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France

Biodiversité marine. « Si nous respirons, c’est grâce aux océans »

La Conférence intergouvernementale sur la biodiversité marine des zones hors de la juridiction nationale a lancé il y a une semaine à New York sa troisième session de négociations. Pour Edina Ifticène, c’est le moment ou jamais de frapper fort.

En quoi cette conférence est-elle un rendez-vous important pour l’écologie ?

Edina Ifticène Après dix ans de discussions, les membres des Nations unies s’accordent enfin sur la nécessité d’un traité de protection des eaux profondes internationales. Lors de ce rassemblement, un texte concret a été mis sur la table, prêt à être discuté. Le texte présenté porte des options très fortes, mais peut également être réduit à un strict minimum parfaitement inefficace. C’est donc l’occasion de jauger la réelle volonté politique des États à agir.

Quels points sont pour vous incontournables dans la ratification du texte ?

Edina Ifticène Le premier élément, c’est celui de la gouvernance. Quel mandat entend-on donner au texte ? Sera-t-il consultatif ou véritablement coercitif ? Il faut faire en sorte que les États ne puissent pas s’y soustraire ! Le traité devra être doté d’un cadre institutionnel robuste comprenant : une conférence des parties, qui se réunit annuellement, un comité scientifique, un secrétariat permanent et un comité de contrôle. Ensuite, il y a la question des aires marines protégées, un outil très efficace. C’est la seule alternative de conservation qui permettra la résilience des espèces et la gestion durable des ressources. Les zones protégées pourront éviter la pêche intensive, le forage pétrolier, ou toute autre activité dévastatrice suivant ses spécificités. En 2016, la communauté scientifique s’est accordée pour dire qu’au moins 30 % des espaces de haute mer devaient être placés sous protection pour éviter la catastrophe écologique. Mais si cela est aujourd’hui impossible, le traité doit ouvrir cette voie de protection.

Les impératifs financiers qui se dressent face aux impératifs de protection sont-ils contournables ?

Edina Ifticène Les enjeux économiques qui viennent se confronter à l’inquiétude climatique sont à combattre sur le plan politique. Un exemple : la gestion des ressources génétiques en haute mer. Aujourd’hui, elles sont soumises à la prédation des grands groupes privés et de la recherche scientifique des États les plus riches. Sauf que le vivant ne devrait pas être breveté par un groupe comme Bayer ! Il faut que ces connaissances puissent être accessibles à tous. De plus, les recherches effectuées doivent être encadrées de telle sorte qu’elles n’endommagent pas les écosystèmes marins. Toute exploitation doit s’accompagner d’études d’impacts.

Les différents États se montrent-ils enclins au processus de négociation ?

Edina Ifticène Tous les acteurs n’appréhendent pas la conférence de la même façon. L’Union européenne plaide pour un mandat réel du traité alors que le Japon ou les États-Unis poussent dans le sens du respect unique des conventions régionales. C’est une fausse bonne idée quand on sait que toutes ces conventions n’ont pas la même valeur juridique ou sont purement sectorielles. Il faut une coordination entre ces conventions et un traité international reconnu par tous.

Malgré tout, êtes-vous optimiste quant à l’issue de ces négociations ?

Edina Ifticène On se doit de l’être. Les négociations sont toujours en cours et je suis certaine qu’au bout il y aura un traité. La question, c’est lequel ? Représentant 73 % du volume des océans, les écosystèmes marins de haute mer jouent le rôle de pompe biologique en captant le CO2 présent dans l’atmosphère. Si nous respirons, c’est grâce aux océans ! Or 66 % de l’environnement marin est dégradé par l’homme. L’urgence est là !

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