France

Bande dessinée : dix albums pour fêter la réouverture des librairies

Chaque mois, « La Matinale » vous propose une sélection d’ouvrages incontournables du moment, chroniqués par la rédaction.

Temps de Lecture 9 min.

Article réservé aux abonnés

LA LISTE DE LA MATINALE

La troisième livraison de notre liste mensuelle d’albums de bande dessinée récemment sortis coïncide avec la fin de la période de fermeture des librairies pour cause de crise sanitaire. Du « lourd » à notre menu : Sattouf, Ware, Luz… Mais aussi quelques pépites, en marge des sentiers battus.

« Rusty Brown » : le retour d’un génie nommé Chris Ware

Vraie-fausse suite à Jimmy Corrigan (Delcourt, 2002), son chef-d’œuvre absolu, le nouveau livre de Chris Ware rassemble plusieurs histoires initialement parues sur son label personnel, l’Acme Novelty Library. Une petite dizaine de personnages vont et viennent dans ce récit choral dépourvu de tout pitch, dont l’action se déroule autour d’un groupe scolaire d’Omaha (Nebraska), la ville natale du dessinateur.

Deux nouveaux élèves arrivent à l’école, un prof s’enfonce dans la dépression, des couples se disloquent peu à peu… Le sentiment amoureux malmené, l’innocence infantile trop tôt abandonnée, la quête impossible du bonheur traversent cet épais gaufrier (356 pages) savamment construit où l’œil navigue au milieu de cases de tailles différentes, parfois minuscules.

Ware poursuit son grand projet proustien, consistant à capter la sensation du temps qui passe et à explorer les méandres de la conscience. Le plus grand auteur de BD en activité n’oublie pas de rendre hommage au corps enseignant à travers une institutrice afro-américaine, peinte comme une héroïne ordinaire. Frédéric Potet

« Rusty Brown », de Chris Ware. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Anne Capuron. Delcourt, 356 p., 49,95 €.

« Vernon Subutex » : les trouvailles graphiques de Luz

Faut-il rappeler l’intrigue de Vernon Subutex de Virginie Despentes ? A la mort d’Alex Bleach, le copain star qui payait son loyer, Vernon est expulsé de son appartement. Il cherche refuge sur des canapés d’anciennes connaissances, avant de se retrouver pour de bon à la rue. Mais beaucoup de personnes se lancent sur ses traces à cause de la confession-testament d’Alex Bleach, que celui-ci avait confiée à Vernon.

Le plus impressionnant dans cette version est la densité, la richesse de chacune des cases dessinées par Luz. Il y donne une incarnation aux métaphores de Virginie Despentes, multiplie les trouvailles pour raconter la déprise générale de son personnage et la mélancolie d’une génération. Laissant une large place au texte de la romancière, il mêle le sens de la formule de celle-ci à la subtilité de ses idées graphiques. Luz-Despentes : l’affiche est belle, et le contenu, plus réussi encore. Raphaëlle Leyris

Il vous reste 78.37% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois

Ce message s’affichera sur l’autre appareil.

Découvrir les offres multicomptes

Football news:

Brunu a remporté 4 prix de joueur du mois en 2020, Tout comme Ronaldo, Henri et Lampard - mais pour sa carrière dans la JPL
Leo est le meilleur entraîneur de la décennie en équipe nationale, Deschamps est 2e, Shevchenko 17e (IFFHS)
Chapitre APL: nous Demandons aux joueurs de ne pas se câliner et de changer leur comportement
Le milieu de terrain du Torino, Sualio Mete, a été transféré au Milan AC jusqu'à la fin de la saison
En raison de problèmes au genou, Ramos a joué sur des analgésiques avec l'athlète
L'élection du président de Barcelone est prévue pour le 7 mars
Alex Ferguson: heureusement, j'étais à la retraite en regardant le match de Liverpool au cours des deux dernières années