones d’ombres perdurent.

L’affaire jugée vendredi 23 octobre se noue huit ans plus tôt, en 2012. Le soir du réveillon de Noël, alors qu’il rentre d’un dîner entre amis, Edouard Louis croise la route de Riadh B., qui se surnomme alors « Reda ». Il est plus de 3 heures du matin aux abords de la place de la République à Paris. « T’es beau », lui lance l’Algérien, âgé de 27 ans au moment des faits. Après avoir échangé quelques mots en kabyle, Edouard Louis l’invite chez lui.

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A l’époque, le jeune homme de 21 ans n’est pas encore l’écrivain prodige, salué par ses pairs et la critique pour son ouvrage En finir avec Eddy Bellegueule, paru en février 2014. Pour l’heure, Eddy Bellegueule est un élève brillant, fraîchement admis à Normale Sup. Dans le huis clos de son appartement d’étudiant, les deux hommes boivent de la vodka, avant de faire l’amour, plusieurs fois. Dans sa plainte déposée le lendemain des faits, le 25 décembre 2012, Edouard Louis évoque des « rapports consentis et protégés ».

C’est ensuite que les versions divergent. En sortant de sa douche, Edouard Louis constate l’absence de sa tablette et de son portable, soupçonnant « Reda » de lui avoir volé. Ce dernier s’en serait alors violemment pris à lui. D’abord en tentant de l’étrangler avec une écharpe. Puis en le menaçant d’être en possession d’une arme : « Fais attention à ta gueule, j’ai un gun. » Son agresseur l’aurait ensuite allongé sur le ventre, avant de le pénétrer de force, sans préservatif. A la fin de ce rapport, « Reda » aurait consenti à quitter les lieux, alors qu’Edouard Louis menaçait d’alerter le voisinage.

Arrêté cinq ans après

Le matin même, le jeune homme se rend aux urgences de l’hôpital Saint-Louis pour prendre une trithérapie préventive, afin d’éviter les risques de contraction du virus du sida. L’après-midi, il retrouve ses amis les plus fidèles, Didier Eribon et Geoffroy De Lagasnerie, qui l’incitent tous deux à porter plainte, malgré les réticences de l’étudiant.

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