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Basket - Jeep ELITE - Legname après le sacre de Dijon : «C'est orgasmique, inexplicable»

A Disneyland Paris

La récompense d'un travail de longue haleine : «C'est très difficile de mettre des mots sur ce que je ressens. Il y a tellement de choses derrière ce titre... Il y a d'abord ce groupe et les joueurs qui le composent. Des mecs bien humainement. Avec des mecs comme ça, on peut avancer. C'est vraiment leur récompense. Ensuite, bien sûr, il y a leurs qualités de basket, individuelles, d'écoute, la façon d'adhérer à ce qu'on propose avec mon staff. On ne savait pas si on allait remporter un titre. Mais maintenant qu'il est là, c'est simplement fabuleux. Les joueurs le méritent. On a montré que lorsqu'on a âme, un collectif offensif, défensif, beaucoup de faculté de travail et d'investissement, on peut arriver à ce genre de résultat. C'est le fruit d'un travail sur plusieurs saisons. On sait que les titres sont si durs à prendre... Surtout maintenant, avec l'hégémonie de Monaco et de l'ASVEL. Le faire en les ayant battus, c'est simplement incroyable et amplement mérité.»

Sa (longue) relation avec Axel Julien : «Je suis si fer de lui. Quand j'ai arrêté ma carrière en 2011, il commençait la sienne avec les pros à Hyères-Toulon. A Dijon, il a franchi les étapes les unes après les autres, saison après saison. Jusqu'à être maintenant le meneur numéro 1 de l'équipe de France pendant les fenêtres internationales. C'est magique. C'est devenu le meilleur meneur français du championnat. C'est grâce à ses qualités. Je l'ai aidé, accompagné, guidé. Axel et moi, ça va au-delà du basket.»

«David Holston ? C'est comme le bon vin de Bourgogne, il se bonifie année après année» 

David Holston : «J'ai pleuré avec lui à la fin. Ça fait cinq ans qu'il est avec nous, et ce n'est plus le même joueur aujourd'hui. On a toujours été là l'un pour l'autre. Quand je le remets à 7 minutes de la fin, il manquait les shoots ouverts. Je lui ai dit : "C'est ton moment, c'est à toi". Il a mis deux-trois gros shoots et c'est fabuleux que l'histoire se termine comme ça. C'est comme le bon vin de Bourgogne, il se bonifie année après année (sourire). Il a toujours eu ses qualités individuelles. Je pense que c'est surtout mentalement qu'il a évolué. A mes côtés, il est devenu beaucoup plus fort. C'est quelqu'un qui, comme moi, déteste perdre. Il a un fort caractère. Mais ce n'est pas un leader vocal, il garde tout pour lui. Il a donc besoin de beaucoup de confiance autour de lui. Il veut tellement bien faire pour l'équipe que, des fois, il perd ses moyens quand il n'arrive pas à faire ce qu'il faut. C'est là qu'il a progressé. Ce soir, c'est la preuve : il y a deux-trois ans, il n'aurait jamais continué à shooter, il se serait éteint. Là, il a prouvé que c'est un grand.»

Une joie «orgasmique» : «Déjà vécu des moments aussi forts ? Oui, quand on est monté avec le HTV en 2001, après le match 5 à Roanne. Une finale d'accession. J'avais ressenti la même chose quand j'étais joueur. C'est la deuxième fois. Comme vous le dites, c'est orgasmique, inexplicable. Quand on prend le rebond offensif, avec deux lancers et 6 points d'avance, on sait que c'est gagné. On passe dans un autre monde. C'est pour cela qu'on fait ce métier. On sait que ça peut ne jamais arriver. Mais quand ça arrive, on en profite.»

Les éloges sur le jeu dijonnais : «Forcément, c'est gratifiant. C'est qu'il y a du travail derrière. Mais en premier lieu, ce sont les joueurs qui font les efforts, adhèrent, croient en ce qu'on propose. On peut proposer un projet, si les joueurs n'y croient pas, ne sont pas investis à 200%, on a beau s'exciter sur le banc, ça ne marche pas. C'est vraiment une connexion qui doit se créer. Des fois, je peux paraitre un peu dur avec mes joueurs, mais je vous promets que si je le suis, c'est qu'ils savent vraiment ce qu'il y a derrière. Avec chacun d'eux, j'ai une vraie relation de respect. Sans les aimer, j'ai beaucoup d'affection pour chacun de mes joueurs depuis mes débuts de coach. Je pense qu'ils me le rendent, sinon, ils ne feraient pas cela sur le terrain.»

La fin de match et d'éventuels doutes : «Dans ces moments, pas le temps d'avoir de la crainte. Il faut agir très vite. C'est ça le coaching. Mais c'est encore plus beau d'avoir dû jouer quasiment sans Richard Solomon (fautes, ndlr) alors qu'il restait sur deux matches exceptionnels. Ça prouve toutes les valeurs de l'équipe.»

«Quoi de plus beau que de repartir avec un titre pour ses 140 ans ?» 

Un titre qui compte double : «C'est mon premier titre comme entraîneur. Je savoure donc pleinement. Il y a tant de coaches qui travaillent mais ne gagnent jamais un titre... C'est tellement dur... J'en profite au maximum. Mais ça valorise les joueurs, le staff, et le club aussi, le staff administratif, l'investissement du président. Et plus généralement, toute la ville de Dijon. La JDA est un club historique qui fête ses 140 ans cette année. Quoi de plus beau que de repartir avec un titre pour ses 140 ans ?»

L'avenir et des joueurs toujours plus courtisés : «On n'en est pas encore là, il reste encore plusieurs mois de compétition, des objectifs à atteindre avec la Ligue des champions, le championnat et la Coupe de France, ce n'est pas le moment d'en parler. Prenons les matches les uns après les autres, comme on l'a toujours fait. Gardons cet état d'esprit. Après, bien sûr, ça va être compliqué de le faire parce que les joueurs vont commencer à être de plus en plus sollicités. Mais il faut garder cela, garder les pieds sur terre, ne pas nous prendre pour ce qu'on n'est pas, et se rappeler que si on a ce titre, c'est grâce à notre travail.»

Propos recueillis en conférence de presse.