France

Beauvoir, Gauz, Kantorowicz… notre choix de nouvelles parutions en poche

Chaque jeudi, la rédaction du « Monde des livres » propose une sélection de ses coups de cœur littéraires.

Par Raphaëlle Leyris, Macha Séry, Florent Georgesco, Monique Petillon, Gladys Marivat et Mathieu Strux

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LA LISTE DE LA MATINALE

Romans, essai, histoire, poésie… Voici dix ouvrages figurant parmi les nouvelles parutions en poche de ce début d’année.

Essai. « La Vieillesse », de Simone de Beauvoir

Il existe une énigme dans l’œuvre de Beauvoir : c’est l’étonnant écart de faveur entre Le Deuxième Sexe (1949) et La Vieillesse (1970), qui paraît en poche pour la première fois. En 1949, l’écrivaine « inventait » une question philosophique – « Qu’est-ce qu’une femme ? » En 1970, elle eut beau avertir : « Cessons de tricher ; le sens de notre vie est en question dans l’avenir qui nous attend », on ignora la question qu’elle posait, tout aussi simple – « Les vieillards sont-ils des hommes ? » –, mais décisive. La déchéance sénile, montre-t-elle, dépend de la classe à laquelle on appartient. C’est donc toute la société qu’il faut changer ; peu importent les « politiques de la vieillesse » déployées, tant que nous n’aurons pas compris qu’on ne vieillit bien que si l’on a « toujours été traité en homme ». Jean-Louis Jeannelle

« La Vieillesse », de Simone de Beauvoir, Folio, « Essais », 808 p., 10,90 €.

Histoire de l’art. « L’Œil du Quattrocento », de Michael Baxandall

Ce livre-phare a secoué du grand vent de la nouveauté, à sa parution en anglais en 1972 (il a été traduit en 1985), le monde de l’histoire de l’art. Le Britannique Michael Baxandall (1933-2008) y met en évidence « le fait que les formes et les styles de la peinture reflètent l’environnement social » et s’efforce de comprendre comment les contemporains de Bellini ou du Pérugin regardaient leurs œuvres. Les apports de l’histoire culturelle et sociale à l’histoire de l’art se révèlent d’une richesse considérable, comme L’Œil du Quattrocento le montre brillamment. L’ouvrage est très illustré, et un épais cahier (64 pages) contient des reproductions en couleurs de chefs-d’œuvre signés Fra Angelico, Botticelli, Masaccio, etc., superbes en dépit de leur taille réduite. Mathieu Strux

« L’Œil du Quattrocento. L’usage de la peinture dans l’Italie de la Renaissance », de Michael Baxandall, traduit de l’anglais par Yvette Delsaut, Gallimard, « Tel », 304 p., 14,50 €.

Roman. « Camarade papa », de Gauz

Camarade papa superpose deux romans d’apprentissage et d’aventures. Le premier suit, au XXe siècle, un enfant né à Amsterdam, biberonné au marxisme-léninisme, que son père envoie dans l’est de la Côte d’Ivoire. Le second, au XIXe siècle, accompagne un orphelin qui quitte la Creuse pour embarquer vers les comptoirs français de Grand-Bassam. A travers le récit passionnant, poétique et souvent loufoque de leurs tribulations, l’écrivain fait apparaître la ligne brouillée qui rattache les hommes d’aujourd’hui au passé de la colonisation. Gladys Marivat

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