[Le 10 août], l’Union européenne (UE) et les gouvernements de plusieurs États membres ont eu la réaction à laquelle on pouvait s’attendre face à la fraude électorale et à la répression des manifestations en Biélorussie : ils ont vivement critiqué l’attitude du régime, exigé un décompte honnête des suffrages et la libération des personnes incarcérées. Le ministre des Affaires étrangères [allemand], Heiko Maas, a évoqué un éventuel rétablissement des sanctions européennes (partiellement levées en février 2016). La Pologne a réclamé un sommet extraordinaire de l’UE.

Il n’y a pas là de quoi effrayer le président biélorusse, Alexandre Loukachenko. Pour se maintenir au pouvoir, ce dernier a besoin du soutien de Moscou, dont la Biélorussie est tributaire économiquement et dont le régime bénéficie à coups de subventions depuis de longues années. Si l’UE n’a aucune influence sur la suite des événements en Biélorussie, il n’en est pas moins important qu’elle ne se contente pas de faire des déclarations, mais que ses paroles soient suivies d’actes.

Un impact dans toute la région

C’est important d’abord pour sa crédibilité. Quand, au cœur de l’Europe, les normes démocratiques européennes et les droits de l’Homme sont bafoués aussi éhontément qu’ils le sont actuellement en Biélorussie, l’UE, en sa qualité de communauté d’États démocratiques, ne peut ignorer la situation. Ce n’est pas seulement une question de principe. L’attitude de l’UE a une incidence concrète sur ses relations avec des pays comme l’Ukraine, la Moldavie et la Géorgie, ou encore les pays des Balkans occidentaux, dont elle exige – y compris dans son intérêt propre – des réformes

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Reinhard Veser