France

Basket - NBA - Michael Jordan : « Je suis fan de LeBron James, mais les comparaisons, je prends ça avec des pincettes »

« Quel a été votre rôle dans l'organisation de ce premier match NBA officiel à Paris ? 
Je suis ici en tant que simple participant à cet événement. Adam (Silver, le commissionner de la ligue, présent à ses côtés) a fait du très bon boulot pour faire grandir la popularité de la NBA : le nombre de fans ne cesse de grandir, et de plus en plus de joueurs français viennent jouer aux États-Unis. Mon impact a seulement été d'avoir contribué à montrer à quel point le basket est fun à jouer.

D'après vous, comment le jeu a-t-il évolué depuis la dernière fois que vous avez joué ici (à l'Open McDonald's, en 1997) ?
Le basket a grandi de façon exceptionnelle. La Dream Team a lancé ça en 1992 (aux Jeux Olympiques de Barcelone) et le reste a suivi. On a un match NBA ici à Paris ce soir, mais la ligue a aussi impact désormais en Chine, en Afrique... Je suis heureux d'avoir fait partie de ça mais ça va continuer bien après moi, la passion pour le basket ne fait que grandir.

« LeBron James est un joueur incroyable, un des meilleurs du monde, si ce n'est le meilleur du monde »

Pourquoi votre marque a-t-elle choisi de signer un partenariat avec le Paris Saint-Germain plutôt qu'avec un autre grand club de football européen ?
En fait, ce sont eux qui ont fait appel à nous pour monter ce partenariat. Neymar est un très grand fan de la marque Jordan. Et puis, Paris est un marché idéal, c'est la ville de la mode et Jordan possède de nombreuses collections lifestyles. Le lien semblait évident.

Pourriez-vous nous donner votre Top 5 des meilleurs joueurs européens de l'histoire ?
On a le temps pour ça ? Alors (il réfléchit). Toni Kukoc (avec qui il a joué) est n°1. Drazen Petrovic. Arvydas Sabonis. (pause) Je peux revenir vers vous plus tard ? Il faut que réfléchisse plus longuement.

D'après vous, LeBron James sera-t-il dans le Top 3 des plus grands joueurs de l'histoire ?
Qui ça, LeBron ? Est-ce qu'il joue ce soir ? (rires) Ecoutez, nous jouons à des époques différentes. C'est un joueur incroyable, un des meilleurs du monde, si ce n'est le meilleur du monde. Je sais que c'est une tendance naturelle de comparer différentes époques et ça continuera d'être ainsi. Je suis fan, j'adore le regarder jouer, mais notre ligue grandit avec beaucoup de joueurs talentueux, il a marqué la ligue de son empreinte et il va continuer de le faire. Mais quand vous commencez les comparaisons... il y a un étalon de mesure et je prends ça avec des pincettes. C'est un sacré joueur de basket, sans aucun doute.

« Pour briller, il faut toujours shooter, défendre, faire toutes ces choses qui transcendent les générations »

Quel regard portez-vous sur les performances de James Harden, qui s'approche de vos standards statistiques, et sur la ligue de manière générale, de plus en plus tournée vers l'attaque ?
Vous savez, tous les records sont pour moi une récompense du travail accompli. Je suis ravi de les posséder, ils prouvent les efforts que j'ai consentis, et ce qu'on voit avec James Harden, c'est pareil. Il a perfectionné son jeu en profitant de l'évolution du basket ces dernières années. Il y a désormais beaucoup plus de tirs à trois points, les joueurs sont beaucoup plus polyvalents, et forcément le nombre de points marqués explose. L'impact des joueurs européens a été aussi déterminant : leur excellente formation nous oblige, nous les Américains, à jouer un basket beaucoup plus complet.

Avec votre jeu, seriez-vous aussi bon, ou encore meilleur qu'à l'époque, dans la NBA actuelle ?
Je ne sais pas comment je jouerais. Ce qui est sûr, c'est que je m'ajusterais au basket moderne, mais que je jouerais toujours avec la même passion. Les talents sont différents aujourd'hui, il y a plus de polyvalence, plus de taille. Mais pour briller, il faut toujours shooter, défendre, faire toutes ces choses qui transcendent les générations. Aurais-je eu autant de succès contre LeBron James ou Anthony Davis aujourd'hui ? Honnêtement, je ne sais pas, je vous laisse spéculer. Mais ma passion aurait été la même. »

publié le 24 janvier 2020 à 21h43